DEUXIÈME PARTIE. — III. CVJj
compagnie dans l'unité d'un même esprit et d'un môme cœur en Jésus-Christ, et que toute ma vie je serai particulièrement , etc. » .
Le personnage auquel s'adressait André était un P. David1 , exempt de tout fanatisme, qui lui répond une lettre fort modérée dans le genre de celle du P. Daubenton.
« Je n'ay reçu, écrit-il de Paris, le 26 juin 1709, aucun ordre d'assembler la consulte touchant ce qui regarde votre révérence , mais je vous prie d'être persuadé que je suis en disposition de vous rendre tous les services que vous désir.ez de moy. Trouvez bon cependant que je vous dise que vous prenez un peu trop promptement votre parti dans une affaire qui est de si grande conséquence pour vous , soit par rapport à Dieu , soit par rapport aux autres suites qu'elle peut avoir. J'estime fort le P. Malebranche, et il est mesme fort de mes amis, mais je vous crois trop sage pour vous faire le martyr de sa doctrine. Si vous n'avez pas d'autre fondement que ce que vous me dites pour croire qu'on songe à vous renvoyer de la compagnie , votre soupçon me paroist très-mal fondé. Quoy qu'il en soit, il n'est pas question de disputer avec vous des principes du P. Malebranche ; je vous diray seulement que j'ai examiné autrefois sa doctrine là-dessus, et que je n'ay pas eu assez de pénétration pour la comprendre , et que d'autres que des jésuites n'en ont pas eu plus que moy ; mais que 'nous voyions ou que nous ne voyions pas les choses en Dieu , c'est une question qu'un régent de philosophie n'est pas obligé de traiter dans un cours de philosophie qu'on dicte à des écoliers. Il est de la prudence , quand on est dans un corps, de ne pas s'occuper d'opinions qui ne regardent pas la foy. En un mot, mon révérend père, je vous conseille de faire de sérieuses réflexions sur l'affaire dont il s'agit. Consultez Dieu