‹ Œuvres philosophiques d'ArnauldChapitre 184 sur 214 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Explication de ces façons de parler : « Nous ne voyons point immédiatement « les choses ; ce sont leurs idées qui sont l'objet immédiat de notre pensée ; et n c'est dans l'idée de chaque chose que nous en voyons les propriétés. »

Il semble d'abord qu'on ne peut admettre pour vraies ces façons de parler : « Nous ne voyons point immédiatement les « choses; ce sont leurs idées qui sont l'objet immédiat de notre « pensée, et c'est dans l'idée de chaque chose que nous en voyons « les propriétés, » qu'on ne soit obligé de recevoir la philosophie

des fausses idées. Car on a de la peine à comprendre que ces façons de parler puissent être vraies, si, outre les objets que nous connaissons, il n'y a quelque chose dans notre esprit qui les représente.

Je ne rejette point ces façons de parler; je les crois vraies étant bien entendues ; et je puis même demeurer d'accord de cette dernière conséquence. Mais je nie qu'il s'ensuive de là qu'on soit obligé d'admettre d'autres idées que celles que j'ai définies dans le chapitre précédent, troisième, sixième et septième définitions, qui n'ont rien de commun avec les êtres représentatifs distingués des perceptions qui sont les seuls que je combats, comme je l'ai marfjué particulièrement dans la septième définition.

Po ir bien entendre tout ceci, il faut faire deux ou trois remarques : la première est que notre pensée ou perception est essentiellement réfléchissante sur elle-même, ou ce qui se dit plus heureusement en lalin, est siii conscia. Car je ne pense point que je ne sache que je pense. Je ne connais point un carré que je ne sache que je le connais: je ne vois point le soleil, ou, pour mettre la chose hors de tout doute, je ne m'imagine point voir le soleil, que je ne sois certain que je m'imagine de le voir. Je puis quel([ue temps après ne me pas souvenir que j'ai conçu telle et telle chose ; mais dans le temps que je la conçois, je sais que je la conçois. On peut voir ce (pie saint Augustin dit sur cela dans le Livre X de la Trinité, chapitre x.

La deuxième est qu'outre cette réflexion qu'on peut appeler 'virtuelle, qui se rencontre dans toutes nos perceptions, il y en a une autre plus expresse par laquelle nous examinons notre perception par une autre perception, comme chacun l'éprouve sans peine ; surtout dans les sciences qui ne se sont formées que par les réllexicms que les hommes ont faites sur leurs propres /)<?/'ce/}^/on5: comme lorsqu'un géomètre, ayant conçu un triangle comme une figure terminée par trois lignes droites, a trouvé, en examinant la perception qu'il avait de cette figure, qu'il fallait qu'elle eût trois angles, et que ces trois angles fussent égaux à deux droits. Il n'y a rien, dans ces deux remarques, qui puisse être raisonnablement contesté. Or , joignant à cela ce (jue nous avons dit dans les définitions troisième, sixième et sepliènie, il s'ensuit (|ue toute perception étant essentiellement représentative de quelijue chose, et selon cela s'appelant iilee, elle ne peut être essentiellement rélléchissante sur elle-même que son objet immédiat ne soit cette idée, c'est-à-dire la rcalitc oOjccHcc do la cho.>c que mon

esprit est dit apercevoir; de sorte que, si je pense au soleil, la réalité objective du soleil, qui est présente à mon esprit, est l'objet immédiat de cette perception; et le soleil possible ou existant, qui est hors de mon esprit, en est l'objet médiat pour parler ainsi. Et ainsi l'on voit que sans avoir recours à des êtres représentatifs distingués des perceptions, il est très vrai en ce sens que nonseulement au regard des choses matérielles, mais généralement au regard de toutes choses, ce sont nos idées que nous voyons immédiatement et qui sont Vohjet immédiat de notre pensée : ce qui n'empêche pas que nous ne voyons aussi par ces idées l'objet qui contient formellement ce qui n'est qu"* objectivement dans l'idée: c'est-à-dire, par exemple, que je ne conçoive l'être formel d'un carré qui est objectivement dans l'idée ou la perception que j'ai d'un carré ^.

