Que Je nie le mouvement de la terre avec pins de leai
que Copernic et plus de vérité que Tycho. :
C'est pourquoi , sans être éli rien différent de ces deux, excepté en cela seul que j'aurai plus de soin que Copernic de ne point attribuer de mouvement à la terre , et que je tacherai de fahre que mes raisons sur ce sujet soient plus vraies que celles de Tycho, je proposerai ici l'hypothèse qui me semble être la plus simple de toutes et la plus commode, tant pour connoître les phénomènes que pour en rechercher les causes naturelles ; et cependant j'avertis que je ne prétends point qu'elle soit reçue comme entièrement conforme à la vérité, mais seulement comme une hypothèse ou supposition qui peut être fausse.
SO. QuH faut supposer les étoDes fixes eitrèmement élolgnéei de Saturne.
Premièrement, à cause que nous ne savons pas encore assurément quelle distance il y a entre la terre et les étoiles fixes , et que nous ne saurions les imaginer si éloignées que cela répugne à l'expérience, ne nous contentons point de les mettre au-dessus, de Saturne, où tous les astronomes avouent qu'elles sont , mais prenons la liberté de les supposer autant éloignées au-dessus de lui que cela pourra être utile à notre dessein ; car si nous voulions juger de leur hauteur par la comparaison des distances qui sont entre les corps que nous voyons sur la terre, celle qu'on leur attribue déjà seroit aussi peu croyableque la plus grande que nous saurions imaginer ; au lieu que si nous considérons la toute- puissance de Dieu qui lésa créées, la plus grande distance que nous puissions concevoir n'est pas moins croyable qujune plus petite. Et je ferai voir ci-après qu'on ne sauroit bien expliquer ce qui nous parolt tant des planètes que des comètes si on ne suppose un très
LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE
grand espace entre les étoiles fixes et la sphère de Saturne.
SL QiMhiBaUèredutotettaiiiBi4|aecenede la flamme ert fort mobile, mais qu'il n'est pas besoin pour cela qu'il passa tout entier d'un lieu en un autre.
En second lieu, puisque le soleil a cela de conforme avec la flamme et avec les étoiles fixes qu'il sort de lui de la lumière , laquelle il n'emprunte point d'ailleurs, pensons quMl est semblable aussi à la flamme en ee qui est de son mouvement , et aux étoiles fixes en ee qnl concerne sa situation. El Comme nons ne voyons Hen sur la terre qui soit plus agité que la flamme (en sorte que si les corps qu'elle touche ne sont grandement durs et solides, elle ébranle toutes leurs petites parties et empoKe avec soi celles qui ne lui font point trop de résistance) , toutefois son mouve^ voient ne consiste qu*en ce que chacune de ses parties se meut séparément ; car toute la flamme ne passe point pour cela d'un lieu en un autre, si elle ti'est transportée par qudque corps auquel etle soll attachée ; ainsi nous pouvons croire que le floleil est composé d'une matière extrêmement liqtllde) et dont les parties sont si fort agitées qu'ellei emportent avec elles les parties du ciel 411I leur sont voisines et qui les environnent ; riiaki qu^il a cela de commun avec les étoiles ftMi^ qtt*ll ne passe point oour cela d'un endroit Al CM en un autre.
il. Que le iûIgU n*a pas besoin d*aUmeiit comme la flamme.
Et on n'a pas sujet de penser que la comparaison que je fais* du soleil avec la flamme ne soit pas bonne» à cause que toute la flamme que nous Toyons sur la terre a besoin d'être jointe à quelque autre corps qui lui serve de nourriture , et que nons ne remarquons point le même do soleil. Car, suivant les lois de la nature, la flamme, ainsi que tous les autres corps, continueroit d*étre après qu'elle est une fbfs formée, et n'auroh pas besoin d'aucun aliment à cet effet, si ses parties, qui sont extrêmement fluides et mobiles, n*allolent point continuellement se mêler avec l'air qui eçt autour d'elle, et qui, leur étant leur agitation, ifblt qu'elles cessent de la composer; et ainsi ce n*est pas proprement pour être conservée qu'elle a besoin de nourriture, mais afin qu'il rebaisse continuellement d'autre flamme qui lui succède à mesure que l'air la disdpe. Or nous ne Voyons pas que le soleil soit dissipé par la matière dn ciel qui l'environpe ; c'est pourquoi nous ta'avons pas sqjet de ju^er qu'il ait besoin de toourfttuiB comme la flamme, encore qu'il lui rest^embte en autre chose; et toutefois j'espère faire voir d-après qu'il lui est encore semblable en
cela qu'il entre en lui sans cesse quelque matière, et qu'il en sort d*autre.
fS. Que toutes les étoiles ne sont point en une superficie sphériqae^ et qulBlles sonlfort éloigaéei rone de rantre.
