‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 206 sur 306 · Quels sont ceox qa*D rend secs et dors · texte numérisé non relu

Quels sont ceox qa*D rend secs et dors

Hais au contraire le feu sèche les corps qui sont composés de parties inégales, plusieurs desquelles sont longues, pliantes et glissantes ; de façon que, n'étant aucunement attachées a ces corps, elles en sortent aisément lorsque la chaleur du feu les agite. Car quand on dit d*un corps dur qu'il est sec, cela ne signifie autre chose sinon qu'il ne contient en ses pores ni sur sa superficie aucunes de ces parties unies et gUssantes qui, lorsqu'elles sont jointes ensemble, composent de l'eau ou qadque autre Uqueur. Et parce que ces parties laissantes, étant dans les pores des corps durs, les élargissent quelque peu et communiquent leur mouvement aux autres parties de ces corps, cela diminue ordinairement leur dureté ; mais lorsqn^eiles sont chassées par l'action du feu hors de kors pores, cela fait que leurs autres parties ont oootaine de se joindre plus fort les unes aux autres, el ainsi que ces corps deviennent plus durs.

isO. Coouneat on lire diverses eaux par distillation.

Et les parties qui peuvent être chassées hors des corps terrestres par l'action du feu sont de divers genres, comme on expérimente fort daii^e-

ment par la chimie* Car outre oéDes qui sont al mobiles et si petites qu'elles ne composent étant seules aucun autre corps que de l'air, il y en a d'autres, tant soit peu plus grosses, qui sortent fort aisément hors de ces corps ; à savoir celles qui, étant ramassées et jointes ensemble par le moyen d'un alambic, composent ides eanx-de-vie, telles qu'on a coutume de les tirer du vin, . du blé et de quantité d'autres matières; pujsil y en a d'autres un peu plus grosses, dont se oompo . sent les eaux douces et insipides qu'on tire aussi par distillation hors des plantes ou des .autres corps; et il y en a encore d'autres un peu plus grosses qui composent les eaux-fortes, et se tirent des sels avec grande violence de feu.

m. Gomment on tire aussi des sublimés et des bideiL

Derechef il y en a qu^ sont encore plus gros* ses, à savoir celles des sels, lorsqu'elles demeurent entières, et celles de l'argent vif, qui, étant élevées par l'action d'un assez grand feu, ne demeurent pas liquides, mais, s'attachent au haut du vaisseau qui lescontient, y composent des sublimés. Les dernières, ou celles qui sortent avec plus de difficulté des corps durs et secs, sont les huiles ; et ce n'est pas tant par la violence du feu que par un peu d'industrie qu'elles en peuvent être tirées : car d'autant que leurs parties sont fort déliées et ont des figures fort embarrassantes, l'action d'un grand feu les feroit rompre et changeroit entièrement leur nature, en les tirant avee force d'entre les autres parties des corps où elles sont ; mais on a coutume de tremper ces corps dans une grande quantité d'eau commune, d<Hit les parties qui sont unies et glissantes s'insinuent fort aisément dans leurs pores et en détachent peu à peu les parties des huiles, en sorte qoa cette eau, montant par après par l'alambic, les amène tout entières avec soi.

lis. Qu*en augmentant on diminuant la force du feu on diange souvent son eftet

Or, en toutes ces distillations, le degré du fen se doit observer; car selon qu'on le fait plus ou moins ardent, les effets qu'il produit sont divers : et il y a plusieurs corps qu'on peut rendre fort secs, et par après tirer d'eux diverses liqueurs par distillation, lorsqu'on les expose au commencement à un feu lent, lequel on augmente après peu à peu, qui seroient fondus d'abord, en sorte qu'on ne pourroit tirer d'eux les mêmes liqueurss'ils étoient exposés à un grand feu.

it3. Comment on calcine plusieurs corps

Et ce n'est pas seulement le d^rédu iM» mais

LES PRINCtt>£S DE LA PHILOSOPHIE.