Mais, afin qu'on ne croie pas que j'aie inventé cela pour me tirer de cette difficulté, l'auteur de la Recherche irouYer a la même chose dans les Méditations de M. Descartes, lorsqu'il entreprend de prouver géométriquement l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, en répondant aux secondes objections. On n'a qu'à considérer pour cela la deuxième et la troisième définition de cette méthode géométrique que je mettrai en latin et en français, parce que le latin me paraît plus net.

Ideaî nomine inteUigo cujuslibet cogitationis formam illam, per cujus immediatam perceptionem ipsius ejusdem cogitationis conscius sum ; adeo ut nihil possim verbis exprimere intelligendo îd quod dico, quin ex hoc ipso certus sim in me esse ideam ejus quod verbis illis signi/îcatur.

Per realitatem objectivam Ideœ intelligo entitatem rei representatœ per ideam quatenùs est in idea, eodemque modo dicipotest jjerfecio objectiva, artifîcium objectivum, etc. Nam, quœcumque percipimus tamquam in idearum objectis, ea sunt in ipsis ideis objective.

« Par le nom ô.''Idée, j'entends cette forme de chacune de nos « pensées par la perception immédiate de laquelle nous avons « connaissance de ces mêmes pensées. De sorte que je ne puis « rien exprimer par des paroles, lorsque j'entends ce que je dis « que de cela même il ne soit certain que j'ai en moi l'idée de la « chose qui est signifiée par mes paroles.

« Par la réalité objective d'une idée^ j'entends l'entité ou l'être « de la chose représentée par cette idée, en tant que cette entité V Cit dans l'idée, et de la m,êm.e façon on peut dire une perfection

« objective, un artifice ot)ji'rtif, etc. Car tout ce que nous conce- « vons comme étant dans les objets des idées, tout ce'a est objec- « tivement ou par représentation dans les idées mêmes. "

[1 p:ira1t par ces deux définitions, aussi bien que par beaucoup d'autres choses, qu'il dit dans sa troisième Méditation et dans la cinquième, que ce qu'il appelle idée, et sur quoi il fonde ensuite ses démonstrations de Dieu et de l'ûme, n'est point réellement distincué de notre pensée ou perception, mais que c'est notre pensée même, en tant qu'elle contient objectivement ce qui est formellement dans l'objet. Et il paraît que c'est cette idée qu'il dit être l'objet immédiat de notre pensée, per cujus immediatam perceptionem, etc., parce que la pensée se connaît soi-même, et que je ne pense à rien, cujus non conscius sim. Et par conséquent, il n'a pas eu besoin, non [)lus que moi, d'avoir recours à un^élre représentatif, distinirué de ma pensée, pour admettre ces propositions qui sont très vraies étant bien entendues : Que ce sont les idées des choses que nous voijons immédiatement, ou que c'est ce qui est l'objet immédiat de notre pensée.

Ce n'est encore (lu'en ce sens qu'il prend le mot A'idée dans cette proposition, qu'il prétend avec raison être le fondement de toutes les sciences naturelles : Tout ce que je vois clairement être enfermé dans l'idée d'une chose peut avec vérité être affirmé de cette chose. Si, consultant l'idée ([ue j'ai d'un triangle (par une réflexion sur la perception que j'en ai), je trouve que l'égalité de ses trois angles à deux droits est enfermée dans cette idée ou perception, je puis affirmer avec vérité que tout triangle a trois angles égaux à deux droits.

Et enfin c'est en prenant toujours le mot dUdéc dans le même sens, et non pour un être représentatif distingué de la perception, qu'il a prouvé l'existence de Dieu par une démonstration que l'auteur de la Recherche de la Vérité dit (p. 201) en être la plus belle preuve, la plus relevée, la plus solide, et la première, c'est-à-dire celle qui suppose le moins de chose. La voici :

Tout ce ({ui est manifestement enfermé dans l'idée d'une chose en peut être affii mé avec vérité.

