‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 122 sur 172 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Si nous connaissons sans Idées les ^mes des autres hommes.

Je ne dirai qu'un mot de la manière dont il veut que nous connaissions les âmes des autres hommes. « Il dit que nous « ne les connaissons point en elles-mêmes , parce qu'il n'y « a que Dieu que nous voyions d'une vue immédiate et di- « recte. «

« Que nous ne les connaissons point par leurs idées, » sans qu'il en donne des raisons particulières , parce qu'il a cru sans doute qu'on n'avait qu'à appliquer celles qu'il avait données pour montrer que nous n'avions point d'idée de notre âme propre.

Que nous ne les connaissons point par conscience, parce cpi" elles sont différentes de nous, et qu'on ne connaît p?r conscience que ce qui n'est point différent de soi. D'où il conclut « que nous les connaissons par conjecture, c'est-à— « dire que nous conjecturons que les âmes des autres hommes « sont de même espèce que la nôtre. »

Je n'ai pas besoin de m'étendre [sur cela : Car 1°. tout ce que j'ai dit . pour faire voir que s'il était vrai que nous vissions les choses en Dieu , ce qu'il prend pour la même chose que de les voir par des idées claires , il n'y aurait nulle raison d'en excepter notre àme , est encore plus fort pour prouver que, ne pouvant voir par conscience les âmes des autres hommes , comme chacun peut voir la sienne , il serait encore plus contraire à l'uniformité de la conduite de Dieu de ne nous pas faire voir ces âmes , comme il nous fait voir,

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