ARTICLE CXIII
Des actions des yeux et da Tisage.
Il n'y a aucune passion que quelque parficalière action des yeux ne déclare : et cela est si manifeste en quelques-unes que même les valets les plus stupides peuvent remarquer i l'œil de leurs maîtres s'il est lâché contre eux ou s'il ne l'est pas. Mais encore qu'on aperçoive aisément ces actions des yeux et qu'on sache ce qu'elles signifient, il n'est pas aisé pour cela de les décrire, à cause que chacune est composée de plusieurs changements qui arrivent au mouvement et en la figure de l'œil, lesquelles sont si particulières et si petites que diacune d'elles ne peut être aperçue séparément, bien que ce qui résulte de leur conjonction soit fort aisé à remarquer. On peut dire quasi le même des actions du visage qui accompagnent aussi les passions; car bien qu'elles soient plus grandes que celles des yeux, il est toutefois malaisé de les distinguer, et elles sont si peu différentes qu'il y a des hommes qui font presque la même mine lorsqu'ils pleurent que les autres lorsqu'ils rient. Il est vrai qu'il y en a quelques-unes qui sont assez remarquables, comme sont les rides du front en la colère, et certains mouvements du nez et des lèvres eo l'indignation et en la moquerie; mais elles oe semblent pas tant être naturelles que volontaires.
SECONDE PARTIE
4fi3
Et sfeéralaiDent toales les actions, tant du visage que des yeux, peuvent être changées i>ar rame lorsque, youlant cacher sa passion, elle en Imagine fortement une contraire : en sorte qu'on s'en peut aussi bien servir à dissimuler ses passons qu'à les déclarer.
ABTICLB CZIY.
On ne peut pas s! facilement s*empécher de rougir ou de pâlir lorsque quelque passion y dispose, pourœ que ces changements ne dépendent pas des nerfs et des muscles, ainsi que les précédents, et qu'ils viennent plus immédiatement du cœur, lequel on peut nommer la source des passions, en tant qu*il prépare le sang et les esprits à les produire. Or il est certain que la couleur du visage ne vient que du sang, lequel coulant continuellement du cœur par les artères en toutes les veines et de toutes le veines dans le cœur» colore plus ou moins le visage, selon qu*ll remplit plus ou moins les petites veines qui sont vers sa superfide.
ABTICLB CXY»
Comment U Joie fiUt rougir
Ainsi la joie rend la couleur plus vive et plus vermeille, pource qu*en ouvrant les écluses du cœur elle iàit que le sang coule plus vite en toutes les veines, et que, devenant plus chaud et plus subtil, il enfle médiocrement toutes les parties du visage, ce qui en rend l'air plus riant et plus gai.
ABTICLB CXYI.
Gomment la tristesse bit pflUr.
La tristesse, an contraire, en étrédssant les orifioM da cœur, fait que le sang coule plus lentement dans les veines, et que, devenant plus froid et plus épais, il a besoin d'y occuper moins de place, en sorte que se retirant dans les plus lari^, qui sont les pins proches du cœur, il quitte les plus éloignées, dont les plus apparentes étant celles du visage, cela le fait paroitre pâle et dédiarné, principalement lorsque la tristesse est grande ou qu'elle survient promptement, comme on voit en l'épouvante, dont la surprise augmente Taction qoi serre le cœur
ABTICLB cxyii.
Comment on rougit sourent étant trMe.
