‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 15 sur 306 · ORDRE DES QUESTIONS DE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

ORDRE DES QUESTIONS DE PHYSIQUE

ces artères, a eanse qae le sang qui y est entré s'y itiffoidit ; et leurs six petites portes se referment» et les cinq de la veioe caye et de Tartère veineuse seroQTreot et donnent passage à deux autres gouttes de sang, qui font derechef enfler le cœur et les artères, tout de même que les précédentes. £t pottTce qoe le sang qui entre ainsi dans le cœur passeparcesdeoi bourses qu'on nomme ses oreilles, de Ji rient que leur mouvement est contraire au sien, et qu'elles se désenflent lorsqu'il s'enfle. An rate, afin que ceux qui ne connoissent pas la Im des démoostrations mathématiques, et ne soDtpasaœoutufflês à distinguer les vraies raisons des vraisemblables, ne se hasardent pas de nktiXQ sans Teianiiner, Je les veux avertir que cemoQTeiDeDtque je viens d'expliquer suit aussi msmmnt delà seule disposition des organes qo'oQ peut Toir à l'œil dans le cœur, et de la dtaleorqu'oD y peut sentir avec les doigts« et de k oatore da sang qu'on peut connoitre par expélieDce, qae fait celui d'un horloge^ de la force, de la situation et de la figure de ses contre-poids â de ses roues.

Mais si on demande comment le sang des veines Be s'épuise point en coulant ainsi continuelleiBeotdans le cœur, et comment les artères n'en soDt point trop remplies, puisque tout celui qui passe par le cœur s'y va rendre, je n'ai pas besoin ^] répondre autre chose que ce qui a déjà été ^t par un médecin d'Angleterre S auquel il faut donner la louange d'avoir rompu la glace en cet ffidroit, et d'être le premier qui a enseigné qu'il M plusieurs petits passages aux extrémités des •nènîspar où le sang qu'elles reçoivent du cœur nirt dans les petites branches des veines, d'où il^ase rendre derechef vers le cœur ; en sorte que ^ cours n^est autre chose qu'une circulation pffpétoelie. Ce qu'il prouve fort bien par l'expé- ^m ordinaire des chirurgiens, qui, ayant lié l« bris médiocrement fort au-dessus de l'endroit ^ ils ouTrent la veine, font que le sang en sort pte abondamment que s'ils ne l'avoient point lié; «HarriFeroit tout le contraire s'ils le lioient au- ^ entre la mahi et l'ouverture, ou bien qu'ils ^iâsseut très fort au-dessus. Car il est manifeste ^ te lien, médiocrement serré, pouvant empô- ^9% le sang qui est déjà dans le bras ne re- ^^"^ vers le cœur par les veines, n'empêche pas ?^cda qu'û n'y en vienne toujours de nouveau J'^ artères, à cause qu'elles sont situées au- ^des veines, et que leurs peaux, étant plus ^> sont moins aisées à presser ; et aussi que *^ qui Tient du cœur tend avec plus de force *^T par elles vers la main quil ne fait i re-

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tourner de là vers le ecmsr par les veines ; et puisque ce sang sort du bras par Touverture qui est en l'une des veines, il doit nécessairement y avoir quelques passages au-dessous du lien, c'est-à-dire vers les extrémités du bras, par où il y puisse venir des artères. Il prouve aussi fort bien ce qu'il dit du cours du sang, par certaines petites peaux qui sont tellement disposées en divers lieux le long des veines qu'elles ne lui permettent point d'y passer du milieu du corps vers les extrémités, mais seulement de retourner des extrémités ven le cœur; et de plus par l'expérience qui montre que tout celui qui est dans le corps en peut sortir en fort peu de temps par une seule artère lorsqu'elle est coupée, encore même qu'elle fût étroitement liée fort proche du cœur et coupée entre lui et le lien, en sorte qu'on n'eût aucun sujet d'imaginer que le sang qui en sortiroit vînt d'ailleurs.

Mais il y a plusieurs autres choses qui témoignent que la vraie cause de ce mouvement du sang est celle que j'ai dite; comme, premièrement, la différence qu'on remarque entre celui qui sort des veines et celui qui sort des artères ne peut procéder que de ce qu'étant raréfié et comme distillé en passant par le cœur, il est plus subtil et plus vif et plus chaud incontinent après en être sorti, c'est-à-dire étant dans les artères, qu'il n'est un peu devant que d'y entrer, c'est-à-dire étant dans les veines. Et si on y prend garde, on trouvera que cette différence ne paroit bien que vers le cœur, et non point tant aux lieux qui en sont les plus éloignés ; puis la dureté des peaux dont la veine artérieuse et la grande artère sont compo-^ sées montre assez que le sang bat contre elles avec plus de force que contre les veines. Et pourquoi la concavité gauche du cœur et la grande artère seroieot-elles plus amples et plus larges que la concavité droite et la veine artérieuse, si ce n'étoit que le sang de l'artère veineuse, n'ayant été que dans les poumons depuis qu'il a passé par le cœur, est plus subtil et se raréfie plus fort et plus aisément que celui qui vient immédiatement de la veine cave? Et qu'est-ce que les médecins peuvent deviner en tâtant le pouls, s'ils ne savent que, selon que le sang change de nature, il peut être raréfié par la chaleur du cœur plus ou moins fort, et plus ou moins vite qu'auparavant? Et si on examine comment cette chaleur se communique aux autres membres, ne faut-'il pas avouer que c'est par le moyen du sang, qui, passant par le cœur, s'y réchauffe et se répand de là par tout le corps; d'où vient que si on été le sang de quelqu» partie, on en Ate par même moyen la chaleur ; el encore que le cœur fût aussi ardent qu'un fer ens brasé, il ne sufOroit pas pour réchaiffer les pfecii

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