I lu fii^ d0 Tap^liqnet qui peut changer ses I. Alnii en toit pluslears corps qui se fontdflt lofsqaé ioutes leurs parties sont échauffées l|aléi)seat| et qui se calcinent ou convertlisent en Milt lorsqu'niie Oamme fort ardente agit seules ttetit contre tedf superficie, d'où séparatit quelques parties elle (kit que les autM demeurent en poudre^ Ûir) selon la façon de pârlei* des chi'' nlëtert» en dit 4tt*un corps duf est Calciné lors« qtill est ainsi mis an pdudl'e pét* Faction du feu * an serte qu'il n'y à point d*autre difffirence ebtfe tes cendrés et la ohaui sinon que les cendrei iant ce qui reste des corps entièrement brûlée aprto (tue le lêu en a sépafé beaucoup de parties qui ont serti à rentretenlff et que la chaux est ce qui reste de ceux quMl a pulvérisés, sans en pontoif sépaf ef que pêU de pattled qui sertotent de Uaiioii aux autres*

lil. Commeot se fclt le terrs.

kn reste, le dernier et Tun des pHnelpaux effets du fau dt quMl peut convertir toutes sortes 4e cefldres et de ohaut en terre. Oar les cendres •I la ohaux D*étant autre chose que ce qui reste des corps brûlés après que le fett en a fait sorllr toutes les parties qui étolent asses petites four être abasiées on rompues par lui, toutes leurs parties sont si solides et si grosses qu'elles se saurolent être élevées comme les vapeurs par son action* et avec cela elles ont pour la plupart des figures asseï Irrégulières et inégales t ce qui hit que, bien qu'elles soient appujrées l'une sur l'autre et s'entre-soutiennent, elles ne s'attachent point touteMs les unes aux autres et même ne SB touchent pas Immédiatement, si ce n'est peutêtre en quelques points extrêmement petits. Mais kvtqo'elles cuisent par après dans un feu fort ardent, e'est4kdlre lorsque plusieurs parties du troisième élément moindres qu'elles, et plusieurs de celles du second qui, étant agitées par le premier, composent ce feu, passent avec très grande vitesse de tous cétés parmi elles, cela fait que les poiotis de leur* angles s'émoussent peu à peu et que leurs petites superficies s'aplanissent « et peut^re aussi que quelques-unes de ces parties •a plient ; en sorte quelles peuvent enfin couler de biais les unes sur les autres, et ainsi se toucher tomédialeiiient, non pas eeulenent en des points, Bsala aussi eo quelques-unes de leurs superficies, par leaqueUea demeurant Jointes elles composent la YSfia*

i». ComBMDt Mt parties se JoIgneDt ensemble.

Car 0 eat i remarquer que, Ursque deux corps dJMlee^qMrtatoieulfnshipieMeiidoese ren-

contrent de front, Ils he se peuvent approcher si fort l'un de l'autre qu'il he dehieurë quelque peu d'espace entre deux, qui est occupé par le second élément; mais que, lorsqu'ils coulent de biais l'un sur l'autre, leurs superficies se peuvent entièrement joindre. Par exemple, si les corps B et C* l'approchent I^Un de l'autre suivant la ligne droite AD, les parties du second élément qui se trouvent entre deux n*en peuvent être chateées, c'est pourquoi elles empêchent qu'ils ne se touchent ; mais les corps G et H qui viennent l*uh vers Taotré suivant la ligne EP se peuvent tellement joindre qu'il Ué demeure rien entre deux, au moins st leurs Superficies Sont toutes plates et polies; et si elles ne le sont pas, le mouvement dont elles glissent ainsi l'une sur l'autre fait que peu à peu elles le deviennent. Ainsi les corps B et C représentent la façon dont les parties des cendres sont johites ensemble, et 6 et H représentent celle dont se joignent les parties du verre» Et de la seule différence qui est entre ces deux façons de se joindre, dont il est évident que la première est dans les cendres et que la seconde y doit être Introduite par une longue et violente agitation du fcu, on peut oonnoître parfaitement la nature du varre et rendre raison de toutes ses propriétés.

ise. Pourqttoi U est Iiqul<le et gluant lor^pi*a est embrisé.

La première de ses propriétés est qu^il est liquide lorsqu'il est fort échauffé par le feu, et peut aisément recevoir toutes sones de %ure5, lesquelles il retient étant refroidi ; et même qu*il peut être tiré en filets aussi déliés que des cheveux. Il est liquide à cause que l'action du fqu ayant déjà eu la force de faire couler ses parties l'une sur l'autre pour les polir et piler, et ainsi les changer de cendres en verre, a Infailliblement aussi la force de les mouvoir séparément Tune de l'autre ; et tous les corps que le feu a rendus IIquldeexint cela de commun qu'ils prennent aisément toutes les figures qu'on leur veut donner, à cause que leurs petites parties qui sont alors eo oontinuelle agitation s'y accommodent ; et en se refroidissant ils retiennent la dernière qu'on leur a donnée, à cause que le moutement de leuru parties est arrêté par le frold« Mais outre cela io verre est comme gluant, en sorte quil peut étr# tiré en filets sans se rompre, pendant qu'il est encore chaud et qu'il commence à se refroidir ; dont la raison est que, ses parties étant mues de telle façon qu'elles glissent continuellement les unes sur les autres, Il leur est plus aisé de continuer ce mouvement, et ainsi de s'étendre en filets, que non pas de se séparer.

