CXXX1V INTRODUCTION
que je fasse une rétractation aussi publique et aussi solennelle que votre révérence me la demande.
« 4°.. C'est un éclat qui ne peut avoir, dans le monde, que de fort mauvais effets. Tout ce que j'ai enseigné jusqu'ici n'y a presque fait aucune sensation , et il semble qu'il n'est pas juste d'exiger une réparation publique pour un scandale qui n'a point été public ;
« a0.. C'est une espèce de formulaire que vous me donnez à publier, et qui réveillera dans les esprits , déjà prévenus contre nous, des idées qui ne peuvent nous être que fort désavantageuses, surtout dans les matières en question.. Il ne s?agit plus de la foi, dira-t-on, et cependant vous voyez l'âpreté de leur zèle pour les opinions qu'ils ont une fois embrassées. Je vous prie donc, mon révérend père, d'épargner mon honneur pour celui de la compagnie qui en est inséparable dans cette conjoncture. Cependant, si- c'est une chose absolument arrêtée que je dicte une rétractation publique des opinions que je n'ai jamais enseignées ni eu dessein d'enseigner, je veux bien , mon révérend père ,. abandonner mon honneur et en faire un sacrifice à- l'obéissance , mais je ne puis abandonner ni sacrifier la sincérité chrétienne. Vous m'ordonnez de faire une' protestation publique que je tiens pour très-vraies des opinions que je tiens pour évidemment fausses , et pour suspects dans la foi des auteurs que je tiens pour très-orthodoxes. Je ne trouve dans leurs écrits que des erreurs philosophiques, et vous voulez que je déclare que j'y trouve des hérésies. Pardonnez^noi , mon révérend père, si j'ose vous le dire r : que l'on me flétrisse, que l'on m'accable, j'y suis prêt ; mais je ne ferai point un pareil mensonge à la face du public, et je n'irai point censurer sans aucun droit des philosophes très-catholiques, contre la persuasion intime .où je suis de la pureté de leur foi. Je les . combattrai s'ils ont des erreurs , mais je ne flétrirai
1 Voyez plus haut, la lettre à Malebrauche, p. cxj.