DES DIVERSES SORTES DE PRONOMS
Comme les hommes ont reconnu qu'il était souvent inutile et de mauvaise grâce de se nommer soi-même, ils ont introduit le pronom de la première personne pour mettre en la place de celui qui parle, ego, moi, je.
Pour n'être pas obligés de nommer celui à qui on parle, ils ont trouvé bon de le marquer par un mot qu'ils ont appelé pronom de la seconde personne, toi ou vous.
Et pour n'être pas obligés de répéter les noms des autres personnes et des autres choses dont on parle, ils ont inventé les pronoms de la troisième personne, ille, illa, illud, entre lesquels il y en a qui marquent, comme au doigt, la chose dont on parle, et qu'à cause de cela on nomme démonstratifs, hic, iste, cêlui-ci, celui-là.
Il y en a aussi un qu'on nomme réciproque, parce qu'il marque un rapport d'une chose à soi-même. C'est le pronom sui, sibi, se : Caton s'est tué.
Tous les pronoms ont cela de commun, comme nous avons déjà dit, qu'ils marquent confusément le nom dont ils tiennent la place; mais il y a cela de particulier dans le neutre de ces pronoms illud, hoc, lorsqu'il est mis absolument, c'est-à-dire sans nom exprimé, qu'au lieu que les autres ^(muh^s hic, hœc, ille, illa, peuvent se rapporter et se rapportent presque toujours à des idées distinctes, Arnauld. 7
qu'ils ne marquent néanmoins que confusément ; illum exspiran^ tem flammaSy c'est-a-dire illum Ajacem : His ego nec metas rerum, nec tempora imnarUy c'est-à-dire, Romanis. Le neutre, au contraire, se raj)porte toujours à un nom général et confus : hoc erat in votis, c'est-à-dire , hœc res, hoc negotium erat in votis : hoc erat aima parens, etc. Ainsi il y a une double confusion dans le neutre ; savoir, celle du pronom, dont la signification est toujours confuse, et celle du mot negotium, chose, qui est encore aussi générale et aussi confuse.