ORDRE DES QUESTIONS DE PHY8IQDB
h Mtofe; et| sans appuyer met raiaont «or ancou aoUe principe que sur les perfeotioos Infinies ^ Dieu, ja tiebîi à démontrer loutes cellee dont OD eût po avoir quelque doate» et à faire voir qa'dks loot telles qu'eooore que Dieu aaroit créé piueearsinofldes, il n*y en sauroil avoir aucun OtteUnnaDquaeent d'être observées. Aprèsceia, je nootni comment la pins grande part de la matière d» ce chaos devoit, en suite de ces lois, se diçofer et s'arranger d'une certaine façon qui la mdmt ttfflblable à nos deux; comment cependant ^leiiiiKHiDee de ses parties dévoient oomposur BDe terre et quelques-unes des planètes et desconto, et quelques autres un soleil et des étoiles fin. Etid, m'étendant sur le sujet de la lumière, j'eipljquailMeQ au long quelle étoit celle qui se defojttroaverdans le soleil et les étoiles, et comneetdeli die traversolt en un Instant les imaensEï espaces des cieux, et comment ello se ré- UiMoiidea plaoètes et des comètes vers la terre. l) joutai aussi plusieurs cboseo touchant la sub* <tw, la Ntuslion, les mouvemeoto, et toutes les lii^emi qualités de ces deux et de ces astres; en «^ que je pensais en dire asses pour faire con« «Htre qu'il ne se remarque rien en ceux de ce ■Mode qui ne dut ou du moins qui ne pût pa« f^e m lemblablo en ceux du monde que Je <^vott. De là je vins à parler particulièrement de la terre; oomment, eocore que j*eosse exprès* KiDeatsuppoié que Pieu n*avolt mis aucune pe- »Qim 6B la matière dont elle étoit composée , ^^ ses parties ne lalasoieot pas de tendre exac ^^i Ters 900 centre ; comment, y ayant de '^etde l'air sur sasuperflcie, la disposition tecieuxel des astres, principalement de la lune, rderoit causer un flux et reflux qui fût semblable ^toutes sei circonstances à celui qui se remar^ ?«dans DOS mers, et outre cela uq certain cours >*iit de l'eau que de l'air, du levant vers le cou- ^t, tel qu'on le remarque aussi entre les tro- Mm; oommeot les montagnes, les mers, les ^^^mti les rivièree pouvolent naturellement ^y lûrioer, et les métaux y venir dans les mines, Hb pilotes y croître dans les campagnes, et ^^emeot tous les corps qu'on nomme mêlés ^•«wipojéss'y engendrer. Et entre autres choses, *cio« qu'après les astres je ne connois rien au ^ que le feu qui produise de la lumière, je ■âadiiii Mre entendre bien clairement tout ce ^'Ppartleotàsa nature, comment il se fait, ^a«t il se nourrit, comment il n'a quelque- •I» de la chaleur sans lumière, et quelquefois 1**î la lumière sans chaleur; comment il peut 'Jj^ire diverses couleurs en divers corps , et "'«anU'es qualités; comment il en fond quel- ^ et en durolt d'autres; comment il les
peut consumer presque tous ou eouTertlr en cendres et en fumée; et enfin comment deces cendres, par la seule violence de son action, » forme du verre ; car celte transmutation de cendres en verre me semblant être aussi admirable qu'aucune antre qui se fasse en la nature, je pris particulièrement plaisir a la décrire.
Toutefois je ne voolols pas Inférer de toutes ces choses que ce monde ait été créé en la façon que je proposois; car il est bien plus vraisemblable que dès le commencement Dieu l'a rendn tel qu*il devoit être. Mais 11 est certain , et c'est une opinion communément reçue entre les théologiens, que Taction par laquelle maintenant B le conserve est toute la même que celle par laquelle Il l'a créé ; de façon qu'encore qu'il ne lui aurolt point donné au commencement d'autre forme que celle du chaos, pourvu qu'ayant établi les lois de la nature 11 lut prêtât son concours pour agir ainsi qu'elle a de coutume , on peut croire, sans fiilre tort au miracle de la création, que par cela seul toutes les choses qui sont purement matérielles aurolent pu avec le temps s'y rendre telles que nous les voyons à présent ; et leur nature est bien plus aisée à concevoir, lorsqu'on les voit nattre peu è peu en cette sorte, que lorsqu'on ne les considère que toutes faites.
De la description des corps inanimés et des plantes , je passai i celle des animaux , et particulièrement àcelie des hommes. Mais pource que je n'en avois pas encore assez de connoissance pour en parler du même stylequedu reste, c'està-dire en démontrant les effets par les causes, et faisant voir de quelles semences et en quelle façon la nature les doit produire , je me contentai de supposer que Dieu format le corps d'un homme entièrement semblable à l'un des nôtres, tant en la figure extérieure de ses membres qu'en la conformation intérieure de ses organes, sans le composer d'autre matière que de celle que j 'avois décrite, et sans mettre en lui au commencement aucune âme raisonnable ni aucune autre chose pour y servir d'âme végétante ou sensitlve, sinon qu'il excitât en son cœur un de ces feux sans lumière que j'avols déjà expliqués, et que je ne concevols point d'autre nature que celui qui échaufTe le foin lorsqu'on Ta renfermé avant qu'il fàt sec, ou qui fait bouillir les vins nouveaux lorsqu*on les lajsse cuver sur la râpe ; car, examinant les fonctions qui pouvolent en suite de cela être en ce corps, j'y trouvois exactement toutes celles qui peuvent être en nous sans que nous y pensions, ni par conséquent que notre âme, c'est-à-dire cette partie distincte du corps dont il a été dit ci-dessus que la nature n^est que de penser, y contribue, et qui sont toutes
DlSœURS DE LA MÉTHODE.— V» PARTIE.
l6t mimes eo quoi on peut dire que les animaux tans raison nous ressemblent; sans que j*y ea pusse pour cela trouver aucune de oelies qui ^ étant dépendantes de la pensée « sont les srâies qui nous appartiennent, en tant quliommes; an lieu que je les y trouTois toutes par après, ayant supposé que Dieu créât une ftme raisonnable , et qu*il la joignit i ce corps en certaine iaçon que je décrivois.
