Da flux et reflax de la mer
fai aussi expliqué dans les Météores les causes des vents, par lesquels Feau de la mer est agitée ^ plusieurs façons irrégulières; mais 11 y a encore en elle un autre mouyement, qui fait qu'elle se hausse et se baisse règlement deux fois le jour ea chaque lieu, et que cependant elle coule sans cesse du levant vers le couchant, de quoi je tâcherai Ici de dire la cause. Soit ABCD ^ la partie du premier ciel qui compose un petit tourbillon autour de la terre T, dans lequel la lune est comprise , et qui les fait mouvoir toutes deux autour de son centre, pendant qu'elle les emporte aussi autour du soleil. Et posant pour plus grande facilité que la mer 1,2,3,4 couvre toute la superficie de la terre £FGH , comme elle est aussi cou- Terte de Tair 5,6,7,8, considérons que la lune empêche que le point T, qui est le centre de la terre, ne soit justement au même lieu que le point M, qui est le centre de ce tourbillon, et qa*elle »t cause que T est un peu plus éloigné que M du point B. Dont la raison est que la lune et la terre ne se pouvant mouvoir si vite que la matière de ce tourbillon par qui elles sont emportées, si le point T n^étoit point un peu plus éloigné de B que deD,la présence de la lune empêcheroitque cette matière ne coulât si librement entre B et T qu'entre T et D ; et parce qu'il n*y a rien qui détermine le lieu de la terre en ce tourbillon, sinon l'égalité des forces dont elle est pressée par lui de tous côtés, il est évident qu'elle doit un peu s'approcher vers B quand la lune est vers B , afin que la matière de ce tourbillon ne la presse point plus vers F que vers H ; tout de même, lorsque la lune est vers G, la terre se doit un peu retirer vers A ; et généralement, en quelque lieu que la lune se trouve, le coitre de la terre T doit toujours être un peu plus éloigné d'elle que le centre du tourbillon X. Considérons aussi que lorsque la lune est vers fi elle Hait que la matière du tourbillon ABCD a ■KMDs d'espace pour couler non-seulement entre B Pi T, mais aussi entre T et D, qu'elle n'auroit si la lune étoit hors du diamètre BD, et que par eonséquent elle s'y doit mouvoir plus vite, et presser davantage les superficies de l'air et de i'eaa , tant vers 6 et 2 que vers .8 et 4 ; et ensuite, que l'air et l'eau étant des corps liquides qui cèdent lorsqu'ils sont pressés et s'écoulent aisément aUleurs, ils doivent avoif moins de hauteur oo profondeur sur les endroits de la terre marqués F et H , et par même moyen en avoir
if) ToTe> fif<>r^ ^uiu
plus sur les endroits E et 6 que si la lune étoit ailleurs.
00. Pourquoi reaa. de la mer emploie douze heures et envi* roo Yiogt-quaure minutes 4 monter et descendre en clmqne marée.
Considérons outre cela que , d'autant que la terre fait un tour sur son centre en vingt-quatre heures, sa partie marquée F, qui est maintenant vis-à-vis de B , où l'eau de la mer est fort basse, doit arriver en six heures vis-à-vis de C , où la mer est fort haute ; et de plus que la lune, qui fait aussi un tour en un mois dans le tourbillon BCDA, s'avance quelque peu de B vers G pendant les six heures que l'endroit de la terre marqué F emploie à être transporté jusques au lieu où est maintenant G ; en sorte que ce point marqué F ne doit pas seulement employer six heures, mais aussi environ douze minutes de plus, pour parvenir jusques au lieu de la plus grande hauteur de la mer, qui sera pour lors un peu audelà de G , à cause de ce que la lune se sera cependant avancée ; et tout de même qu'en six au* très heures et douze minutes le point de la terre marqué F sera un peu au-delà du lieu où est H , où la mer sera pour lors la plus basse. Et ainsi on voit clairement que la mer doit employer en* viron douze heures et vingt-quatre minutes à monter et descendre en chaque lieu.
SI. Pourquoi les marées sont plus grandes lorsque la lune est pleine ou nouvelle qu*aux autres temps.