Or, l'existence nécessaire est manifestement enfermée dans ridée que nous avons tous de l'être infiniment parfait.

On peut donc alîirmerde l'être infiniment parfait qu'il est et qu'il existe.

Il est visible que dans cette démonstration le mot d'idée ne se peut prendre que pour la perception de rèUe parfait, et non pour

l'être parfait même en tant qu'il est intimement uni à notre àme pour y tenir lieu de cet être représentatif, distingué des perceptions, dont on suppose que nous avons besoin pour concevoir les choses matérielles. Car, en prenant le mot d'idée dans ce dernier sens, cette démonstration que notre ami dit être si belle, si relevée et si solide, ne serait que le sophisme qu'on appelle pétition de principe; puisque je ne pourrais tirer la conclusion, donc l'être parfait existe, qu'en supposant dans la mineure qu'il est par luimême intimement uni à mon âme, et par conséquent qu'il existe.

J'aurai occasion de parler de cela plus au long en un autre endroit. Tout ce que j'en veux conclure ici est que je n'ai point besoin de reconnaître d'autres idées que celles que j'ai définies qui ne sont point distinguées des perceptions pour demeurer d'accord de la vérité de ces façons de parler : Nous ne voyons point immédiatement les choses, et ce sont leurs idées qui sont l'objet immédiat de nos pensées.

Ox VOIT AUSSI ce qu'on doit entendre, quand on dit que c'est dans l'idée de chaque chose qu'on en voit les propriétés; et rien k assurément n'est plus inutile pour cela que cet être représentatif i distingué des perceptions duquel on voudrait que notre esprit eût besoin pour concevoir les nombres et l'étendue.

Je ne puis mieux faire, ce me semble, pour éclaircir cela, que de proposer un exemple, où je ne supposerai rien que tout le monde ne reconnaisse se passer ainsi dans son esprit, pourvu qu'il ne porte point sa vue ailleurs, et qu'il ne se détourne point à penser comment se peut faire en lui ce qu'il ne peut pas douter qui ne s'y fasse.

Le philosophe Thaïes, ayant à payer 20 ouvriers à une drachme chacun, compte 20 drachmes et les leur donne. Cela ne s'est pu. faire qu'il n'y ait eu au moins deux perceptions dans son esprit ; l'une de 20 hommes, l'autre de 20 drachmes. Et j'avertis, une fois pour toutes, qwHdée et perception n'est dans mon Dictionnaire que la même chose : et qu'ainsi, quand je me servirai du mot d'ic/ee ou de Vidée d'un objet, je n'entendrai par là que la perception d'un objet.

Étant de loisir, il se met à rêver : et considérant ce qu'il y a de commun dans ces deuxjjerceptions ou idées qui est que dans l'une ou dans l'autre il y a 20, il en retranche ce qu'elles ont de particulier, et il en fait une idée abstraite du nombre de 20 qu'il peut ensuite appliquer à 20 chevaux, à 20 maisons, à 20 stades. C'est une troisième idée ou perception.

II s'avise de plus de réfléchir sur cette idée abstraite du nombre de 20, c'est-à-dire qu'il la considère avec plus d'attention par une vue réfléchie qui est une des plus admirables facultés de notre esprit. Et la première chose qu'il y découvre est qu'il peut être partagé on deux moitiés égales. Car il voit sans peine qu'en mettant 10 d'un côté et 10 de l'autre, cela fait 20; et il voit en même temps que, s'il avait ajouté 1 à 20, le nombre de 21 ne se pourrait })as partager en doux moitiés égales, parce que le plus près que l'on pourrait approcher du partage juste serait de mettre 10 d'un côté et 11 de l'autre. Et cela lui fait juger qu'il est bonde distinguer par des mots particuliers les nombres qui se peuvent ou ne s(^ peuvent pas partager en deux moitiés égales, en appelant les uns pairs et les autres impairs.

