‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 83 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — IV. CX1X · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — IV. CX1X

« Ce 25 novembre.

•Mon révérend père,

« J'aurois bien de la dureté , et le Seigneur Dieu me la reprochèrent, un jour, si je manquois à vous avertir que vous allez vous attirer de très-fàcheuses affaires , si vous n'y remédiez promptement; et, qui plus est, c'est qu'on auroit raison de dire , et qu'on le dira , que vous le méritez bien pour défendre, comme vous le faites, le malebranchisme. Vous pouvez vous souvenir qu'il y a quelques années que je m'efforçois un jour, en revenant de Gentilly avec vous , de vous persuader que c'étoit l'athéisme. Cela n'est que trop vrai. On ne me consulte sur votre affaire pas plus que l'enfant qui est à naître; mais j'ai entendu quelques mots assez forts pour me donner occasion de vous en donner avis. Pardonnez-moi ma liberté et ma franchise : je n'ai pas cru en chrétien et en ami devoir manquer à vous en écrire. Écrivez vous-même incessamment au révérend père provincial que vous renoncez absolument au malebranchisme, et faites-le voir par des effets, en dictant, selon l'occasion, des opinions contraires. Et prenez bien garde à une seconde récidive.

Je suis , mon révérend père ,

« Votre serviteur et votre ami , « Hardouin, J. »

« P. Sk Le révérend père provincial nous a dit, en pleine récréation j que le P. Dùtertre étoit revenu de semblables idées; mais il ne m'a pas dit un seul mot de vous; et ce n'est pas de lui que je sais ce que je vous écris. »

eontre les philosophes qu'il attaque qui ne se retrouve dans un grand nombre d'auteurs et môme dans le plus grand nombre des auteurs de la société à la fin du xvne et au commencement du xvtne siècle. Sur Hardouin voyez Moréri, surtout les Éloges de quelques auteurs français, Dijon, 1742, où le jésuite Oudin a fait connaître en détail tous les écrits de son docte confrère.

Page 1