QqH en est (Isaiéms de «Mies les planètes
Et tout ainsi que les autres planites ressemblent à la terre, en ce qu'elles soot opaques et qu'elles renvoient les rayons du soleil, nousavons sujet de croire qu'elles lui ressemblent encore en ce qu'elles demeurent comme elle en repos en la partie do ciel où chacune se trouve , et que tout le diangoment qu'on observe en leur situation procède seulement de ce qu'elles obéissent au mouvement delà matière du ciel qui les contient.
m, ^cm m peat lias propTMiiflDt dira «pie la terre ou les ( ae aMiyveot, bien qu'elles soient ainsi tiaovortàes.
tiens nous souviendrons aussi en cet endroit de œ qo! a été dit ci-dessus touchant la nature do flMMifement, i savoir, qu'à proprement parler Q tt*est que le transport d'un corps du voisinage de oem qui le touchent Immédiatement, et que nous considérons comme en repos, dans le voisinage de quelques autres ; mais que, selon l'usage conmoB, on appelle souvent du nom de mouvement tonte action qui ftdt qu'un corps passe d'un lien en nn autre, et qu'en ce sens on peut dire qa^une même chose en même temps est mue et ne Test pas, selon qu'on détermine son Heu dlvertement. Or on ne saorolt trouver dans la terre al dans les antres planètes aucun mouvement sokm la propre signification de ce mot, parce qu'elles ne aont point transportées du voisinage des partiea du dd qui les touchent, en tant que nous coDsidérona ces parties comme en repos ; car,
pour être ainsi transportées, il Ibudroit qu'elles s'éloignassent en même temps de toutes les parties de ce ciel prises ensemble, ce qui n'arrive point: mais la matière du ciel étant liquide, et les par* ties qui la composent fort agitées, tantôt les unes de ces parties s'éloignent de la planète qu'elles touchent, et tantét les autres, et ce par un mouvement qui leur est propre et qu'on leur doit attribuer plutét qu'à la planète qu'elles quittent ; de même qu'on attribue les particuliers transporta de l'air ou de l'eau qui se font sur la superficie de la terre à l'air ou à Teau, et non pas à la terre.
99. Que même, en parlant ImproprenMnt et solvant rosase^ on ne doit point attribuer de mouvement k la terre, mais antantMs planètes.
Et si on prend le mouvement suivant la façon vulgaire, on peut bien dire que toutea les autrea planètes se meuvent, et même le soleil et les étoiles fixes ; mais on ne saurolt parler ainsi de la terre que fort improprement. Car le peuple détermine les lieux des étoiles par certains endroits de la terre qu'il considère comme impiobiles, et croit qu'elles se meuvent lorsqu'elles s'éloignent des lieux qu'il a ainsi déterminés ; ce qui est commode pour l'usage de la vie , et n'est pas imaginé sans raison, parce que, comme nous avons tous jugé dès notre enfance que la terre étoit plate el non pas ronde, et que le bas et le haut« et ses parties principales, à savoir le levant, le couchant, le midi et le septentrion, étoleut toujours et partout les mêmes, nous avons marqué par ces choses qui ne sont arrêtées qu'en notre pensée les lieux des autres corps» Mais si un philosophe qui fait profession de rechercher la vérité, ayant pris garde que la terre est un globe qui flotte dans un ciel liquide dont les piirtiea sont extrêmement agitées, et que les étoiles fixes gardent entre elles toujours une même situation . sevouloit servir de ces étoiles et les considérer comme stables, pour déterminer le lieu de la terre, et ensuite de cela vouloit conclure qu'elle se meut, il se méprendroit , et son discours ne serait appuyé d'aucune raison. Car si on prend le lieu en son vrai sens, et comme tous les philosophes qui en connoissent la nature le doivent prendre, U fantle déterminer par les corps qui touchent immédiatement celui qu'on dit être mû, et non pas par ceux qui en sont extrêmement éloignés, comme aont les étoiles fixes au regard de la terre ; et si on le prend selon l'usagOt on n'a point de raisou pour se persuader que les étoiles soient stables plutôt que la terre, si ce n'est peut-être qu'on s'imagine qu'il n'y a point d'autres corps par-delà les étoiles qu'elles puissent quitter, et au regard desquels on pui^ dire qu'elles se meuventi et que U terre
ass
LES PRINCIPES DE lA PHILOSOPHIE.
