PREMIÈRE PARTIE. XV
forme de M. le cardinal de Polignac sur le fait de M. de Cambray au sujet de son livre de Y Existence de Dieu, dont je voudrais bien avoir les deux éditions? Ce fait me touche personnellement, car je crois avoir été l'occasion de la préface du P. Tournemine, par une lettre que j'avais écrite à notre provincial, et où je défendais les sentiments du R. P. Malebranche sur la nature des idées par l'autorité , si bien reçue chez nous , de cet illustre archevêque ; du moins ne futce qu'après ma lettre que l'on s'avisa de faire une nouvelle préface à son livre.
« 5°. Je voudrais savoir plus exactement les emplois qu'il a eus chez les pères de l'Oratoire , les lieux où il a vécu , ce qu'il y a fait de particulier, les personnes avec qui ou chez qui il s'est trouvé ; ce que c'est que Barri ou Varvi , l'abbaye de Perseigne, les motifs de son voyage à La Rochelle, etc. ; ce qui le détermina plutôt à l'Oratoire qu'à un autre institut, avec les règles fondamentales de cette illustre congrégation.
« En attendant sur tous ces points des éclaircissements , je ne laisserai pas de mettre la main à l'œuvre dès demain. Je commence à jeter sur le papier la suite chronologique des faits et des ouvrages du P. Malebranche , afin d'avoir toujours devant les yeux où je vas et par où je passe. Après quoi , je composerai chaque morceau par ordre , ne lisant les livres qu'à mesure que j'en aurai besoin pour me bien expliquer et pour me rendre , si je puis , intelligible à tout le monde. J'oubliais de vous demander un détail bien circonstancié * des brouilleries de l'Université qui donnèrent occasion au roi d'y envoyer M. de Harlay pour en bannir le cartésianisme, et à Boileau de faire cet Arrêt burlesque, qui rend le péripatétisme si ridicule. Lorsque j'étais au collège de Clermont , à Paris , on tâcha de me décartésianiser en me mettant entre les mains une relation vraie ou fausse de ce qui s'était passé à ce sujet. Ne pourrait-on pas l'avoir? On
' Ce détail se trouve dans l'Avertissement, au sujet de l'Arrêt burlesque, OEuvrès de Boileau, édition de Saint-Marc, tome III, p. 108.