ARTICLE LXXIII
ce qoe c'est qae rétonoement.
Et cette surprise a tant de pouvoir pour fitir» que les esprits qui sont dans les cavités du cerveau y prennent leurs cours vers le lien où est l'Impression de l'objet qu*on admire qu'elle les y pousse quelquefois tous , et fait qu'ils sout tellement occupés à conserver cette impressioo qu'il n'y en a aucuns qui passent delà dans les muscles, ni même qui se détournent en aucune fii(OQ des premières traces qu'ils ont suivies dans le cerveaa: ce qui fait que tout le corps demeure immobile comme une statue, et qu'on ne peut apercevoir de l'objet que la première face qui s'est présentée, ni par conséquent en acquérir une plus particulière connoissance. C'est cela qu'on appelle coni munément être! étonné ; et Tétonnement est un excès d'admiration qui ne peut jamais être qno mauvais.
ARTICLE UCXIT.
A quoi Bercent tontes les passions, et à quoi elles nobeot.
Or il est aisé à connoître, de ce qui a été dit cl dessus, que l'utilité de toutes les passions ne consiste qu'en ce qu'elles fortifient et font durer en l'âme des pensées, lesquelles 11 est bon qu'elle conserve , et qui pourroient facilement sans cela en être effacées. Comme aussi tout le mal qu'elles peuvent causer consiste en ce qu'elles fortifient et conservent ces pensées plus qu'il n'est besoin,
SEœNDE PARTIE.
oo bien qn'eDesen fortifient et oonaenrent d'autres aoxqadids il n*est pas boa de s'arrêter.
ARTICLB LXXT.
A quoi coosisle paiticaUèraneDt FadmlratiOD.
It on peut dire en particulier de Tadmiration qu'elle est utile en ce qu'elle fait que nous appre- D0D8 et retenons en notre mémoire les choses que iKN» avons auparavant ignorées ; car nous n'admirôDs que ce qui nous paroît rare et extraordinaire, et rien ne nous peut parottre tel que pource que noos l'avons ignoré, ou même aussi pource qoli est diffirent des choses que nous avons sues : or c'est cette différence qui fait qu'on le nomme eitraorcKnaire. Or encore qu'une chose qui nous éloit iDoonDue se présente de nouveau à notre entendenent ou A nos sens, nous ne la retenons point pour cela en notre mémoire, si ce n'est que ïldée que nous en avons soit fortifiée en notre œrveao par quelque passion, ou bien aussi par Tapplication de notre entendement, que notre volonté détermine i une attention et réflexion partiealjère. Et les autres passions peuvent servir poor fidre qu'on remarque les choses qui parois- •ent bonnes oa mauvaises ; mais nous n'avons que l'admiration pour celles qui paroissent seulement nns. Aussi voyons-nous que ceux qui'n'ont aucooe inclination naturelle à cette passion sont ordinairement fort ignorants.
ARTICLE IXXYI.
liqniclle peut mdre, et comment on peat inppléer à son débnt et corriger aon excès.
Mais il arrive bien plus souvent qu'on admire trop, et qu'on s'étonne en apercevant des choses qui ne méritent que peu ou point d'être considéra, que non pas qu'on admire trop peu. Et cela peot entièrement Ater ou pervertir l'usage de la raison. Cest pourquoi, encore qu'il soit bon d'être ne avec quelque inclination à cette passion, pourtt que cela nous dispose à racquisition des sciences, nous devons toutefois tâcher par après de nous en délivrer le plus qu'il est possible. Car il est aisé de suppléer à son défaut par une réflexion ^attention particulière, à laquelle notre volonté poQt toujours obliger notre entendement lorsque Bons jugeons que la chose qui se présente en vaut b peine ; mais il n'y a point d'autre remède pour l'empêcher d'admirer avec excès que d'acquérir la oonnoissance de plusieurs choses, et de s'exercer en la considération de toutes celles qui peu- Tent sembler les plus rares et les plus étranges.
ABTICI£ LXXyiI.
