‹ Œuvres philosophiques d'ArnauldChapitre 49 sur 214 · DU PRONOM RELATIF · texte numérisé non relu

DU PRONOM RELATIF

Il y a encore un autre pronom qu'on appelle relatif, qui, quœ, quod, qui, lequel, laquelle.

Ce pronom relatif a quelque chose de commun avec les autres pronoms, et quelque chose de propre.

Ce qu'il a de commun, est qu'il se met au lieu du nom, et en excite une idée confuse.

Ce qu'il a de propre, est que la proposition dans laquelle il entre peut faire partie du sujet ou de l'attribut d'une proposition, et former ainsi une de ces propositions ajoutées ou incidentes, dont nous parlerons plus bas avec plus d'étendue, Dieu qui est bon, le monde qui est visible.

Je suppose ici qu'on entend ces termes de sujet et d'attribut des propositions, quoiqu'on ne les ait pas encore expliqués expressément, parce qu'ils sont si communs, qu'on les entend ordinairement avant que d'avoir étudié la logique : ceux qui ne les entendraient pas, n'auront qu'à recourir au lieu où on en marque le sens.

On peut résoudre par là cette question : quel est le sens précis du mot que, lorsqu'il suit un verbe et qu'il semble ne se rapporter à rien. Jean répondit quHl n'était pas le Christ. Pilate dit qu'il ne trouvait point de crime en Jésus- Christ.

Il y en a qui en veulent faire un adverbe aussi bien que du mot quod, que les Latins prennent quelquefois au mêm.e sens qu'à notre que français quoique rarement : Non tibi objicio quod hominem spoliâsti^, dit Cicéron.

Mais la vérité est que les mots que, quod, ne sont autre chose que le pronom relatif, et qu'ils en conservent le sens.

Ainsi, dans cette proposition, Jean répondit qu'il n'' était pas le Christ, ce que conserve l'usage de lier une autre proposition, savoir, n'' était pas le Christ, avec l'attribut enfermé dans le mot de répondit, qui signifie fuit respondens.

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