Mais il arrive souvent qu*on ne pâlit point étant triste, et qu'au contraire on devient rouge,
ce qui doit être attribué aux autres passions qui se joignent à la tristesse, à savoir, ou au désir et quelquefois aussi à la haine. Ces passions échauffant ou agitant le sang qui vient du foie, des in* testins et des autres parties intérieures, le poussent vers le cœur et de là par la grande artère vers les veines du visage , sans que la tristesse qui serre de part et d'autre les orifices do cœur le puisse empêcher, excepté lorsqu'elle est fort excessive. Mais encore qu'elle ne soit que médiocre, elle empêche aisément que le sang ainsi venu dans les veines du visage ne descende vers le cœur pendant que l'amour, le désir ou la haine y en poussent d'autres des parties intérlenres ; c'est pourquoi ce sang étant arrêté autour de la face, il la rend rouge, et même plus rouge que pendant la joie, à cause que la couleur du sang paroit d'autant mieux qu'il coule moins vite, et aussi i cause qu'il s'en peut ainsi assembler davantage dans les veines de la face que lorsque les orifices du cœur sont plus ouverts. Ceci paroit principalement en la honte, laquelle est composée de l'amour de soi-même et d'un désir pressant d'éviter l'infamie présente, ce qui fait venir le sang des parties intérieures vers le cœur, puis de là par les artères vers la face, et avec cela d'une médiocre tristesse qui empêche ce sang de retourner vers le cœur.* Le même paroit aussi ordinairement lorsqu'on pleure : car, comme je dirai ci-après, c'est l'amour jointe à la tristesse qui cause la plupart des larmes ; et le même paroit en la colère, où souvent un prompt désir de vengeance est mêlé avec l'amour, la haine et la tristesse.
ABTICLB CXYIII.
Des tremblements.
Les tremblements ont deux diverses causes : l'une est qu'il vient quelquefois trop peu d'esprits du cerveau dans les nerfs, et l'autre qull y en vient quelquefois trop pour pouvoir fermer bien justement les petits passages des musdes qui, suivant ce qui a été dit en l'articiezi, doivent être fermés pour déterminer les mouvements des membres. La première cause paroit en la tristesse et en la peur, comme aussi lorsqu'on tremble de froid ; car ces passions peuvent aussi bien que la froideur de l'air tellement épaissir le sang qu'il ne fournisse pas assez d'esprits au cer* veau pour en envoyer dans les nerfs. L'autre cause paroit souvent en ceux qui désirent ardemment quelque chose, et en ceux qui sont fort émus de colère, comme aussi en ceux qui sont Ivres : car ces deux passions, aussi bien que le vin, font aller quelquefois tant d'esprits dans I«
LES t*ÂSS!0N4 DE L'ÂME.
certèan iiti% ne penrent pas être rflgléfiMiftf cofldultÉ de là dans les muscles.
JBTieiM GXIZ4
> ne la laogueiir.
Lé langiieur est une disposition & le relftdier et U¥é §aÉ» tfloûTeoient, qui est sentie en tous les mèîAbréS; elle Tient, ainsi que le tremblement, d0 eë qu'il ne va pas assee d'esprits dabs lés nerfis^ mais d'une façon différente : car la cause da trem^lenfent est qu'il n'y en a pas assez dans lé e^iéAû poUf* obéir ant déeerminëtlons de là glatide lorsqu'elle les pousse rers quelque muscle, an lieti qite la langueur tient de ce que la glande nts IH déterfnine point i aller ters aucuns muscM finm 40» iéi^ d'antréii.
ântiGLB aoL
ComôwDt éDe e»! causée par ramoar et par le désir.
tt la t)dssion qui cause le plus ordinairement cet effet est Tamour, jointe au désir d'une chose dont l'acquisitioâ n'est pas imaginée comtne possible pour le temps présent ; car l'amottr occupe tellement l'âme à considérer l'objet aimé qu*elle emplote t(^s Irï espi-its qdl Sont dans te t^rteau à Itii en représenter l'image, et arrête tous les dèuremënts de la glande qui ne servent point à Géi eflbt. Et il faut remarqu6^ touchant le déslt* q(jte M propriété que je lui ai attribuée de rendre le corps plus mobile ne lui convient que ibrsqtl'ôn Imagine l'objet désiré être tel qu'dil peut dès ce temps-là faire quelque chose qui serve à l'acquérir ; car si au contraire on imagine qu'il est impossible pour lors de rien faire qui y soit utile, toute l'agitation du désir demeure dans le cerveau, sans passer aucunement dans les nerfs, et étant entièrement employée à y fortifier l'idée de l'objet désirfi, elle laisse le reste du corps languissant.
