ARTICLE XXIX
Etplicatiod de son antre parttc.
J'ajoute qu'elles se rapportent parUct^lè^einèfri à rame, pour les distinguer des atttf es senthnentt qu'on rapporte, les uns aux objets eitérieurs» comme les odeurs, les sons, les couleurs; !el autres k notre corps, comme la faim, la soff, Ift douleur. J'ajoute aussi qu'elles sont causées, eH^ treteaues et fortifiées par quelque mouvement âek esprits, afti de les distinguer de nos volontés, qu'on peut sommer des émotions dé l'ftme qui M rapportent à elle, mais qui sont causées par èRe- Mème, et aussi ain d'expliquer leur dernière et plus prochaine causa qui les cHstingvé ^eèbèl des autres sentiments.
•0*Éi.iit*."«'^v
LES PASSIONS DE L'AME
AETICLB XXX.
Qœ rime ert unie à toates les parties da corps codJoIdtement
Mais pour enteudre plus parfaitement toutes ces choses, il est besoin de savoir que rame est yéritablement jointe à tout le corps, et qu'on ne peut pas proprement dire qu^elle soit en quelqu'une de ses parties à l'exclusion des autres, à cause qu'il est un et en quelque feçon indivisible, à raison de la disposition de ses organes qui •e rapportent tellement tous l'un à l'autre que, lorsque quelqu'un d'eux est Até, cela rend tout k corps défectueux ; et à cause qu'elle est d'une nature qui n'a aucun rapport à retendue, ni aux dimensions, ou autres propriétés de la matière dont le corps est composé, mais seulement à tout Fassemblage de ses organes , comme il paroît de ce qu'on ne sauroit aucunement concevoir ia moitié ou le tiers d'une ftme ni quelle étendue elle occupe, et qu'elle ne devient point plus petite de ce qu'on retranche quelque partie du corps, mais qu'elle s'en sépare entièrement lorsqu'on dissout l'assemblage de ses organes.
ARTICLE ZXXI.
Qoly a luiepeUte tfimde dans le cenreaa en laquelle réme tteroe ses foncUoi» pU» particulièrement que dans les aiitras parties.
n est besoin aussi de savoir que, bien que rime soit Jointe à tout le corps, il y a néanmoins en lui quelque partie en laquelle elle exerce ses fonctions plus particulièrement qu'en toutes les entres ; et on croit communément que cette partie est le cerveau, ou peut-être le cœur : le cer- Teau» à cause que c'est à lui que se rapportent les organes des sens ; et le cœur, à cause que c'est comme en lui qu'on sent les passions. Mais en examinant la chose avec soin, il me semble avoir évidemment reconnu que la partie du corps en laquelle l'&me exerce Immédiatement ses fonctioos n'est nullement le cœur, ni aussi tout le cerveau, mais seulement la plus intérieure de ses parties, qui est une certaine glande fort petite , située dans le milieu de sa substance, et tellement suspendue au-dessus du conduit par lequel les (Bsprits de ses cavités antérieures ont communication avec ceux de la postérieure que les moindres mouvements qui sont en elle peuvent beaucoup pour changer le cours de ces esprits, et réciproquement que les moindres changements qui arrivent au cours des esprits peuvent beaucoup pour dumger les mouvements de cette glande.
ABTICLB XXXn.
Comment on conndt que cette glande est le principal ilége del'àme.
La raison qui me persuade que Tâme ne peat avoir en tout le corps aucun autre lieu que cette glande où elle exerce immédiatement ses fonctions est que je considère que les autres parties de notre cerveau sont toutes doubles, comiDe aussi nous avons deux yeux, deux mains, deui oreilles, et enfin tous les organes de nos sens extérieurs sont doubles; et que, d'autant que nous n'avons qu'une seule et simple pensée d'une même chose en même temps, il faut nécessairement qu'il y ait quelque lieu oà les deux images qui viennent par les deux yeux, où les deux autres impressions qui viennent d'un seul objet par les doubles organes des autres sens, se puissent assembler en une avant qu'elles parviennent i l'âme, afin qu'elles ne lui représentent pas deux objets au lieu d'un ; et on peut aisément concevoir que ces Images ou autres impressions se réunissent en cette glande par l'entremise des esprits qui remplissent les cavités du cerveau; mais il n'y a aucun autre endroit dans le corps où elles puissent ainsi être unies, sinon ensuite de ce qu'elles le sont en cette glande.