Que ce ne «ont ni les phis stupides m les pins haUes qol seot le plus poriés ^ radmiraUoii.
Au reste, encore qu'il n'y ait que ceux qui sont hébétés et stupides qui ne sont point portés de leur nature à l'admiration, ce n'est pas i dire que ceux qui ont le plus d*esprit y soient toujours le plus enclins : mais ce sont principalement ceux qui, bien qu'ils aient un sens commun assez bon» n'ont pas toutefois grande opinion de leur sufllsauce.
ABTICLB LXXYin.
Que son excès peat passer en habUude lorsque ron de le corriger.
Etbien que cette passion semble se diminuer par l'usage, a cause que, plus on rencontre de choses rares qu'on admire, plus on s'accoutume à cesser de les admirer, et à penser que toutes celles qui se peuvent présenter par après sont vulgaires, toutefois, lorsqu'elle est excessive et qu'elle fait qu'on arrête seulement son attention sur la première image des objets qui se sont présentés sans en acquérir d'autre oonnoissance, elle laisse après soi une habitude qui dispose l'âme à s'arrêter en même façon sur tous les autres objets qui se présent, pourvu qu'ils lui paroissent tant soit peu nouveaux. Et c'est ce qui fait durer la maladie de ceux qui sont aveuglément curieux, c'est-à-dire qui recherchent les raretés seulement pour les ad* mirer et non point pour les connoitre ; car ils deviennent peu à peu si admiratlfs que des choses de nulle importance ne sont pas moins capables de les arrêter que celles dont la recherche est plus utile.
AKTICU tXXIX.
Les déÛDitlODS de ramonr et de la baiœ.
L'amour est une émotion de l'ftme causée par le mouvement des esprits, qui l'incite à se joindre de volonté aux objets qui paroissent lui être convenables. Et la haine est une émotion causée par les esprits, qui incite l'ime à vouloir être séparée des objets qui se présentent à elle comme nuisibles. Je dis que ces émotions sont causées par les esprits, afin de distinguer l'amour et la haine, qui sont des passions et dépendent du corps, tant des jugements qui portent aussi l'ftme è se joindre de volonté avec les choses qu'elle estime bonnes et i se séparer de celles qu'elle estime mauvaises, que des émotions que ces seuls jugements excitent en l'ftme
été
LES PASSIONS DE L'AME
àMfwut uauu
ç$ fin c*«M qui MjolDdn oa cépartr d«Tolooté.f
Au reste, par le mot de yoioDté, je n'entends pas loi parler du désir, qui est une passion à gari et se rapporte & Tavehir, mais du consentement par lequel on se considère dis à présent comme joint ayec ce qu*on aime, en sorte qu'on imagine on tout duquel on pense être seulement une partie, et que la chose aimée en est une autre. Comme au contraire en la haine on se consîdire seul comme un tout entièrement séparé de la chose pour laquelle on a de Tayersion.
ARTICLE L3aaU.
De la disUnctloD qu*on a esvtmiM de faire entre Tamour dé coDcapIflcence et de btenveillance.
bi en distingue comitinnément dent sortes dV rboor, rubè desquelles est nommée amour dé bie&veihàûce, c'est-à-dire qui itidte à toulotr dû bien k ce qu'on aime ; Tautre est nommée amour de concupiscence, c*est-à-dire qiii thli désirer la chose qu*on aime. Mais il me semble que cette diâttncliôn regarde seulement les effets de TamoUr, et non point son essence; car sitSt qu*oti 6*é8t joint de volonté à quelque ooJet« de quelque nature qu'il soit, on a pour lui de la bienveillance, c'c8t4-dil*e on joint aussi à lui de volonté les choses qu*on croit lui être convenables ; ce qui est un des principaux effets de Tamouh Ct ai On juge que ce soit un bien de le posséder ou d*étre associé avec lui d'autre façon que de volonté, on le désire ; ce qui est aussi Tun des plus ordiùaires effets de r&imour.
