ce que c'est que Fespaoe oa le liea Ifilérteor
L'espace ou le lieu Intérieur, et le corps qui est compris en cet espace, ne sont dififirents aussi que par notre pensée. Car, en effet, la même étendue en longueur, largeur et profondeur qui constitue l'espace constitue le corps, et la différence qui est entre eux ne consiste qu'en ce que nous attribuonsau corps une étendue particulière, que nous concevons changer do place avec lui toutes ibis et quantes qu'il est transporté, et que nous en attribuons à l'espace une si générale et si vague qu'apris avoir Até d'un certain espace le corps qui Toccupoit, nous ne pensons pas avoir aussi transporté l'étendue de cet espace, i cause qu'il nous semble que la même étendue y demeure toujours pendant qu'il est de même grandeur et de même figure, et qu'il n'a point changé de situation au regard des corps de dehors par lesquels nous le déterminons.
11. Bo quel sens on peut dire qall ii*e8t polot dlflërent du corps qo*U cooiieot.
Mais il sera aisé de connoître que la même étendue qui constitue la nature du corps constitue aussi la nature de l'espace, en sorte qu'ils ne diffèrent entre eux que comme la nature du genre ou de l'espèce diffère de la nature de l'individu, si, pour mieux discerner quelle est la véritable idée que nous avons du corps, nous prenons pour exemple une pierre et en Âtons tout ce que nous saurons ne point appartenir à la nature du corps. Otona-en donc premièrement la dureté, parce que, si on réduisoit cette pierre en poudre, elle n'auroit plus de dureté, et ne laisseroit pas pour celad*étreun corps; Atons-en aussi la couleur, parce que nous avons pu voir quelquefois des pierres si transparentes qu'elles n'avoient point de couleur ; êtons-en la pesanteur, parce que nous voyons que le feu, quoiqu'il soit très légter, ne laisse pas d*être un corps; Atons-en le froid, la chaleur, et.toutes les autres qualités de ce genre» i
parce que nous ne pensons point qu'elles soient dans la pierre, ou bien que cette pierre dianga de nature parce qu'elle nous semble tantêt èbaude et tantêt froide. Après avoir ainsi examiné cette pierre nous trouverons que la véritable idée qui nous fait concevoir qu'elle est un corps consiste en cela seul que nous apercevons distinctement qu'elle est une substance étendue en longueur, largeur et profondeur ; or cela même est compris en l'idée que nous avons de l'espace, non-seulement de celui qui est plein de corps, mais encore de celai qu'on appelle vide.
ISL Et en quel sens fl eaest différent.
Il est vrai qu'il y a de la différence en notre façon de penser ; car si on a Até une pierre de l'espace ou du lieu où elle étoit, nous entendons qu'on en a Até l'étendue de cette pierre, parce que nous les jugeons inséparables Tune de Tautre ; et toutefois nous pensons que la même étendue du lieu où étoit cette pierre est demeurée, nonobstant que le lien qu'elle occupoit auparavant ait été rempli de bois, ou d'eau, ou d'air, ou de quelque autre corps, ou que même il paroisse vide, parce que nous prenons l'étendue en général, et qu'il nous semble que la même peut être commune aux pierres, au bois, à l'eau, i l'air, et à tous les autres corps, et aussi au vide s'il y en a, pourvu qu*elle soit de même grandeur et de même figure qu'auparavant, et qu'elle conserve une même situation A l'égard des corps de dehors qui déterminent cet espace.