(I) v^yec fluoré xxmi. -

QUATEUËMS PARTIS

Mfi

m. Poar«iK)lfl est fondnr éiam troid.

Dm ftM» ftopHM An ntt^ est qu'étant fhoid imt0H ddl*i et atno Delà fort cdiMatit, et nitme qa'd «tt 4'atiUBt (ilai OàaMitit qtl'll eéi plan rMB|iteiiMttt di^enu Ihiid. La cauiè de m dareté Hlqw OhiMiie de M {Artles ait «i {[forte et ii dara, at ataa «la ai diffialla k plief i <ttt<^ i^ ft^ n'a fÊÊ M la Jliroa da lei rompre, et qu*el!efe ne Ml paa Jolaw aaïamMa par reotrelaaeméat de l«a IMMIM, nali par cela leul qti'elleè ee loiMhaot ittunédlatafeaéiil les auei lea autres. €ar U f • plualaim oorpe qui éodI mous à eause que ban partlaa aant pliauté», ou du moioft qu^elles aot quèlqMS braodiea dont les eitrémltée sont pUantaa, at qti*alle§ ua eôat jolotes les tilies aut autraa qoa par i*abtralaoemeflt de ees brandies ; mala jaaMia les parties d'un corps ne peuvent tes aJatu Jalnias que lorsqu'elles 9e tooehent IttiBédialanaiil et qu'allas ne sont point en nùlIoQ pour aa taoatiiir séparément Tune de Tautre ; 9B fâl arriva aux parties du rerre sItAt quMl est Miré dtt Ahi, d^autant qu'elles sont si grosses at toOam«Dl posées les unes sur les autres et ont ém tgoras al irrégulières, et inégales que l'air n'a pas la iwoa d'entretenir en ailes Tagitation que la iM Isnr avait donnée.

us. Pourquoi Owt «uni fort muant*

La causa qui rend le Terre oassant est que ses partlaa ne aa toBohent immédiatement qu'en des sapoMaa qal sout fort petites et en petit Dombre. £t CD ne doit pas trouver étrange que plusieurs florps beaucoup moins durs sont plus dififiolles à diriaer; car cela vient de ce que leurs parties étant engagées Tune dans l'autre, ainsi que les anneaux d'uuechatne» on peut bien les plier de tans odtéa, mais non pas pour cela les déjoindre ssna las rompre ; at qu'il y a bien plus de petites parties à rompra dans ces corps avant qu'ils soient anilèresMDt divisés, qu'il n'y a de petites superfictos i séparer dans le verre.

flSLPanfqnoin dstientinobiacsaMBtloisqpi'QalelaiiM.rsfh>Idir lentemeoU

Mais 1* causa qui la rend plus cassant lora* qB*on le tire tout à coup du fournaaa que lors«qu'en le lalM recuire at se refroidir pan à peu çooaifte ao ca qoa ses pores sont un peu plus largea lorsqu'il est liquide qna lorsqu'il est froid, et que, s'il devient froid troppromptement, ses parties n'oqt pas loisir de s'agencer comme 11 but pour les rétrécir tous autant l'un que l'autre ; da façon que le second élément qui passe par après dans ess pores fdt effort pour les rendre égaux, au Mqrco de quoi le verre se cassa; car ses parties M aa tenant fea par dea aoparlaias Isrt petites,

altét ipïe dadx de ces snpeiMes se séparant, tontes lea antres qui les suivent eta même ligne aa séparent auiai; c'est pourquoi les verriers ont Dûutame da recuire leurs Verres, e'est4*dire da les remettre dans le feu après les avoir Mts, al puis da les an retirer par degréa» afin qu'ils ne deviennent pas froids trop promptemant. It lors«qu'un Verre froid est exposé au fen, en sorte qa'll s'édianira beaucoup plus d'un noté que d'antre^ oela le fait rompre, à cause que la ofaaleu^ dilata ses porsa, et que les uns ne peuvent être nétabiemantplHsdilatésqualea antres sans que ses pariiaa sa séparent. Mais si on chauffa un verre égalai ment de tous côtés, an telle sorte qu'un même degré de ehaleur parvienne en même temps à toutes ses partiea. Il ne cassera peint , à aauM que toua ses poraa s'élargiront également.

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