AftTtCtt UÛdtlt»
Comment des passions fort différentes conviennent eo ce qu'elles participent de ramoor
n n'est pas besoin aussi de distinguer autant d'espèces d'amour qu'il y a de divers objets qu'on peut aimer; car, par exettple^ esoere ^«e les passiens qu'm ambitieux a pour la gloire, un «varieieu^pour l'argent, un ivrogne jvoui- le via, lin brutal pour uae femme qu'il vent violert un homme d'hoBneuf pour son ami ou pour «a maltresse, et un boa père pour ses eniants, soient bien diffireates entre elles « toutefois, en œ qu'elles pi^tîtipeat de l'anpijr, elles sont semblables. Mais lêp ^atre premiers n'ont de l'amoar que poBk^ la possession des objets auxquels M rapporte leur passion, et n'en ont point pour les ol^flts o^es, pour lesquels ils ont seulement du désir, mêlé avec d'autres passions particailères. Au lieu que l'amour qu'un bon père t ihmu*
4BS enfaqta est si por qif 'il ne désirs rian avoir d'eux , et ne veut point les posséder autramsat qu'il fait ni être joint i eux plus étroitement qu'il est déjà ; mais tes censidérant comme d'autres soi-même. Il recherche leur bien comme le sien propre oti même avec plus de soin, pouroe que se représentant que lui et eux lont an tout dont il n'est pas la meilleure partie. Il préOn souvent leurs Intérêts aux siens et ne craint pai de se perdre pour les sauver. L'affection que iei gens d'honneur ont pour leurs amis est de caU^ nature, bien qu'elle soit rarement si parfaite; et celle qu'ils ont pour leur maîtresse en participe beaucoup, mais elle participe aussi an pei (b l'antre.
as II
iotTtctB txdcm.
4«MaBlaiidi|M iadévottaa.
On peut, ce ine semble, avec meilleure ralsoD distinguer l'amour par Pestime qu'on fait de ce qu'on aime, i comparaison de soi-même; car iorsqii'on estime l'objet de son amour moins que sol, oh n*a pour lui qu'une simple aiTection; lorsqu'on l'estime à l'égal de soi, cela se nomme amitié; et lorsqu'on l'estime davantage, ta passion qd^oh a peut être noihmée dévotion. Ainsi oo peut ftvOir de TàffectiOn pour une Éeur, pour an oiseau, pour uu chetal ; mats, à moins que d'aToir l'esprit fort déréglé, on ne peut avoir de famitij que pour des hommes. Et ils sont tellement l'objet de cette passion qu'il n'y a point d'homme si impar< qu'on ne puisse avoir pour bâ aaeaMitié très parfaite lorsqu'on eu est aimé et qu'on a rime véritablement noble et généreuse, 8ui?ant ce qui sera expliqué ci-après en l'article cuv et cLTi. Pour ce qui est de la dévotion , son principal objet est sans doute la souveraine l)ivini(j, à laquelle on ne sauroit manquer d'être dévot lorsqu'on la connoît comme il faut; mais on peut aussi avoir de la dévotion pour son prince, pour son psiys, pour sa ville, et même pour on homme particulier, lorsqu'on Festime beaucoup plus que soi. Or la différence qui est entre c^ trois sortes d'amour parott principalement par leurs effets; car d'alitant qu'en toutes on ^e considère comme joint et uni à la chose siiînéê, oh est toujours prît d'al)àndonner la moiddre t>artlé du tout qu'on Compose aveô ëltë podt cdnsèff er I^àiitre. Ce qui tiit qu'en là simple affection Ton se prélire toujours k ce qtfon aime , et qu'au èontfalre en la dévodoii Ton préfère tellement la chose aimée i soi-même qu^oh ne craint pas de mourir pour ta conserver. De quoi on a vu souveht des exemples en ceux qui se sont exposés i une mort œrlaine
Seconde tAîtïîÊ.
pôQr H ÂélIfiA de leur pt^riiôe ôU de hut ville, ei inltne &t>sè) Quelqoefoià pour des personnes particalièrfes kiiiqûelted Ib li*ëloieDt d^vou&.
