‹ Œuvres philosophiques de Antoine ArnauldChapitre 94 sur 172 · CHAPITRE X\I · texte numérisé non relu

CHAPITRE X\I

Que quand cet auteur dit qu'il y a des choses que nous voyons sans idée, ce qui! entend par là n'est point assez démêlé, el cause tant de confusion qu'on n'en peut avoir aucune notion claire.

L'auteur de la Recherche de la Vérité, ayant expliqué dans les six premiers chapitres de son troisième livre, sa doctrine de la 7uilure des idées, il distingue dans le septième, quatre ditîérentes m^ières par lesquelles il prétend que notre esprit connaît les choses.

« La première , dit-il . est de connaître les choses par ellesmêmes :

« La deuxième , de les connaître par leurs idées , c'est-à- « dire , comme je l'entends ici , par quelque chose qui soit « différent d'elles;

« La troisième, de les connaître par conscience, ou par « sentiment intérieur;

u La quatrième, de les connaître par conjecture ; Il soutient ensuite « qu'il n'y a que Dieu que nous con- « naissons par lui-même ;

« Quil n"y a que les corps et les propriét<?s des corps « que nous connaissons par leurs idées ;

« Que nous ne connaissons point notre àme ni ses pro- « priétés par son idée , mais seulement par conscience et « par sentiment intérieur;

« Et que nous ne connaissons que par conjecture les âmes « des autres hommes. »

Nous n'avons pas besoin de nous arrêter ici au premier et au dernier : nous en parlerons plus bas. Écoutons seulement ce quil dit en particulier du deuxième et du troisième.

V On ne peut douter , dit-il , que Ion ne voie les corps avec « leurs propriétés par leurs idées : parce que , n'étant pas « intelligibles par eux - mêmes , nous ne les pouvons voir

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