De plus il faut remarquer que ce tourbillon ABCD n'est pas exactement rond , et que celui de ses diamètres dans lequel la lune se trouve étant pleine ou nouvelle est le plus petit de tous^ et celui qui le coupe à angles droits est le plus grand, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; d'où il suit que la présence de la lune presse davantage les eaux de la mer et les fait hausser et baisser davantage , lorsqu'elle est pleine ou nouvelle, que lorsqu'elle n'est qu'à demi pleine.
81. Pourquoi elles sont aussi plus grandes aux équinoxes' qu'aux solstices.
Il faut aussi remarquer que la lune est toujours fort proche du plan de l'écliptique, au lieu que la terre tourne sur son centre suivant le plan^ de réquateur qui en est assez éloigné , et que ces deux plans s'entre-coupent aux lieux où se font les équinoxes, mais qu'ils sont fort éloignés l'un de l'autre en ceux des solstices. D'où 11 suit que c^est au commencement du printemps et de l'automne, c'est-à-dire au temps des équinoxes, que la lune agit le plus directement contre la terre* et ainsi rend les marées plus grandes.
LES PRINCIPES DB Ik PHlpOSOPHIK
If. |H>urt|ii0i r^« et ralr ooQleot saDS oesM des paities or^ taies de la terre vers les oocideDtatet.
n y a encore ici a remarquer qae, pendant que la ferre tourne d'E par P yers G, o'est-à-dire de Toccident vers l'orient, l'enflure de l'eau 4|ti?» et celle de l'air 8,5,6, que je suppose maintenant Mr Itediiolt de la terre marqué E , passent peu i peu Vers ses autres parties qui sont plus i IW éf dettl I en sorte qqe dans sfi heures et deoie ml* Dtttis elles seront sur reudrelt de la terre mari|oé H, et dans douze heures et vingt-quatra miliutes sur celui qui est marqué 6, et en même feçoA que les enflures de l'eau et de l'air marquées t,t,4 et 6,7,8 passent de 6 vers F, en sorte que Tair et l'eau de la mer ont un cours continu qui les porte des parties orientales de là ferre ftfs les occidentales.
Sf ^oinqn^i \e$ p^y» qu) qot )|t fp^ ^ Forlent sont ordMreqnepi (opliis chauds que ceux qui f pot au coucbaot.
Il est vrai que ce cours n^est pas fort rapide, mais il ne laisse pas d^être tel qu'on le peut aisément remarquer; premièrement, à cause que dans lés longues navigations il faut toujours employer plus de temps lorsqu'on va vers l'orient que lorsqu^on retourne vers l'occident ; puis aussi i cause qu'il y a des détroits dans la niÂ- oh l'on volt que Veau coule sans cesse vers le couchant ; et enfin, à cause que les terres qui ont la mer vers l'orient ont coutume d'être moins échauffées par le soleil que celles qui sont en même climat et ont la mer vers l'occident. Comme on voit, par exemple, qu'il fait moins chaud au Brésil qu'en la Guinée ; dont on ne peut donner autre raison sinon que le Brésil est plus rafraîchi par l'air qui hil vient de la mer que la Guinée par celui qui lui vient des terres qu'elle a au levant.
9i. pourquoi fi n*/ a point de Sus et reOax dans les laos, et pourquoi Ters les bords de la mer U iie se fait pas aux mêmes heures qu*au milieu.
Enfin il faut remarquer que, ))ien que la terre oe soit pas toute couverte des eaux de la mer, ainsi qu'elle est ici représentée, toutefois, à cause que colle de l'Océan l'environnent, elles doivent
r'6 mijies pi^r la lune en même fa^on que si elles couvroient entièrement; mais que ponr ce qui est des laos et des étangs qui sont du tout séparés ^e l'Ooéap, d'autant qu'Us ne couvrent pas de si grandes parties de la terre qu'un côté de leur su-
Krficie soit jamais beaucoup plus pressé que qtre par la présence de la lune, leurs eaux ne peuvent être ainsi mues par elles ; et que bien que celles qui sont au milieu de l'Océan s'y haussent et baissent règlement en la façon que j'ai décrite, toutefois leur flux et reflux vient diiïéremment et
à divers temps aux divers endroits de ses bords, & cause qu'ils sont fort Irréguliers et beaucoup plus avancés en un lieu qu'en l'autre.
