‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 224 sur 306 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

A M. DBSCAUTBS.

Monsieur,

n y a si longtemps que vous m'avez fUt attendre votre Traité des passions que je commeDoei ne le plus espérer, et à m'imaginer que voas ne me l'aviez promis que pour m'empêcher de publier la lettre que je vous avois ci-devant écrite. Car j'ai sujet de croire que vous seriez fiché qtt*on vous état l'excuse que vous prenez pour oe point achever votre physique , et mon dessein étoit de vous l'êter par cette lettre , d'autant que les raisons que j'y avois déduites sont telles qu'elles ne me semblent pas qu'elles puissent être lues d'aucune personne qui ait tant soit peu l'honneur et la vertu en recommandation qu'elles ne l'incitent à désirer comme moi que vous obteniez du public ce qui est requis pour les expériences que tous dites vous être nécessaires ; et j'espérois qu'elle tomberoit aisément entre les mains de quelquesuns qui auroient le pouvoir de rendre ce désir efficace, soit à cause qu'ils ont de l'acoés aupris de ceux qui disposent des biens du public, soit à cause qu'ils en disposent eux-mêmes. Ainsi je me promettois de faire en sorte que vous auriez malgré vous de l'exercice ; car je sais que vous rfet tant de cœur que vous ne voudriez pas manquer de rendre avec usure ce qui vous seroit donné en cette façon, et que cela vous feroit entièrement quitter la négligence dont je ne puis à présent m'abstenir de vous accuser, bien que je sois, etc»

LeMjaUletie49.

RÉPONSE DE M. DESCARTES

RifPONSE

A L4 SECONDE LBTTBB.

Monsieur,

Je sois fort innocent de Tartiflce dont tous tookl croire que j'ai usé pour empêcher que la grande lettre que tous m*aYi#z écrite l*an passé ne soit publiée. Je n*ai eu aucun l)esoin d'en user ; car outre que je ne crois nuilement qu'eUe pût produire l'effet que vous prétendez, je ne suis pas si endin à roiâyeté que la crainte du travail auquel je serois obligé pour examiner plusieurs expériences» si j'avois reçu du public la commodité de les faire, puisse prévaloir au désir que j'ai de m'instraire et de mettre par écrit quelque diose qui aoic utile aux autres hommes. Je ne puis pas

si bien m'excuser de la négligence dont vous me blâmez, car j'avoue que j'ai été plus longtemps à revoir ce petit Traité que je n'avois été ci-devant à le composer, et que néanmoins je n'y al ajouté que peu de choses, et n'ai rien ajouté au discours , lequel est si simple et si bref qu'il fera connohre que mon dessein n'a pas été d'expliquer les passions en orateur ni mé/he en philosophe moral , mais seulement en physicien. Ainsi je prévois que ce Traité n'aura pas meilleure fortune que mes autres écrits ; et bien que son titre convie peut-être davantage de personnes i le lire, il n'y aura néanmoins que ceux qui prendront la peine de l'examiner avec soin auxquels il puisse satisfikire. Tel qu'il est, je le mets entre vos mains, etc.

viSiQOiit,lef4ao(ktlS».!

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