‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 238 sur 306 · ARTICLE LVI · texte numérisé non relu

ARTICLE LVI

et II

Or toutes Iqs p^oni précédentes pewventftc^

excitées en nom aans «ne q^qs apuwvtaia «n aucune façon ai l'oiùet qui les qame IM boa o« mauvais. Mais lorsqu'une chose nous est priseQ" tée comme bonne à notre égard, e'est-è-difs cofume noua étant mivenabie, t»la uous b\\ i? oif nour elle de l'amour s ^ lqrsqu*eUe neui «( it* présentée comme mauvaise pu nuisibie» esia wm esciteiîlabaine,

LedMr.

Pe la même considération du bien et dd oui naissent toutes les autres passions ; mais afla dd les mettre par ordre» je distingue les tempa, et considérant qu'elles nous portent bien plus ir^ garder Tavenir que le présent ou le passé, j« commence par le désir. Car non-seulement Ionqu'on désire acquérir un bien qu'on n'a psuimcore» ou bien éviter un mal qu'on juge pouvoir arriver» mais aussi lorsqu'on ne souhaite quels conservation d'un bien ou l'absence d'un mi% qui ^t tout ce è quoi se peut étendre eett9 p^ sion, il est ^vident qu'^9 r^^fde toijyours )'v

AancLB I.TI1I.

y$q^ersnoe« 1^ miate, la laiousiQ, la 4éwli4i st is f^

polr

Il suffit de penser que l'acquisition d'un bisa ou la fuite d'un mal est possible pour être incité i la désirejT, Mai$ quand on considère, outre cela, B*il y a beaucoup ou peu d'apparence qu'on obtienne ce qu'on désire, ce qui nous représente qu'il y en a beaucoup excite en nous l'espérsoeOi et ce qui nous représente qu'il y en a peu excite la crainte, dont la jalousie est une espèce. Lorsque l'espérance est ^xtrém^, elle change de nature et se nomme sécurité ou assurance, comme au contr-aire Teitrême crainte devient désespoir.

AanOLB hQL.

l4*irré80liiUoo, le coarage, la hardiesse; rémolati^, tfi lAcbeté et répeavanie.

Et Pftus pquv^na aimi espérer et craindre, en* oore que l'événement de ce que noua attendeas as dépende aucunement de nous ; mais quand il neus est représenté comme dépendant, 11 pmit y avoir de la difficulté en réleetion des moyens au eo Texéoution. Die la premièra vient L'irréselution, qui nous dispose à délibérer et prendre cooscii. À la dernière a'oppose le courage ou la bardiens, dont l'émulation est une mpiùb. Et la Ueheté eë «pntraire au eouragOt oamme la pour «r Vém* vanteàlibarfUevat

WotiDp P4I^XU^.

Le

Et sii ÇQ est détermioé i quelque aotUm r/M fi^rirréfiolMtioD tni 4tée, cela fait ptûtre )e renords de conscienœ, lequel ne r^iirde pas le tenpi à Tenir, comm^ iei w^m VfkMMÊêt B^le préa^nl ou le passé,

MTICLB ta.

tajotoetlatrbtease.

KtlaconpidiraliOB du bien priieBt radie op MUS de la joie» celle du mal de la Iriiteife, km* gQec'en on bl^Q pu im ma} qui neiia pi repiAt

ABTICIiB |J(I|.

La moquerie, remrle, b pitié.

Mail lenqnHl Booa eat repréaeoté oeBuoe ap* pineBanlà d*autres honunee, noaapoa?oM les en eiitlBer dignes ou indignée ; et ioreque noue kê en esUmons dignes, oda n*eiclte point en nous diantre passion qae la Joie, en tant que c'est pour nous quelque bien de voir que les dioses arrivent somme elles doivent. Il y a seulement cette difS- RDoe que la Joie qui vient du bien est sérieuse, IB lien que celle qui vient du mal est aeoompa*gsée de ris et de moquerie. Mais si nous les en istiaions indignes, le bl«i excite l'envie et le mal la pitié, qui sont des espieee de tristesse. Et H est i remarquer que les mêmes passions qui se rap^ psrtsBt aux biens ou aux maux présents peuvàat Mttfent aussi être rapportées à ceux qui sont I mlr,eB tant que l'opinion qu*on a qu'ils advlendioat iea représente comme présents.

4itllWi oiu*

La tatiiftKtIOD de sohnème et le repenUr.

Noms pouvons aussi considérer la cause du bien oa du mal, taQ^ présent que passé. Et le bien qui « été fait par nous-mêmes nous donne une satisbctiOQ intérieure, qui est la plus douce de toutes les passions ; au lieu que le mal eaclte le repentir, fil est la plas amère.

ABTICL8 UUT.

La hireiir et la recoiiDolaBaiie&

Hais le bien qui a été lait par d'autres est cause que nous avons poqr eux de la faveur, encore que cène soit point à nous qu'il ait été fait; et si c'est i nous, i )« tiv^r ttO«a jojgfKm U raH>Q*

QoisiaQco.

riodi|DatIon et la colère.

Tout de même le mal bit par d'autres, d etani point rapporté à nous, fait seulement que nous avons peur eux de riadigaatloa ; et lorsqu'il y est rapporté, il émeut aussi la colirè.

4inGU Lxyi*

LagkiifeetlalMate.

Dé plus, le bien qui est ou qui a été en nous, étant rapporté a TqplQloa que les autres en peu* vent avoir, excite en nous de là gloire, et le mai de la home.