00. Comment od peut rendre raison dé toutes les dISénnoei parUcQlièrai dsi aux fli iMnx.
Et on pept de ce qui a déjà été dit déduire les causes pariiculîères de tputes les diversités 4u fluf et reflux, pourvi; qu-pn s^çbe que , lorsque 1^ lune e^t pleine ou nouvelle , les eaux qui sont 4U milieu de l'Océan, aux lieux les plus éloignéi de ses bords, comme vers l'équateur et Véclip' tiqtie, sont le plus enflées aux endroits où il est six heures du soir ou du matin , ce qai (ait qu'elles s'écoulent de là vers les bords; et qu'elles sont au ipême temps le moins en&ées aux lieux où il est midi ou minuit, ce qui fait qu'elles y coulent des bords vers le milieu ; et que selon que coi bords nop^ plus proches ou plue éloignés, et 4^0 ces eaux passent par des chemins plus où moins droits et larges et profonds , elles j arrivent plus tAt ou plus tard et en plus ou moins grande quantité : et aussi que les cjiver^ détours de ces chemins causés par l'ioterpositibn de^ Iles, par les difléreqtes profondeut*s de la mer, par la descente des rivières et par l'irrégularité des bords ou rivages, font souvent que les eaux qui vont vers un bord sont rencontrées par celles qui viennent d'un autre, ce qui avance ou retarde leur cours en plMsleurs diverses façons; et enfin qu'il peut eussi être avancé ou retardé par les vents, quelques-uns desquels soufflent toujours règlement ea certains lieux à certains temps; car je crois quil n'y a rien de particulier à observer touchant les flux et reflux de la mer, dont la cause ne soit comprise en ce peu que je viens de dire.
87. De la nature de la terre intérienre qol est au-dessom des plus basses eaos
Touchant la terre intérieure marquée C qai s'est formée au-dessous des eaux, on peut remarquer qu'elle est composée de parties de toutes sortes de figurés, et qui sont si grosses que la matière du second élément n'a pas la foroe par «on mouvement ordinaire de les emporter avec tel, comme elle emporte celles de l'air et de Teau, mais qu'elle en a seulement assos pour les rendre pesantes en les pressant vers le centre de la terre, et aussi pour les ébranler quelque peu en coulant par les intervalles qui doivent être parmi elles en grand nombre, à cause de l'irrégularité de leurs figure^; et qu'elles sont aussi ébranlées, tant par la matière du premier élément qui remplit tous ceux de om intervalles qui sont si étroits qu'aucun autre corps n'y peut entrer que par les
qUATRIÈME PAKTIB.
parties de Tean, de Talr et de la terre extérieure qui t'eet formie au-dessus de Veau, lesquelles descendent souvent dans les plus grands de ces interfalles, et agitent si fort (quelques parties de la terre intérieure qu'elles les déiacbent des autres et les font par après monter avec elles : car il est aisé k juger que les plus hautes parties de cette terre Intérieure C doivent être véritablement fort entFdioées et fermement Jointes les unes aux autres, parce que ce dont elles qui ont été les pre- Dîàr^ i aoutepir re(rQrt et rompre )e ooun de la matière p^h\\\e qui passoit eq lignes droites par |fl9 poff^ 9 fit p, pendant que G ae formoît; mais qa# ^é^mm étant aaaea grows et ayant des %ur0f (or| irrégMliîre«i eHea n'ont pu s'ajuater si bi^n l'upe ^ l'autre qu*il ne «pit demeuré parmi el|ea plusjeMiy e^pdoes aim grande pour donner p^asMp 4 quelques-une^ d^a parties terr restreaqQl étoient aunlesaua, oomme particulière* ment a ceUes du sel et de l'eaq douœ : mais que les autres parties de ce corps C , qui étoient au* desaoas de cee plus hautes» n*ont point été ai fenneineiit jointes, fse qui est oauie qu'elles ont pu être séparées par le^ partieti du sai ou antrsf semblables qui venoieot vers ellea,
as. De la nalura de rarseat vit
Et mfime il y a eu peut-être quelque endroit an dedans ou bien au-dessous de ce corps C, où il s'est assemblé plusieurs de ces parties qui ont des fignres si unies et si glissantes qu'encore que leur pesanteur soit cause qu'elles s'appuient l'une sur l*aatre , en sorte que la matière du second élément ne coule pas librement de tous cOtés autour d*elles, ainsi qu'elle fait autour de celles de Tean, éDes ne sont toutefois aucunement attachées l'une à l'autre, mais sont continuellement mues, tant parla matière du premier élément qui remplit tous les intervalles qu'elles laissent autour d'elles que par les plus petites du second qui peovent aussi passer par quelques-uns de ces infenralies, au moyen de quoi elles composent une liqueur qui, étant beaucoup plus pesante que l'eau, et n*étant aucunement transparente comme ^e, a Ib forme de Targent vif.