Considérant ensuite ce qui est encore enfermé dans cette idée ou perception du nombre de 20 , il recherche quelles mesures il KMit avoir, c'est-à-dire quels nombres étant pris tant de fois font ustement ce nombre de 20. Il commence par Vunité, et il voit tout d'un coup que Tunité en doit être une des mesures, puisque 'unité prise vingt fois fait 20. D'où il est aisé de faire une règle générale, qui est que l'unité est la mesure de tous les nombres, )iiisqu'elle l'est de soi-même, un étant un, et que chacun de tous es autres nombres n'est (ju'une certaine multitude d'unités.

Il prend 2 ensuite, et il trouve que 2 est encore une mesure de 20, Car en comptant 2 à 2, 2, 4, 6, etc., après avoir fait cela dix bis, il arrive justement à 20.

Il prend 3, et il trouve que ce n'est point une mesure de 20. Car en comptant 3 à 3, 3, G, 9, 12, etc., après avoir fait cela six fois, il arrive à 18, après quoi il n'y a plus que 2 jusqu'à 20.

Il prend 4 , et trouve que c'est une mesure de 20, parce que 4 pris cincf fois fait justement 20.

Il trouve la même chose de 5, parce que 5 pris 4 fois fait justement 20.

Il trouve ensuite que ni 0, ni 7, ni S, ni 0, ne peuvc^nt être des mesures de 20, par la même raison qu'il a trouvé ([ue 3 ne le pouvait être.

Mais il trouve que 10 en est une mesure , parce que dix fois 2 font 20.

Mais que ni 11, ni 12, ni 13, ni lî,ni ir>, ni 10, ni 17, ni 18, ni 19, ne peuvent, étant pris tant de fois, faire justement 20, et ainsi n'en pinivenl être la mesure.

Mais que 20 la peut cire, parce (ju une ioii 20 est 20.

11 fait ensuite sur tout cela diverses autres réflexions.

La première , que pouvant y avoir des nombres qui n'ont point d'autre mesure que l'unité et eux-mêmes , il est bon de leur donner un nom qui les distingue des autres, et qu'on les peut appeler nombres premiers.

La deuxième, que tous les nombres pairs, pouvant être partagés en deux moitiés égales, ont tous 2 pour leur mesure.

La troisième , que de tous les nombres pairs il n'y a que 2 qui soit un nombre premier , parce qu'il est le seul de tous lés pairs qui n'ait pour mesure que l'unité et soi-même.

Je ne pousse pas cela plus loin. Mais voici les réflexions que j'y fais. La première, que je ne suppose aucuns êtres représentatifs , mais seulement que ce philosophe a eu d'abord les deux perceptions directes de 20 hommes et de 20 drachmes, sans se mettre en peine d'où il les a eues. Et je veux bien, si on le veut, que ce soit Dieu qui les lui ait données à l'occasion des mouvements corporels qui se sont faits dans les organes de ses sens et dans son cerveau. Quoi qu'il en soit, de quelque opinion que l'on soit sur cela, on ne peut nier qu'il n'ait eu ces deux perceptions, puisque l'on suppose qu'il a aperçu , qu'il a connu ces 20 hommes et ces 20 drachmes , et qu'il n'est pas possible aussi qu'il n'ait aperçu, qu'il n'ait connu ces 20 hommes et ces 20 drachmes, pourvu qu'il ait eu ces deux perceptions, de quelque part qu'il les ait eues , ce qui ne regarde point ]di nature des idées, mais leur origine.

La deuxième est que ces deux perceptions que j'appelle idées étant une fois posées , on ne peut nier que notre esprit n'ait la faculté de faire tout ce que j'ai fait faire à ce philosophe. Car nous le faisons tous les jours ; et ainsi nous sommes assurés que nous le pouvons faire , certissima scientia et clamante scientia ^ comme dit saint Augustin. Or c'est cela proprenïent qu'on doit appeler voir les propriétés des choses dans leurs idées : voir dans l'idée de rétendue qu'elle doit être divisible et mobile : voir dans l'idée de l'esprit que ce doit être une substance distinguée réellement de la substance étendue : voir dans l'idée de Dieu , c'est-à-dire dans l'idée de l'être parfait, qu'il faut nécessairement qu'il existe : voir dans l'idée d'un triangle qu'il faut nécessairement que ces trois angles soient égaux à deux droits. On n'a besoin pour cela que de comprendre que notre esprit a le pouvoir de réfléchir sur ses pensées ; et lorsqu'il a une fois la perception d'un objet, de le considérer avec plus d'attention.

