‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 57 sur 172 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

De la manière dont lauteur de la Recherche de la Vérité veut que nous VON ions les choses eu Uicu. Quil a parlé peu exactement, ou beaucoup varié, touchant les choses quil prétend que l'on voit en Dieu.

Nous avons déjà vu que cet auteur n"a pris tant de soin de bien établir la philosophie des éfres représentatifs distingués des perceptions, auxquels il donne le nom d'idées, que pour nous obliger de reconnaître comme une chose très-avantageuse à la religion, qu'il n'y a que Dieu qui puisse faire , à regard des esprits , la fonction de cet être représentatif; et qu'ainsi c'est en Dieu que nous voyons toutes choses.

C'est dans ce dessein qu'il a supposé que ces êtres représentatifs ne pouvaient être unis à noti^e àme^ et lui donner moyen de voir les objets de dehors qu'en cinq manières, afin qu'après avoir montré les inconvénients des quatre premières, il ne restât plus que la dernière qu'il faudrait nécessairement embrasser ; et c'est par là aussi qu'il commence le sixième chapitre , page i 99 , qui a pour titre : Que nous voyons toutes choses en Dieu.

« Nous avons examiné dans les chapitres précédents quatre « différentes manières dont l'esprit peut voir les objets de dece hors , lesquelles ne nous paraissent pas vraisemblables. Il « ne reste plus que la cinquième, qui paraît seule conforme à « la raison , et la plus propre pour faire connaître la dépen- « dance que les esprits ont de Dieu dans toutes leurs pen- « sées. »

J'aurais bien des choses à dire sur les preuves qu'il apporte contre les quatre premières de ces cinq manières ; car il y en a qui me semblent très-faibles; mais cela serait fort inutile , car il importe peu de savoir s'il a bien ou mal combattu (les opinions qui n'ont aucune apparence de vérité.

On peut aussi remarquer qu'étant quelquefois si difficile

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