Qa'fl n*7 a pts tant nspMI 4é haloe qoe (famonr.
Au reste, encore quê Ift Miflie «OU directement opposée à l'amour, on ne la distingue pas toutefois en autant d'esp^es, a cause qu*on ne remar* que pas tant la dilfêrence qdi est entre les maux desquels on est séparé de volonté qu'où fait celle qui eèt entre les biens auxquels on est joint.
HàTtCLtt LttXY.
!)• ragrémeot et de rborraw
Et JèHê tf<m?é qu'une seule dtstincttôn considérable qai Èùlï pareille en l'une et en Tautre; elle eonftfste en ee ^ue lëi objets tant de ramout* que de te haine petitent kû rëpreéèotés & Tâme par les senâ extériedrs , ou bfeû par les Intérieurs et par te propre raison ; car nous appeiotis tommunétneot bieti Ott Aâl bb ({Oe Û08 mi intéHèUrs ou notre raison nous fodt Jog^éir cdnVehabtô ou contraire & notre nature; mate boiis appelons beaa on laid ce tttit nons est ainsi représenté par nos sens eitérietirs^ pHnctpatement pat 6etul de lé vue, lequel seul est plut considéré que tous les antres ; d*oà nfiisdent dent espèces d'amour, à saleir celle qn'on a pour les choses bonnes et celle qu'on a pour les belles, à laquelle on peut donner le nom d^àgrément, aOd de ne la pas confondre avec l'antre, ni aussi avec le désir, auquel on attribue souvent le nom d*amout; et de là naissent en même façon deni espèces de haine, l'une desquelles se rapporte aux choses mauvaises, l'autre i celles qui sont laides ; et cette dernière peut être appelée horreur ou aversion, afin delà distinguer. Mais ce qu'il y a ici de plus remarquable, c'est qne ces f>asslons d'agrément et d'horreur ont coutame d*Mre plus violentes que le» autres espèces d'amour ea de haine, à causa que ce qui vient à rime par les sens la touche plus fort que ce qui lai est représenté par la raison , et que tontefbls elles ont ordinalreaient moins dé vérité ; en sorte qae de toates les passions os sent criles-d qnt trompent le plus et dont on doit le plus SDigneitsemeot se garder.
ARTICLE tXXXVI.
La déflniUoD du déiir.
U passion du désir est une agitatkm de l'Ime causée par les esprits qui la disposent i vouloir pour raveair les choses «a'elie se représente toa
convenables. Ainsi on ne aésire pas seulement te présence du bien absent , mais aussi la conservation du présent, et de plus l'absence du mat, tant de celui qu*on a déjS que de celui qu^on croit pouvoir recevoir au temps i venir.
Àaticte LxxxYif.
QiM cM luie |M68ioB qui B*a point 4s Matttim
le sais bien que communément dans l'école oti oppose la passion qui tend à la recherche du bieai laquelle seule on nomme désir, à celle qui tend ^ là fuite du mal , laquelle on nomme avérsIoQ. ^als d*àutant quil n^ a aucun bien dont la privatiou hè soit un mat , ht aucun mal considéré comme fine chose positive dont ta privation né soit un bien , et qu^en recherchant par exemple les richesses on fuit hécessairement la pauvreté , ed fuyant les maladies on recherche la santé, et ainsi des autres, il me semble que c'est toujours un même mouvement qui porte à la recherche da bien , et ensemble à la fuite du mal qui lui est contraire. J'y remarque seulement cette diffé-; rence , que le désir qu'on a lorsqu'on tend verp quelque bien est accompagné d'amour et ensuite d*espérance et de joie, au lieu que le même d^ sir, lot^qu'on tend à s'éloigner du mal contraire k ce bien , est accompagné de haine, de crainte et de tristesse; ce qui est cause qu^on le juge contraire k soi-même. Mais si on veut le Considérer lorsque se rapporte également en même temps k quelque bien pour le rechercher, et au mal opposé pour l'éviter, on peut voir très évidemment que ce n^est qu'une seule passion qui fttit l'un et Vautre.
