‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 121 sur 306 · nesdisUncUons, et premièrement de celle gui est réeDe · texte numérisé non relu

nesdisUncUons, et premièrement de celle gui est réeDe

Pour ce qui est du nombre que nous remarquons dans les choses mêmes, il vient de la distinction qui est entre elles : or il y a des distinctions de trois sortes, i savoir : une qui est réelle, une autre modale, et une autre qu'on appelle distinction de raison, et qui se fait par la pensée. La réelle se trouve proprement entre deux oa plusieurs substances. Car nous pouvons condure que deux substances sont réellement distinctes l'une de l'autre de cela seul que nous en pouvons concevoir une clairement et distinctement sans penser à l'autre ; parce que, suivant ce que nous connoissons de Dieu , nous sommes assurés qu'il peut faire tout ce dont nous avons une idée daire et distincte. C'est pourquoi, de ce que nous avons maintenant l'idée par exemple d'une substance étendue ou corporelle, bien que nous ne sachions pas encore certainement si une telle diose est à présent dans le monde, néanmoins, parce que nous en avons l'idée, nous pouvons conclure qu'elle peut être, et qu'en cas qu'elle existe, quelque partie que nous puissions déterminer de la pensée doit être distincte réellement de ses autres parties. De même, parce qu'un chacun de nous aperçoit en soi qu'il pense , et qu'il peut en pensant exclure de soi ou de son fime toute autre substance ou qui pense ou qui est étendue, nous pouvons conclure aussi qu'un chacun de nous ainsi considéré est réellement distinct de toute autre substance qui pense, et de toute substance corporelle. Et quand Dieu même joindroit si étroitement un corps à une ftme qu'il fût impossible de les unir davantage, et feroit un composé de ces deux substances ainsi unies , nous concevons aussi qu'elles demeureroient toutes deux réellement distinctes, nonobstant cette union , parce que, quelque liaison que Dieu ait mise entre elles, Il n'a pu se défaire de la puissance qu'il avoit de les séparer» ou bien de les conserver l'une, sans l'autre, et que les choses que Dieu peut séparer ou cooserver séparément les unes des antres som réeUement distinctes.

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