âBTicui cacxi.
Qu*diê peut aussi étxe causée par d'autres passions.
Il est vrai que la haine, la tristesse, et même la joie, jpeuvent causer aussi quelque langueur lorsqu'elles sont fott violentes , à cause qu'elles occupent entièrement l'âme à considérer leur objet, priticipalement lorsque le désir d*une chose à raçquisition de laquelle on ne peut rien contribuer au temps présent est joint avec elle. Mais pource (ju'on s'arrête bien plus à considérer les objets qu'on joint à soi de volonté que ceux qu'on en sépare et qu'aucuns autres, et que la langueur Vé tSpBÛA point d'tine surprise, mais a besoin dô
qtfëqiié iJêiHpê poKrt être ÈfHhté, «M il M- Cdnt^ bien plus eri ramotif ^"en Mttt ta autres passions.
àmOM CMMIU
ne la pâmoison.
La pâmoison n'est pas fort éloignée de la mort, car on meurt lorsque le feu qui est Aans le cœur s'éteint tout-àfait, et on tombe seulement en pâmoison lorsqu'il est étouffS en téilè sorte qu'il demeure encore quelques restes de chaleur qui peuteiit par après le fàlluirief . Or tî f d Musieott îddisposîtîbns du èorps ^dt peuvent fifre (pi'dti tombé ainsi en dérélllaueè ; mais ëîitPè le* pà&îoD< il n'y à que l'extrême jolô qci*^^ feihafqtfe en atoir le poiivoif : et là ftçôn dont je ét<Ai 4*^*âtt cause cet effet, est qu'ouvrant éxtraôrdthâirëmeût les orifices du cœur, lé sang des telnés y èntro si à coup et en si grande quantité qu'il n'y peut être raréfié par là chaleur assez promptement pour lever les petites peaux qui fermeût les entrées de ces veines, au moyen de quoi il étouffe le feu, lequel il a coutume d'entretenir Idrâqn*]! n'entre dans le cœur que par nesure.
ARTICLE ÈXXIII.
Ponrqooi od ne pâme point de tristeiie.
Il seriibte qu'une grande tHstessé qui survleot inopinément doit tellemefat serrer lès orifices du cœur qu'elle en peut aussi éteindre le feu , mais néanmoins OU n'obserf e point que céld afrlrô* ou, s'il arrive, c'est très rarement; dont jôcroli que la raison est qu'il ne peut guère y avoir si peu de sang dans le cœur qu'il ne suffise pour entretenir la chaleur lorsque ses orifices soot presque ftitaib.
ÂBTICX^ àUUT.
bllHs.
Le ris consiste en ce que le sang qui vieetds la cavité droite du cosuf par la veine artérieose, enflant les poumons subitement et à divertei r^ prises, ftdt que l'àlf qu'ils eoBtlenuMit est«)Dtraint d'en sortir avec Impétuosité par le lifl^ où 11 forme une voit luartietolée el éclatante, si tant les poumons en s'eiflant que eet air ^ ^^' tant, poussent tous les muscles du diapbra^oi^; de la poitrine et de la gorg« , au moyen de quoi ils font mouvoir ceux du visage qui ont quelque connexion avec eux; et ce n'est que cette action du visage, avec cette voit inarticulée et éclaïaut^^ \ qu'on nomme le ris.
SECONDE fAHTlË.
4âft
âtttéLk ctïf.
I o*aooûiDpagDe point les plus grandes Joiei.