On n'en peut douter ; et c'est d'où dépendent toutes lesscieucos,

ET uns i'AC^SES IDÉES. ;î77

surtoul les abstraites, comme la métaphysique, la géométrie, Taritiimétique , l'algèbre. Car on n'y fait autre chose que de concevoir ncttonient et distinctement les objets les plus simples, à quoi servent les délinitions. On y joint les rapports les plus faciles a connaître entre ces objets simples , ce qui fait les axiomes. Et de là par de simples réflexions sur ces premières connaissances ( et non sur dos ^^/?r.<f représentatifs imaginaires ) on tire cette chaîne admirable de conckisions, qui forcent par leur évidence tous les esprits raisonnables à s'y rendre , en vertu de cet unique principe : Que tout ce qui est contenu dans la vraie idée d'une chose ( c'^est-à-dire dans la perception claire que nous en avons) en peut être affirmé avec vérité. Et il faut que ce soit Dieu qui nous ait donné une inclination invincible d'acquiescer à cela, et de le prendre pour le fondement de toute la certitude humaine ; puisque, s'il y a des gens qui peuvent dire de parole qu'ils n'y acquiescent pas, ils ne laissent pas d'y acquiescer en effet, comme il paraît en ce que les sciences, où l'on s'applique uniquement à consulter ces idées, c'est-à-dire les perceptions naturelles que nous avons des choses , et à pénétrer ce qui est enfermé dans ces idées, telles que sont l'arithmétique, l'algèbre, la géométrie, se font recevoir par tout le monde pour indubitables.

Mais, comme mon principal but dans ce chapitre a été de démêler l'équivoque (lu mot immédiatement, je déclare ici que, si par concevoir immédiatement le soleil, un carré, un nombre cubique, on (mtend ce qui est opposé à les concevoir par le moyen des idées, li^iles ({ue je les ai délinies dans le chapitre précédent, c'est-à-dire par des idées non distinctes des perceptions ; je demeure d'accord ([ue nous ne les ^9yons point immédiatement; parce qu'il est plus clair que le jour que nous ne les pouvons voir, apercevoir, connaître que i)ar les perceptions que nous en avons, de quelque manière que ce soit que nous les ayons. Mais il est clair aussi que jcela n'est pas moins vrai de la manière dont nous concevons Dieu j( t notre Ame, que de celle dont nous concevons les choses matérielles. (Jue si par ne les pas connaître immédiatement on entend ne les pouvoir connaître ([ue par dépêtres représentatifs distingués dos percei)tions, je prétends que selon ce sens ce n'est pas seulement uM'diatcment ^ mais aussi iiumédiafement, que nous pouvons connaître les choses matérielles aussi bien que Dieu et notre âme, c'est-à-dire (\\w nous ne les pouvons connaître sans qu'il y ait aucun milieu entre nos j>erceplions et Pobjet : je dis nos perceptions, parce que j'avoue que nous avons souvent besoin de la perc-ep-

tion réfléchie, outre la perception directe, pour les bien connaître. Tout ce que dessus étant supposé , je crois pouvoir démontrer la fausseté de l'hypothèse de ces êtres représentatifs. Car pour cela je n'ai besoin que de faire deux choses. L'une, de prouver clairement et évidemment que tous les principes et toutes les preuves sur lesquels on a bâti cet édifice des idées n'ont aucun fondement solide. L'autre, de montrer que nous n'avons nulle nécessité pour connaître les choses que Dieu a voulu que nous connussions de ces êtres représentatifs, distingués des perceptions. ' Et c'est ce que j'espère que l'on verra par les démonstrations suivantes.

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