Ainou uni.

|A dégoAt, la resrei et rall^^feais«

Bt quelquefois la durée du bien cause Tennui ou le dégoût, au lieu que celle du mal diminue la tristesse^ Enfin, du bien passé vient le regret, qui est une espèce de tristesse ; et du mal pa»é vient l'allégresse, qui est une espèce de Joie.

AJaTiCIA Lxnii.

pourquoi ce dénombrement des panions est dlOèrent de eeiol qol est oommao6meot reçu.

Yoilà Tordrfi qui me semble être le mailleuf pour dénombrer les passions, En quoi jt sais biep que je m'éloigne de l'opinion de tous ceux qui en ont ci-devant écrit, mais œ ntetpas sans grande raison. Car ils tirent leur dénombrement df» ce qu'ils distinguent en la partie sensltive de Pâme deux appétits, qu'ils nomment l'un concupiscîfrb, rautre iir^cif^ie. Et pouroe que Je ne oennoia en l'ime aucune diatinction de parties, ainsi que J'ai dit ci^dessua» cela ma semble ne signifier lutre ebose sinon qu'elle a deux facultés, l'une de dési-i rer, l'autre de se facber, et i cause qu'elie a en même laçon les bcultés d'admirer, d'aimer, d*e»« pérer» de crakidre, et ainsi de recevoir en soi chacune des autres pasalona, ou de faire les ao^ tiens auxquelles ces passions la poussent, je ne vols pas pourquoi ils ont voulu les rapporter toutei à la concupiscence ou à la colère. Outre que leur dénombrement neomnprend point toutes les principales passions, comme je crois que fait celui-d. Je parle seulement des principales, à cause qu'on eo poiirioit encore distinguef plusieurs autres plua particoUires, et leur nombre est Indéfini,

OuTil D*7 a que ds passIoBB primlUfea.*

Mav» le nfM^# 4e oelles qui soBt sUuflwl prit

LES PASSIONS DE L'ÂME

mitires n^esl pas fort grand. Car, en faisant une revoe sur tontes celles que j*al dénombrées, on peut aisément remarquer qu*ii n*y en a que six qui soient telles, à savoir : l'admiration, Tamour, la haine, le désir, la joie et la tristesse, et que toutes les autres sont composées de quelques-unes de ces six, ou bien en sont des espèces. C'est pourquoi, afin que leur multitude n'embarrasse point les lecteurs, je traiterai ici séparément des six primitives ; et par après je ferai voir en quelle façon toutes les autres en tirent leur origine.

AKTICLB LXX.

De radmlraUoD ; sa défiDttion et 8a came.

L'admiration est une subite surprise de Time qui fait qu'elle se porte à considérer avec attention les objets qui lui semblent rares et extraordinaires. Ainsi elle est causée premièrement par l'impression qu'on a dans le cerveau qui représente l'objet comme rare et par conséquent digne d'être fort considéré ; puis ensuite par le mouvement des esprits, qui sont disposés par cette impression à tendre avec grande force vers l'endroit du cerveau où elle est pour l'y fortifier et conserver ; comme aussi ils sont disposés par elle à passer de là dans les muscles qui servent à retenir les oi^anes des sens en la même situation qu'ils sont, afin qu'elle soit encore entretenue par eux, si c'est par eux qu'elle a été formée.

ARTICLE LZZI.

Qoll n'arrl^ sucnn changement oans le cœur ni dans le rang en celte pasaion.

Et cette passion a cela de particulier qu'on ne remarque point qu'elle soit accompagnée d'aucun diangement qui arrive dans le cœur et dans le sang, ainsi que les autres passions. Dont la raison est que, n'ayant pas le bien ni le mal pour objet, mais seulement la connoissaoce de la chose qu'on admire, elle n'a point de rapport avec le cœur et le sang, desquels dépend tout le bien du corps, mais seulement avec le cerveau, où sont les organes des sens qui servent à cette connoissance.

ARncU LXXII.

En qaol consiste b force de l'admiration.

Ce qui n'empêche pas qu'elle n'ait beaucoup de force, à cause de la surprise, c'est-à-dire de l'arrivement subit et inopiné de Timpression qui change le mouvement des esprits, laquelle surprise est propre et particulière à cette passion ; en sorte que lorsqu'elle se rencontre en d'autres, comme elle a coutume de se rencontrer presque

en toutes et de les augmenter, c'est que l'admiration est jointe avec ^les. Et la force dépeod de deux choses, à savoir de la nouveauté, et de ce que le mouvement qu'elle cause a dès son commencement toute sa force. Car il est certain qa*un tel mouvement a plus d'effet que ceux qui, étant foibles d'abord et ne croissant que peu i peu, peuvent aisément être détournés. Il est certain aussi que les objets des sens qui sont noaveaai touchent le cerveau en certaines parties aui« quelles il n'a point coutume d'être touché, et qae ces parties étant plus tendres ou moins fermei que celles qu'une agitation fréquente a endurcies, oda augmente l'effet des mouvements qu'ils y excitent. Ce qu'on ne trouvera pas incroyable, si oo considère que c'est une pareille raison qui fait que les pUntes de nos pieds étant accoutumées à ao attouchement assez rude par la pesanteur da corps qu'elles portent, nous ne sentons que fort peu cet attouchement quand nous marchons, au lieu qu'un autre beaucoup moindre et plus doux dont on les chatouille nous est presque iosupportabloi à cause qu'il ne nous est pas ordinaire.

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