Or, eoçore qui! mmhU que le rh ^It w flei prlpcipaux tàfiM iù la Jolei elle w peui toutefois la causer que lorsqu'elle est seulement ipôdiocre el qa*il y a quelque admiration ou quelque haine mAlîe avec elle : ear on trouve par expérience que Umqu'eu eel extraordioaireiDeut joyeuxi ja* mais le aujet de cette joie ne fait qu'en ^late de rire» #t mtme on ne peut pas si aisément y (tre invita par quelque autre cause que lorsqu'on est trlsfe ; dont la raisou esl que dans les grandes joies le poumon est toujours si plein de sang qu'il M peut 4tre davantage enflé pai reprisée.
annem enyi.
ObëttBI Bôîtt séi (MWqteiei (AvM.
Et Je ne pois remarquer que deux causes qui bssent ainsi enfler saUtamenl la poumon. La première est la surprise de l'admiration, laquelle» étant Jointe & la joie, peut onyrir s! promptement les orifleea du mur qu'une grande abondance de sang, entrant tout à coup en son cAté droit par la veine cave, l'y raréQei et pamnt de là par la veioe artérieusei enfle le poumon. L'autre est le milenfi de quelque liqueur qui augmente la laréûiclioa du saug, et je n'en trouve point de propre i cela que la plua coulante partie de celui qui vient 4e la rate, laquelle partie du sang étant pouaaée vers le eosur par quelque légère émollou de baioe, aidée par la surprise de Tadmiratiou et sV mêlant avec le sauf qui vient des autres eudroita du corps» lequel la jele y (ait entrer en aboDdaiioe, peut faire que ce eang s'y dilate beaueoBp pinc que l'ordinaire i en même iaçon qu'en Yolt quantité d'autres liqueurs s*enfler tout k coup étant sar le feu lorsqu'on jette on peu de vinaigre dans le Taisseau (sb eîlêé MA; car la plus coulante perlie du sang qui vient de la rate eat de nature semblable au vinaigre. L'expérience aussi nous fait voir qu^eb toutes lee fencontres qui peuvent produire eé t\i éclatèrit qui viétit du poomoii , n y a tdt^ôtrfif 4ueîqu0 petit sujet de baine, ou âH moîûs d'âdintrattôh. Et Cèttt dont la rate n*est pas bien saine sont sujets ft être nonseulemetit plus tristes, mais aussi, par Intervallée, pitis çKlâ et plus disposés à tire que lès autrël, d'Aufènt que Ta f ûte etivbie deux sortes de sang vers le cœur, l'Un fbrt épais et grossier qui cause ta tristesse, Fautre fort fluide et subtil qui cause la Joie. Et souvent après avoir beaucoup il on eé letit natureliemeât enclin à la tristesse, pourcè qdé la pitié fluide partie du sang de la
nttë «tant éptiléée, ntutre, plus grossière, la cnfl vers le cœur.
ÛUéDa Alt lA fttnM An nii4lanBtiAB.[
Pour le ris qui accompagne quelquefois rindi* gnatiOD^ il est ordinairement artificiel et feint} mais lorsqu'il est naturel, il semble venir de la joie qu'où a de oe qu*ou voit ne pouvoir être oiffensé par le mal dont on est indigné» et, avec celai de ce qu'on se trouve surpris par la nouveauté ou par la reocontre inopinée de ce mal ; de façon que la joie, la balne et ^admiration y contribuent. Toutefois je veux croire qu'il peut aussi être produit, sans aucune joiei par le seul mouvement de l'aversion qui envoie du aang de la rate vers le ùo^w, où 11 eat raréfié et poussé de la dans ie poumon, lequel il enflé fM^iiement loraqu'il le rencontre presque vide; et généralement tout oe qui peut enfler subKemept le poumon en celte façon cause l'action extérieure du ris , excepté lorsque la tristesse la cliangè en celle des gémissements et des cris qui accompagnent les larmes, A propos de quoi Vives ^ écrit de soi même que^ lorsqu'il avoit été longtemps sans màngeri les premiers morceaux qu'il mettoit en sa bqucbe l'obllgeoient 4 rire; ce qui pouvoit venir de ce que son poumon, vide de sang par foute de nourriture, etoit promptement enflé par le premier suc oui passoit de son estomac vers le cœur, et que la seule imagination de manger y pouvoit conduire, avant même que celui des viandes qu'il mangeoit y fût parvenu.
