‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 95 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — IV. CXXXiij · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — IV. CXXXiij

qu'il avait d'abord accusé d'un peu de faiblesse, y demeura fidèle; nulles menaces ne purent l'ébranler. Il maintint avec modération, mais avec fermeté, ses convictions cartésiennes. Ne pouvant résister à la force, il se soumet, mais en se soumettant il proteste encore.

Au milieu de l'année 1712, le père provincial envoya à André un formulaire à signer et à dicter à ses écoliers. Sans s'y refuser absolument, André adressa au père provincial une lettre où il le prie de ne point exiger de lui cette rétractation publique. La première correspondance faisait allusion à cette lettre que nous possédons aujourd'hui.

« Mon très-révérend père ,

« J'ai lu l'écrit que notre -révérend père recteur m'a communiqué de la part de votre révérence. Je n'ai point de peine à enseigner les opinions que l'on m'y a marquées , même les plus contraires à mes sentiments particuliers. Je crois le pouvoir faire sans manquer à la sincérité chrétienne, parce que, dans les choses que l'on enseigne dans les collèges, et .qui n'appartiennent point aux dogmes de la foi, on doit-, ou. du moins on peut présumer que c'est la robe qui parle et non pas la personne ; et de plus parce qu'il semble à propos qu'il y ait là-dessus dans un corps quelque règlement uniforme , de- peur que' chacun , sous prétexte de vérité , ne s'avisât de débiter toutes ses visions. Bien ou mal, ce sont les raisons qui m'ont déterminé , contre mon inclination, à entrer, par pure obéissance, dans le métier que je fais. Mais, mon révérend père , en même temps que je vous déclare que je suis prêt à vous obéir sans réserve., en enseignant les opinions de la compagnie , permettez-moi de vous représenter, avec tout le respect que je dois à votre dignité et à votre personne , qu'il ne me paroit aucunement à propos

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