Mais afin qu'on puisse voir en quelle sorte j'y traitois cette matière, je veux mettre ici l'expH cation du mouvement du cœur et des artères , qui étant le premier et le plus général qu*on chserve dans les animaux, on jugera facilement de lui ce qu'on doit penser de tous les autres. Et afin qu'on ait moins de difficulté à entendre ce que j'en dirai, je voudrois que ceux qui ne sont point versés en Tanatomie prissent la peine, avant que de lire ceci, de faire couper devant eux le cœur de quelque grand animal qui ait des poumons, car il est en tout assez semblable à celui de l'homme, et qu'ils se fissent montrer les deux chambres ou concavités qui y sont: premièrement celle qui est dans son cAté droit , à laquelle répondent deux tuyaux fort larges, à savoir : la veine cave, qui est le principal réceptacle du sang, et comme le tronc de l'arbre dont toutes les autres veines du corps sont les branches , et la veine artérieuse , qui a été aussi mal nommée, pource que c'est en effet une artère, laquelle, prenant son origine du cœur, se divise, après en être sortie, en plusieurs branches qui vont se répandre partout dans les poumons; puis celle qui est dans son cAté gauche, à laquelle répondent en même façon deux tuyaux qui sont autant ou plus larges que les précédents, à savoir : l'artère veineuse, qui a été aussi mal nommée, à cause quelle n'est autre chose qu'une veine, laquelle vient des poumons, où elle est divisée en plusieurs branches entrelacées avec celles de la veine artérieuse , et celles de ce conduit qu^on nomme le sifflet, par où entre l'air de la respiration, et la grande artère qui , sortant du cœur , envoie ses branches par tout le corps. Je voudrois aussi qu'on leur montrât soigneusement les onze petites peaux qui, comme autant de petites portes, ouvrent et ferment les quatre ouvertures qui sont en ces deux concavités, à savoir : trois i l'entrée de la veine cave, où elles sont tellement disposées qu'elles ne peuvent aucunement empêcher que le sang qu'elle contient ne coule dans la concavité droite du cœur, et toutefols empêchent exactement qu'il n'en puisse sortir ; trois à l'entrée de la veine artérieuse , qui, étant disposées tout au contraire, permettent bien au sang qui est dans cette concavité de passer
dans les poumons, mais wm pas à celui qui est dans les poumons d'y retourner ; et ainsi deux autres à l'entrée de l'artère veineuse, qui laissent couler le sang des poumons vers la concavité gauche du cœur, mais s'opposent à son retour; et trois i rentrée de la grande artère, qui lui permettent de sortir du oosur, mais l'empêchent d'y retourner. Et il n'est point besoin de cherdier d'autre raison du ncHnbre de ces peaux, sinon que l'ouverture de l'artère veineuse étant en ovale, à cause du lieu où elle se rencontre, peut être commodément fermée avec deux, au lieu que les autres, étant rondes, le peuvent mieux être avec trois. De plus, je voudrois qu'on leur fit considérer que la grande artère et la veine artérieuse sont d'une composition beaucoup plus dure et plus ferme que ne sont l'artère veineuse et la veine cave ; et que ces deux dernières s'élargissent avant que d'entrer dans le cœur, et y font comme deux bourses, nommées les oreilles du cœur, qui sont composées d'une chair semblable à la sienne ; et qu'il y a toujours plus de chaleur dans le cœur qu'en aucun autre endroit du corps ; et enfin que cette chaleur est capable de faire que , s'il entre quelque goutte de sang en ses concavités, elle s'enfle promptement et se dilate, ainsi que font généralement toutes les liqueurs, lorsqu'on les laisse tomber goutte à goutte en quelque vaisseau qui est fort chaud.
Car, après cela, je n'ai besoin de dire autre chose pour expliquer le mouvement du cœur, sinon que, lorsque ses concavités ne sont pas pleines de sang, il y en coule nécessairement de la veine cave dans la droite et de l'artère veineuse dans la gauche, d'autant que ces deux vaisseaux en sont toujours pleins, et que leurs ouvertures, qui regardent vers le cœur, ne peuvent alors être bouchées ; mais que sitôt qu'il est entré ainsi deux gouttes de sang, une en chacune de ses concavités, ces gouttes, qui ne peuvent être que fort grosses, à cause que les ouvertures par où elles entrent sont fort larges et les vaisseaux d'où elles viennent fort pleins de sang, se raréfient et se dilatent, à cause de la chaleur qu'elles y trouvent ; au moyen de quoi, faisant enfler tout le cGDur, elles poussent et ferment les cinq petites portes qui sont aux entrées des deux vaisseaux d'où ellei viennent, empêchant ainsi qu'il ne descende davantage de sang dans le cœur ; et, continuant i se raréfier de plus en plus, elles poussent et ou vrent les six autres petites portes qui sont aux entrées des deux autres vaisseaux par où elles sortent, faisant enfler par ce moyen toutes les branches de la veine artérieuse et de la grande artère, quasi au même instant que le cœur ; lequel incontinent après se désenfle, comme font aussi