aSL Bas ioégalltét de la chaleur qui est en cette terre loté-
Outre cela on doit remarquer que , comme BOUS voyons que les taches qui s'engendrent journellenient autour du soleil ont des figures fort irrégullères et diverses, ainsi la moyenne région 4e la terre marquée M, qui est composée de même matière que ces taches, n'est pas également solide partout, mais qu'il y a en elle quelques endroits
où ses parties sont molps serrées qu'aux autres; oequi fait que la matière du premier élément, qui vient du centre de la terre vers le corps C, passe par quelques endroits de cette moyenne région en plus grande quantité que par le^ autres, et ainsi a plus de force pour agiter on ébranler les parties de ce corps C qui soot au-dessus de ces endroits-la. On doit aussi remarquer que la chaleur du soleil, qui, comme il a été dit ci-dessus, pénètre jusques aux plus intérieures parties de la terre, n'agit pas également contre tous les endroits de ce corps C , parce qu'elle lui est plus abondamment communiquée par le^ parties de la terre extérieure 1^ quj le touchent que par les eaux 0 ; et que les côtés des montagnes qui sont exposés au midi sont beaucoup plus échauffés par le soleil que ceux qui regardept les pèles; et enfla qu^ les terres situées verç l'équatc^r sont autre^ ment échauffées que celles qui en sont fort loiOf et que la vicissitude, tant des jours et des nifits que des étés et des hivers, caus^ au8s( en o^ de la diversité.
SO. Qael est reflet de cette du eor. «
ensuite de quoi i| est évident que t<»u|es le^ petites parties de ce corps C ont toigours qnelquf agiution, laquelle y est inégale, selop les liens et les temps; et oecl ne doit pas seulement être entendu des parties de l'argent vif, ou de celles du sel et de l'eau douce et autres semblable^, qui sont descendues de la terre extérieure E dans las plus grands pores de l'intérieure C , où elles ne sont aucunement attachées ; mais aussi de toutes celles de cette terre intérieure, tant dures et fermement jointes les unes aux autres qu'elles puissent être ; non pas que ces parties ainsi jointes aient coutume d'être entièrement séparées par Faction de la chaleur ; mais comme nous soyons que le vent agite les branches des arbres et fait qu'elles s'approchent et se reculent quelque peu les unes des autres, sans pour cela être arrachées ni rompues, ainsi on doit penser que b plupart des parties du corps C ont diverses brandies, teU lement entrelacées et liées ensemble que la oha-* leur, en les ébranlant, ne les peut pas entièrement déjoindre, mais seulement taire que les intervaHel qui sont parmi elles deviennent tantêt plus étroits et tantêt plus larges. Et que d'autant qu'elles sont beaucoup plus dures que les parties des corps D et E , qui descendent en ces intervalles quand lis s'élargissent, elles les pressent lorsqu'ils de« viennent plus étroits; et les frappant à diverses reprises, elles les froissent ou les plient ea tells iaçon qu'elles les réduisent i deux genres de flgures qui méritent d'être Ist considérés.
LES PRINCIPES DE L\ PHILOSOPHIE
ei. Gomment 8*eofl|èDdi«Dt tes siici aigres ou corrosib qol floireot en la oomposiUon da HukA, defalon, et antres tels
Le premier genre vient des parties du sel ou autres semblables, assez dures et solides, qui, étant engagées dans les pores du corps G , y sont tellement pressées et agitées qu*au lieu qu'elles ont été auparavant rondes et roides, ainsi que des petits bâtons, elles deviennent plates et pliantes, en même façon qu*ane vei^e de fer ou d'autre métal se change en une lame à force d'être battue a coups de marteau. Et de plus, ces parties des corps D ou E , ainsi aplaties, en se glissant çà et là contre celles du corps G qui les surpassent en dureté, s'y aiguisent et s'y polissent en telle sorte que, devenant tranchantes et pointues, elles prennent la forme de certains sucs aigres et corrosifs qui, montant par après vers le corps E où sont les mines, composent du vitriol, de l'alun, ou d'autres minéraux , selon qu'ils se mêlent en le congelant avec des métaux, ou des pierres, ou d'autres matières.
