‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 126 sur 306 · Quelle difléreoce Oy a entre leUea et fcspace · texte numérisé non relu

Quelle difléreoce Oy a entre leUea et fcspace

Toutefois le Heu et l'espace sont difTérents en ieius noms, parce que le lieu nous marque plus expresBément la situation que la grandeur ou la 4siire, et qu'au contraire nous pensons plutôt à eelles-ci lorsqu'on nous parle de l'espace; car ■ons disons qu'une chose est entrée en la place d'une autre, bien qu'elle n'en ait exactement ni la grandeur ni la figure, et n'entendons point qu'elle occupe pour cela le même espace qu'occupoit cette autre chose ; et lorsque la situation est changée, nous disons que le lieu est aussi changé, fooiqu*il soit de même grandeur et de même figure qu'auparavant ; de sorte que si nous disons qD*iiDe chose est en un tel lieu, nous entendons seulement qu'elle est située de telle façon à l'égard de qudques autres choses ; mais si nous ajoutons qu'elle occupe un tel espace, ou un tel lieu, nous euleiidoiis outre cela qu'elle est de telle grandeur et de tdle figure qu'elle peut le remplir tout

la ioperficie qui enThroime un coipi peat être priM pour 80D ttea extérieur.

Ainsi nous ne distinguons jamais l'espace d'avec retendue en longueur, largeur et profondeur; mais noua considérons quelquefois le lieu comme sH élolt en la chose qui est placée, et quelquefois anasi comme s*il en étoit dehors. L'intérieur ne I en aucune façon de l'espace ; mais nous i quelquefois l'extérieur ou pour la superficie qui environne immédiatement la chose qui Cil placée (et il est à remarquer que par la superficie on ne doit entendre aucune partie du c»rpa qui environne, mais seulement l'extrémité qui est entre le corps qui environne et celui qui est environné, qui n'est rien qu'un mode ou une façon), on bien pour la superficie en général, qui n'ett point partie d'un corps plutAt que d'un

autre, et qui semble toujours la même tant qu'elle est de même grandeur et de même figure^ car encore que nous voyions que le corps qui environne un autre corps passe ailleurs avec sa su- * perficie, nous n'avons pas coutume de dire quê celui qui en étoit environné ait pour cela changé de place lorsqu'il demeure en la même situation A l'égard des autres corps que nous considérons comme immobiles. Ainsi nous disons qu'un bateau qui est emporté par le cours d'une rivière, et qui en même temps est repoussé par le vent d'une force si égale qu'il ne change point de situation à regard des rivages, demeure en même lieu, bien que nous voyions que toute la superficie qui l'environne change incessamment.

16. QuH ne peut y avoir aucun ^e au •entquetoptaOoeoplMi prennent oe mot.

Pour ce qui est du vide, au sens que les philosophes prennent ce mot, A savoir pour un espace où il n'y a point de substance, il est évident qu'il n'y a point d'espace en l'univers qui soit tel, parce que l'extension de l'espace ou du lieu intérieur n'est point différente de l'extension du corps. Et comme de cela seul qu'un corps est étendu en longueur, largeur et profondeur, nous avons raison de conclure qu'il est une substance, A cause que nous concevons qu*ii n'est pas possible que ce qui n'est rien ait de l'extension, nous devons conclure le même de l'espace qu'on suppose vide, A savoir que puisqu'il y a en lui de l'extension il y a nécessairement aussi de la substance.

IT. Que le mot de Tide pris selon Tusage ordinaire A'eidnt point toute Borie de oorpa.

Mais lorsque nous prenons ce mot selon l'usage ordinaire et que nous disons qu'un lien est vide, il est constant que nous ne voulons pas dire qu'il n'y a rien du tout en ce lieu ou en cet espace, mais seulement qu'il n'y a rien de ce que nous présumons y devoir être. Ainsi, parce qu'une cruche estTaite pour tenir de Peau, nous disons qu'elle est vide lorsqu'elle ne contient que de l'air ; et s'il n'y a point de poisson dans un vivier, nous disons qu'il n'y a rien dedans, quoiqu'il soit plein d'eau ; ainsi nous disons qu'un vaisseau est vide, lorsqu'au lieu des marchandises dont on le diarge d'ordinaire on ne l'a chargé que de sable, afin qu'il pût résister A l'impétuosité du vent ; et c'est en ce même sens que nous disonsqu'un espace est vide lorsqu'il ne contient rien qui nous soit sensible, encore qu'il contienne une matière créée et une substance étendue. Car nous ne considérons ordinairement les corps qui sont proches de nous qu'en tant qu'ils causent dans les organes de nos

aïo:

LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE

sens des impressions si fortes que nous les pouvons sentir. Et si, au lieu de nous souvenir de ce.que nous devons entendre par ces mots de vide ou de rien, nous pensions par aprSs qu'un tel espace, où nos sens ne nous font rien apercevoir, ne contient aucune chose créée, nous tomberions en une erreur aussi grossière que si, à cause qu'on dit ordinairement qu'une cruche est vide dans laquelle il n'y a que de l'air, nous jugions que Tair qu'elle contient n'est pas une chose ou une substance.

IS. domzbent éo iJMi( bdrHger là batee oi)ldbfi âbiit où hà prlNMxtipétiMauifatlSYtd^

Nous avons presque tous été préoccupés de cette erreur d&s le commencement de notre vie, parce que, voyant qu'il n'y a point de liaison nécessaire entre le vise et le eorps qu'il contient, il nous a semblé que Dieu pourroit dter tout le corps qui èàt contenu dans un vàse^ et dbnservéir ce vase eh son mdme état sahs qu'il fût besoin qu'aucun aiitre corps succédai eh t'a placé de celui qu'il auroit âté. Mais afin que noiis puissions maintenant corriger une si fausse opinion, nous remarquerons qu'il n'v a point dé liaison nécessaire entre le vase et un tel corps qui le remplit, mais qu'elle est SI absolument nécessaire entre la figuré concave qu'a ce vase et i'é tendue qui doit être comprise en celte concavité qu'il ii'y à pas pliiis de réjpughance a concevoir une montagne sans vallée du'uue telle concavité sans rexlensioh qu'elle contient, et cette extension sans quelque chose à\é' tendu, à cause qiie le néant, coinme il à été déjà remarqué plusieurs fois, ne peut avoir d'extension. C'est pourquoi, si on liôus demande ce qui arriveroit en cas que Dieu ôtât tout le corps qui nt dansuh vise sans qu'il permit qu'il eii rledlrât d'autre, nous répondrons que les eôtés de ce vase lié tronveroienl si prodies qu'ils se toucheroient itaimédiatemetit. Qar il faut que deux corps s'entretoaebenl lorsqu'il n'y a rien 6ntté deux^ parée qu'il y auroit oootradiction que deux corps fussent élbigttés; c'ést-A-dire qu'il y eât de la distanee de l'un & l'antre) et que néanmoins cette distitdoe ne fttt rien \ car la distance est une propriété de l'éteiidtfé qui ne sivroit aitibriflii# sans quelque ehose dVleddtt.

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