Aattcts itxtttn.
QueUea sont aet divenet ci|itoa.
Il Y aurolt plus de raison de distinguer le dédf en autant de diverses espèces qu'il y a de dlvera objets qu*on recherche ; car, par exetfiple, là cnrlosité, qui n*est autre chose qu*un désir de connottre, diffère beaucoup do désir de gloire, et celul-d du désir de vengeance, et ainsi des antirs. Mais 11 suffit ici de savoir qu'il y en a autant que d'espèces d^amour ou de haine, et que les plus considérables et les plus forts sont ceux qui naissent de Tagrément et de l'horreur.
AuttcM iitma.
Quel esl le désir qui naît de rhorreur.
Or etidofe que ce ne soit qn'nn même désir qui letd à là recherche d'an bien et à la faite dti liai qallal est «Mtreire, alasl qttU à été dit, la
LES PASSIONS DE L'AME
désir qui naît de l'agrément ne laisse pas d'être ( fort différent de celui qui naît de l'iiorrear ; car cet agrément et cette Iiorreur, qui véritablement aont contraires, ne sont pas le bien et le mal qui servent d'objets à ces désirs, mais seulement deux émotions de Tâme qui la disposent à rechercher deux choses fort différentes. A savoir, Thorreur est Instituée de la nature pour représenter i Tâme une mort subite et inopinée, en sorte que bien que ce ne soit quelquefois que l'attouchement d*un vermisseau, ou le bruit d'une feuille tremblante, ou son ombre qui fait avoir de l'horreur, on sent d'abord autant d'émotion que si un péril de mort tris évident s'offrolt aux sens ; ce qui fait subitement naître Tagitatlon qui porte l'âme à employer toutes ses forces pour éviter un mal si présent, et c'est cette espèce de désir qu'on appelle communément la fuite et l'aversion.
ARTICLE xc.
: Quel est celui qui naît de ragrément.
Au contraire, l'agrément est particulièrement institué de la nature pour représenter la jouissance de ce qui agrée, comme le plus grand de tous les biens qui appartiennent à l'homme, ce qui fait qu'on désire très ardemment cette jouissance. Il est vrai qu'il y a diverses sortes d'agréments, et que les désirs qui en naissent ne sont pas tous également puissants ; car, par exemple, la beauté des fleurs nous incite seulement à les regarder, et celle des fruits à les manger. Mais le principal est celui qui vient des perfections qu'on Imagine en une personne qu'on pense pouvoir devenir un autre soi-même ; car avec la différence du sexe, que la nature a mise dans les hommes ainsi que dans les animaux sans raison, elle a mis aussi certaines impressions dans le cerveau qui font qu'en certain fige et en certain temps on se considère comme défectueux, et comme si on n'étoit que te moitié d'un tout, dont une personne de l'autre sexe doit être l'autre moitié; en sorte que l'acquisition de cette moitié est confusément représentée par la nature comme le plus grand de tous les biens imaginables. Et encore qu'on voie plusieurs personnes de cet autre sexe, on n'en souhaite pas pour cela plusieurs en même temps, d'autant que la nature ne fait point imaginer qu'on ait besoin de plus d'une moitié. Mais lorsqu'on remarque quelque chose en une qui agrée davantage que ce qu'on remarque au Blême temps dans les autres, cela détermine l'âme à sentir pour celle-là seule toute Tinclination que la nature lui donne à rechercher le bien qu'elle lui représente comme le plus grand qu'on puisse posséder ; et cette inclination ou ce désir qui naît
ainsi de l'agrément est appelé du nom d'amour, plus ordinairement que la passion d'amour qui a ci -dessus été décrite. Aussi a-t-il de plos étranges effets, et c'est lui qui sert de principale matière aux faiseurs de romans et aux poètes.