‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 212 sur 306 · Le déoombremeDt de toutes les propriétés de raimant · texte numérisé non relu

Le déoombremeDt de toutes les propriétés de raimant

Et toutes ces choses suivent si clairement des principes qui ont été ci-dessus exposés que je ne laisserols pas de juger qu'elles sont telles que je tiens de dire quand bien je n'aurois aucun égard aux propriétés qui en peuvent être déduites; mais f espère maintenant faire voir que toutes celles de ces propriétés que les plus curieuses expériences des admirateurs de l'aimant ont pu découvrir Jusques à présent peuvent si facilement être expliquées par leur moyen que cela seul suffiroit pour persuader qu'elles sont vraies, encore qu'elles n'eussent point été déduites des premiers principes de la nature. Et afin qu'on remarque mieux quelles sont toutes ces propriétés, je les réduirai id à certains articles, qui sont :

1. Qu'il y a deux pAles en chaque aimant, l'un desquels, en quelque lieu de la terre que ce soit, tend toiyours à être tourné vers le septentrion, et l'autre vers le midi.

2. Que ces pèles de l'aimant tendent aussi à se pencher vers la terre, et ce diversement, à raison des divers lieux où il est transporté.

3. Que lorsque deux aimants de figure ronde sont proches, chacun d*eux se tourne et se pendie vers l'autre, en même façon qu'un seul se tourne et penche vers la terre.

4. Que lorsqu'ils sont ainsi tournés l'un vers Tautre, ils s'approchent jusques à ce qu'ils se touchent.

5. Que s'ils sont retenus par contrainte en une situation contraire à celle-là, ils se fuient et se reenlent l'un de l'autre.

6. Que si un aimant est divisé en deux pièces suivant la ligne qui joint ses deux pAles, les parties de chacune de ces pièces tendent à s'éloigner de celles de l'autre pièce dont elles étoient les plus proches avant la division.

7. Que s'il est divisé en un autre sens, en sorie que le plan de la division coupe à angles droits la ligne qui joint ses pôles, les deux points de cette ligne ainsi coupée, qui se touchoient auparavant, et dont l'un est en l'une des pièces de l'aimant et l'autre en l'autre, y sont deux pôles de vertu contraire, en sorte que l'un tend à se tourner vers le nord et l'autre vers le sud.

8. Que bien qu'il n'y ait que deux pôles en chaque aimant, l'un boréal et l'autre austral, il ne laisse pas d'y en avoir aussi deux en chacune de ses parties lorsqu'elle est seule, et ainsi que h vertu de chaque partie est semblable i celle qui est dans le tout.

9. Que le fer peut recevoir cette vertu de l'aimant lorsqu'il en est touché ou seulement approché.

10. Que selon le côté qu'on le tourne en l'approchant de l'aimant, il reçoit diversement cette vertu.

1 1 . Que néanmoins, de quelque façon qu'on en approche un morceau de fer, qui est beaucoup plus long que large, il la reçoit toujours suivant sa longueur.

12. Que l'aimant ne perd rien de cette verta, encore qu'il la communique au fer.

13. Qu'il la lui communique en fort peu de temps; mais que si le fer demeure fort longtemps en une même situation contre l'aimant, elle s'y fortifie et s'y affermit davantage.

14. Que le plus dur acier reçoit une vertu plus forte, et retient celle qu'il a reçue beaucoup mieux que le fer commun.

15. Qu'il en reçoit davantage d'une bonne pierre que d'une moins bonne.

16. Que toute la terre est un aimant, et qn'eUe communique aussi au fer quelque peu de sa vertu.

17. Que, bien que la terre soit grande, cette vertu ne paroît pas en elle si forte qu'en la plupart des pierres d'aimant, qui sont incomparablement plus petites.

18. Que les aiguilles touchées de l'aimant tournent leurs bouts l'un vers le nord, Tautre vers le sud, ainsi que l'aimant tourne ses pôles.

19. Mais que ni les pôles de ces aiguilles, nj ceux des pierres d'aimant, ne se tournent pas si justement vers les pôles de la terre qu'ils ne s en écartent souvent quelque peu, et ce plus ou moins, selon les divers lieux où elles sont.

20. Et que cela peut aussi changer avec le temps, en sorte qu'il y a maintenant des lieux on cette déclinaison de l'aimant est moindre quelle n'a été au siècle passé, et d'autres où elle est plus grande.

21. Que cette dêdînaison est nulle, ainsi que quelques-uns disent, ou peut-être qu'elle nés

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