‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 71 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — III. CÎij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — III. CÎij

logie de toutes leurs démarches. Je veux bien leur faire ce plaisir, et les assurer en même temps que, quand j'aurois tout le pouvoir du monde, je ne pourrois jamais leur en faire autant que je leur en souhaite. Cette déclaration me paroît d'ailleurs nécessaire , afin que nos pères consulteurs sachent précisément sur quoi ils me renverront , ou , ce qui me plairoit davantage, avec quoi ils m'admettront.

« Je vous déclare donc , mon révérend père , et à toute la compagnie, que je tiens pour indubitable que Jésus-Christ , en tant que Verbe éternel et sagesse personnelle, est, comme parle saint Jean , la lumière véritable qui éclaire tous les hommes , et , comme parle saint Augustin , la vérité essentielle qui renferme dans sa divine substance toutes les vérités immuables, et, comme parle le P. Malebranche, la raison universelle des esprits, dans laquelle nous voyons les idées de toutes les choses que nous connoissons , les mêmes que Dieu voit, sur lesquelles il a formé cet univers, et sur lesquelles il le gouverne. J'admets ce grand et vaste principe avec toutes ses véritables conséquences; et, par une suite nécessaire, je tiens que ce que nous appelons nos idées ou l'objet immédiat de nos esprits est réellement distingué des perceptions que nous en avons , et qui seules nous appartiennent effectivement. Je tiens cette opinion plus évidemment démontrée qu'aucune proposition de géométrie ou d'arithmétique, puisqu'il n'y a point de démonstration qui ne suppose des idées éternelles, immuables, nécessaires, universelles, et par conséquent bien différentes de nos pensées, qui toutes ont commencé d'être, sont passagères, contingentes, particulières. Je tiens enfin que la doctrine de la distinction des idées et de nos perceptions est le fondement de toute la certitude humaine dans la religion , dans la morale, dans toutes les sciences; et, si quelqu'un pouvoit se vanter d'avoir là-dessus solidement réfuté les raisonnements de saint Augustin et du P. Malebranche , je ne crains point de le dire, pour peu qu'il eût d'esprit et qu'il suivît ses pro-

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