02. Gomment s*engeDdre la maUère hnilense qui entre en la oomposiUon du soufre, du bitume, etc.
L*autre genre vient des parties des corps D et E, qui, étant moins dures que les précédentes, sont tellement froissées dans les pores du corps G par l'agitation de ses parties qu'elles se divisent en plusieurs branches fort déliées et flexibles qui, étant écartées les unes des autres par la matière du premier élément et emportées vers le corps E, t'attachent à quelques-unes de ses parties, et par ce moyen composent le soufre , le bitume , et généralement toutes les matières grasses ou huileuses qui sont dans les mines.
#8. Des principes de la dilmie, et de quelle bçon les méUux Tiennent dans les mines.
fa! donc Ici expliqué trois sortes de corps qui me semblent avoir beaucoup de rapport avec ceux que les chimistes ont coutume de prendre pour leurs trois principes, et qu'ils nomment le sel , le soufre et le mercure ; car on peut prendre ces sucs corrosii^ pour leur sel , ces petites brandies qui composent une matière huileuse pour leur soufre , et le vif argent pour leur mercure ; et mon opinion est que la vraie cause qui fait que les métaux viennent dans les mines est que ces . sucs corrosifs coulant çà et là dans les pores du eorps G font que quelques-unes de ses parties se détachent des autres, lesquelles par après se trouvant enveloppées et comme revêtues des petites branches de la matière huileuse, sont facilement poussés de G vers E par les parties de l'argent vif, lorsqu'il est agité et raréfié par la chaleur ; et
selon les diverses grandeurs et figures qu'ont ces parties du corps G, elles composent diverses espèces de métaux , lesquelles j*aurois peut-être ici plus particulièrement expliquées si j'avois eu la commodité de faire toutes les expériences qui sont requises pour vérifier les raisonnements que j'ai faits sur ce sujet.
64. De la nature de la terre extérieure, et de rorigloe doi fontaines.
Mais sans nous arrêter à ceia davantage, com. mençons à examiner la terre extérieure E , que nous avons déjà dit être divisée en plusieun pièces dont les plus basses sont couvertes de l'eau de la mer, les plus hautes font les montagnes, eC celles qui sont entre deux font les plaines; et voyons maintenant quelles y sont les sources dei fontaines et des rivières, et pourquoi elles ne s'épuisent jamais, bien que leurs eaux ne cessent de couler dans la mer, comme aussi pourquoi toutes ces eaux douces qui vont dans la mer ne la rendent point plus grande ni moins salée. À cet effet il faut considérer qu'il y a de grandes concavitis pleines d'eau sous les montagnes, d'où la chaleur élève continuellement plusieurs vapeurs, lesquelles n'étant autre chose que des petites parties • d'eau séparées l'une de l'autre et fort agitées, se glissent en tous les pores de la terre extérieure, et ainsi parviennent jusques aux plus hautes soper* ficies des plaines et des montagnes. Gar, puisque nous voyons quelques-unes de ces vapeurs passer bien loin au-delà jusque dans l'air, où elles composent les nues, nous ne pouvons douter qu'il n'y en ait davantage qui montent jusques aux sommets des montagnes, à cause qu'il leur est plus aisé de s'élever en coulant entre les parties de la terre qui aide à les soutenir qu'en passant par l'air qui , étant fluide, ne les peut soutenir en même façon ; de plus, il faut considérer que lorsque ces vapeurs sont parvenues vers le haui des montagnes, et qu'elles ne se peuvent élever davantage à cause que leur agitation diminue, leurs petites parties se joignent plusieurs ensemble; et que, reprenant par ce moyen la forme de l'eau , elles ne peuvent descendre par les pores par où elles sont montées à cause qu'ils sont trop étroits, mais qu'elles rencontrent d'autres passa^ ges un peu plus larges entre les diverses croûtes ou écorces dont j'ai dit que la terre extérieure est composée, par lesquels elles se vont rendre dans les fentes que j'ai dit aussi se trouver en cette terre extérieure ; et les remplissant, elles font des sources qui demeurent cachées sous terre jusques à ce qu'elles rencontrent quelques ouvertures en sa superficie, et sortant par ces ouvertures elles composent des fontaines dont les eaux, cou-