demeure en repos, ao même sens qu'on prétend pouvoir dire que la terre se meut au regard des étoiles fixes. Mais cette imagination seroit sans fondement, parce que notre pensée étant de telle nature qu'elle n'aperçoit point de limites qui bornent l'univers, quiconque prendra garde à la grandeur de Dieu et à la foiblesse de nos sens jugera qu*il est bien plus i propos de croire que peutfitre au-delà de toutes les étoiles que nous voyons II y a d'autres corps au regard desquels il faudroit dire que la terre est en repos et que les étoiles se meuvent, que de supposer que la puissance du Créateur est si peu parfaite qu'il n'y en sauroit avoir de tels, ainsi que doivent supposer ceux qui assurent en cette façon que la terre se meut. Que si néanmoins ci-après, pour nous accommoder à l'usage, nous semblons attribuer quelque mouvement à la terre, il faudra penser que c'est en parlant improprement, et au même sens qu'on peut dire quelquefois de ceux qui dorment et sont couchés dans un vaisseau , qu'ils passent cependant de Calais à Douvres, à cause que le vaisseau les y porte.
80. Que tOQtos les plaoèm sont eoqsortées aatour da loMl par le cid qui les contieot.
Après avoir été par ces raisonnements tous les scrupules qu'on peut avoir touchant le mouvement de la terre, pensons que la matière du ciel où sont les planètes tourne sans cesse en rond, ainsi qu'un tourbillon au centre duquel est le soleil, et que ses parties qui sont proches du soleil se meuvent plus vite que celles qui en sont éloignées jusques à une certaine distance, et que toutes les planètes ( au nombre desquelles nous mettrons désormais la terre ) demeurent toujours suspendues entre les mêmes parties de cette matière du ciel ; car par cela seul, et sans y employer d'autres machines, nous ferons aisément entendre toutes les choses qu'on remarque en elles. Car tout de même que dans les détours des rivières où l'eau se replie en elle-même, et tournoyant ainsi fait des cercles, si quelques fétus ou autres corps fort légers flottent parmi cette eau, on peut voir qu'elle les emporte et les fait mouvoir en rond avec soi ; et même parmi ces fétus on peut remarquer qu'il y en a souvent quelques-uns qui tournent aussi aatour de leur propre centre ; et que ceux qui sont plus proches du centre du tourbillon qui les contient achèvent leur tour plus têt que ceux qui en sont plus éloignés ; et enfin que, bien que ces tourbillons d'eau affectent toujours de tourner en rond , ils ne décrivent presque jamais des cercles entièrement parfaits, et s'étendent quelquefois plus en long et quelquefois plus en large, de fa* çon que toutes les parties dé la circonférence qu'ils
décrivent ne sont pas également distantes do centre ; ainsi on peut aisément imaginer que toutes les mêmes choses arrivent aux planètes , et il ne faut que cela seul pour expliquer tous leurs phénomènes.
Si. Conuoent elles sont ainsi emportées.
Pensons donc que S est le soleil, et que toute la matière du ciel qui l'environne tourne de même côté que lui, à savoir du couchant par le midi vers l'orient, ou d'A par B vers C^, supposant que le pèle septentrional est élevé au-dessus du plan de cette figure. Pensons aussi que la matière qui est autour de Saturne emploie quasi trente années à lui faire parcourir tout le cercle marqué *) , et que celle qui environne Jupiter le porte en douze ans. avec les autres petites planètes qui l'accompagnent par tout le cercle marqué z:; que Mars achève par même moyen en deux ans, la terre avec la lune en un an, Vénus en huit mois, Mercure en trois, leurs tours, qui nous sont représentés par les cercles marqués c^ T 6 Â .
Si. comment le sont aussi les taches qai se volent surUsaperflde du soleO.
Pensons aussi que ces corps opaques qu'on voit avec des lunettes de longue vue sur le soleil, et qu'on nomme ses taches, se meuvent sur sa superficie, et emploient vingt-six jours à y faire leur tour.
33. Que la terre est aussi portée en rond autour de son œiH tre, et la lune autour de la terre.
Pensons, outre cela, que dans ce grand tourbillon qui compose un ciel, duquel le soleil est le centre, il y en a d'autres plus petits qu'on peut comparer à ceux qu'on voit quelquefois dans le tournant des rivières, où ils suivent tous ensemble le cours du plus grand qui les contient, et se meuvent du même cêté qu'il se meut ; et que Tun de ces tourbillons a Jupiter en son centre, lequel fait mouvoir avec lui les autres quatre planètes qui font leur circuit autour de cet astre d'une vitesse tellement proportionnée que la plus éloignée des quatre achève le sien à peu près en seize jours, celle qui la suit en sept, la troisième en quatre-vingt-cinq heures, et la plus proche du centre en quarante-deux , et qu'elles tournent ainsi plusieurs fois autour de lui pendant qu'il décrit un grand cercle autour du soleil ; et que tout de même le tourbillon dont la terre est le centre fait mouvoir la lune autour de la terre ea l'espace d'un mois, et la terre même sur son es-
(1) voyez figure ix.