Au reste, il &ut ici remarquer que si le soleil et les étoiles fixes se ressemblent en ce qui est de leur situation , nous ne devons pas néanmoins penser qu'elles soient toutes en la superficie d'une même sphère, ainsi que plusieurs supposent, puisque le soleil ne peut être avec elles en la superficie de cette sphère ; mais nous devons penser que tout ainsi que le ideil est environné d'uu vaste espace où il n'y a point d'étoile fixe , de même que chaque étoile fixe est fbrt éloignée de toutes les autres, et que quelques-unes de ces étoiles sont plus éloignées de nous et du soleil que quelques autres; en sorte que si S^, par exemple, est le soleil , P, f , seront des étoiles fixes; et nous en pourrons concevoir d'autres sans nombre au-dessus, au-dessous et par-delà le plan de cette figure, éparses par toutes les dimensions de l'espace.
a«. g«e lea «ioiY soni Uquldea.
En troisième lieu , pensons que la matière du ciel est liquide, aussi bien que celle qui compose le soleil et les étoiles fixes. C'est une opinion qui est maintenant communément reçue de tous les astronomes, parce qu'ils voient qu'il est presque ipapossible sans cela de bien expliquer les phéno-
SB. Qu'Us transportent avec eut tons lii eorps qafU oonUen- Dent.
Mais il me semble que plusieurs se méprennent, en ce que, voulant attribuer au ciel la propriété d'être liquide, ils l'imaginent comme un espace entièrement vide, lequel non-seulement ne r&iste point au mouvemenl des aotrei corps, mais aussi qui n'a aucune fiorce pour les mouvoir et les emporter aveosoi. Car outre qu'il ne sauroit y avoir de tel vide en la nature, il y a cela de commun en toutes les liqueurs que la raison pourquoi elles ne résistent point aux mouvements des autres corps n*est pas qu'elles aient moins qu'eux de matière, mais qu'elles ont autant ou plus d'agi* tation, et que leurs petites parties peuvent aisément être déterminées à se mouYOlr de tous oAtés; et lorsqu'il arrive qu'elles sont déterminées à se mouvoir toutes ensemble yers un même côté» celi fait qu'elles doivent pécessairement emporter avei elles tous les corps qu'elles embrassent et environnent de tous côtés, et qui ne sont point em-
(1) Voyez Heure viu.
T&QISIJSMS PARTIE.
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fkbés de les salyre par aucune caose extérieure, quoique ces corps soient entièrement en repos, et durs et solides, ainsi qu'il suit évldemmeot de ee qui a été dit d-dessus de la nature des corps Bquldei.
m, QM la terre ae repose en son dd, mais qo'éDe ne laisse PM d^être tramperMe IM» tal«
Bb featriiitie lieu, puisque dom ve]fooi que la Iffln) ii*est point soutenue par des ooloones, ni fuspeudoe en l'air par des câbles . nais qu'elle cit enTlrûDDée de tous oAtés d*un del très liquide, pensons qu'elle est en repos et qu'elle n*a point es propesiaiOB ta moatement, m que nous n>n reaiarquoQt point en elle ; mais ne croyons pas an»! qme oria puisse empêcher qu'elle ne soit empodie par le cours du olél et qu'elle ne suIyo son ■MNiTeoMit, sans pourtant se mouYOlr : de même qu'un ^vaisseau qui n'est point emporté par le Tent id par des rames, et qui n'est point aussi roCeoD par des ancres, demeure en repos au milieu de la mer, quoique peut-être le flux ou reflux de cette grande masse d^ean l'emporte Insendblement atee soi.