DEUXIÈME PARTIE. — IV. CXX1X
P. Daviol et comme Porée, mais comme Guymond et comme Hardouin.
AU MÊME
« A Paris, ce 23 septembre 1713.
• « J'ai reçu, mon révérend père et très-cher ami, votre lettre avec un extrême plaisir, parce que j'étois fort en peine de vous depuis sept ou huit mois. Celui qui me l'a rendue m'a dit qu'on vous destinoit à la procure d'Amiens, mais que vous paroissiez peu disposé à recevoir cet emploi. Pour moi, si vous vouliez m'en croire, je vous conseillerois premièrement et avant toutes choses de renoncer sincèrement et de bon cœur aux sentiments que les supérieurs désapprouvent, afin d'être en état d'aller votre chemin et de répondre aux vues qu'en ce cas ils auroient sur vous. J'eus l'honneur de vous écrire , dès le commencement de cette année , que je vous croyois obligé devant Dieu à prendre ce parti dans des conjonctures où les supérieurs se déclarent si nettement et si fortement ; mais je vous avouerai franchement que, depuis ce temps-là, j'ai examiné plus sérieusement que jamais les matières dont il s'agit et les raisons dés supérieurs, et que je suis très-convaincu tant de la bonté de ces raisons que de la fausseté et du danger de la plupart des opinions auxquelles nous avons été un peu trop attachés. C'est ce qui m'a porté moi à. y renoncer hautement et de bon cœur, persuadé qu'il étoit d'un honnête homme d'en user ainsi , et de mépriser dans cette occasion certaines petites considérations qui pourroient arrêter. Néanmoins, comme je seroi's déraisonnable de prétendre que mon exemple , et bien moins encore mon autorité, fût d'aucun poids sur vous pour vous faire changer d'opinion sur des matières que vous êtes plus capable que moi d'examiner et d'approfondir, l'autre conseil que j'aurois à vous donner, supposé que vous ne puissiez gagner sur vous la première chose,' ce seroit d'accepter l'emploi qu'on vous propose ; car je crains que les remontrances que vous feriez