aancLs cxxtiii*
ne rorisine des larmes
Gemme le ris n'est jamais causé par les plue grandes joies, ainsi les larmes ne viennent point d'une extrême tristesse, mais seulement de celle qui est médiocre et accompagnée on suivie de quelque sentiment d'amour, en aussi de joie. Et pour bien entendre leur origine^ il faut remar^ quer que, bien qu'il sorte oantlDueliement qnan* tité de vapeurs de toutes les parties de netre corps, il n'y en a toutefois aucune dont il en aerte tant que des yeux , à cause de la grandeur dea narfi optiques et de la multitude des petites artères par on eHea y viennent ; et que comme la snenr n'est coaaposée que des vapeftrs qui, sortant éêê antres parties, ae convertiseent en ean anr leur super*
(1) ViTés est un des aoteurs de ta réaction contre Aristole e( la ftcolastiquei S edt ponf MAb Erasme et Badé. Parmi
de Saint-AusasUn. HéS VSleiioeen IM, Il moonit S inii*» en 1540.
LES PASSIONS DE L*ÀME
ilcie, ainsi les larmes se foot des vapeurs oui sortent des yeux.
AinCLB GXZIX*
ne la toçon que les tapeurs se cbansent ea eau.
Or comme J'ai écrit dans les Météores, en expliquant en quelle façon les vapeurs de l'air se cooTertissent en pluie, que cela vient de ce qu'elles sont moins agitées ou plus abondantes qu'à l'ordinaire, ainsi je crois que lorsque celles qui sortent du corps sont beaucoup moins agitées que de coutume, encore qu'elles ne soient pas si abondantes, elles ne laissent pas de se convertir en eau, ce qui cause les sueurs froides qui viennent quelquefois de foiblesse quand on est malade ; et je crois que lorsqu'elles sont beaucoup plus abondantes, pourvu qu'elles ne soient pas avec cela plus agitées, elles se convertissent aussi en eao, ee qui est cause de la sueur qui vient quand on fait quelque exercice. Mais alors les yeux ne siient point, pource que, pendant les exercices du corps, la plupart des esprits allant dans les muscles qui servent à le mouvoir, il en va moins par le nerf optique vers les yeux. Et oe n'est qu'une même matière qui compose le sang pendant qu'elle est dans les veines ou dans les artères ; et les esprits lorsqu*elle est dans le cerveau, dans les nerfs ou dans les muscles ; et les vapeurs lorsqu'elle en sort en forme d'air ; et enfin la sueur ou les larmes lorsqu'elle s'épaissit en eaux sur la superficie du corps ou des yeux.
ABTIGLB CXXX.
Commeot ce qui Cnlt de la douleur à Yaeû rexcite k pleurer.
Et je ne puis remarquer que deux causes qui fassent que les vapeurs qui sortent des yeux se changent en larmes. La première est quand la figure des pores par où elles passent est changée par quelque accident que ce puisse être ; car cela retardant le mouvement de ces vapeurs, et changeant leur ordre, peut faire qu'elles se convertissent en eau. Ainsi il ne faut qu'un fétu qui tombe dans l'œil pour en tirer quelques larmes, à cause qu'en y excitant de la douleur il change la disposition de ses pores ; en sorte que, quelquesuns devenant plus étroits, les petites parties des vapeurs y passent moins vite, et qu'au lieu qu'elles en sortoient auparavant également distantes les unes des autres et ainsi demeuroient séparées, elles viennent à se rencontrer, à cause que Tordre de ces pores est troublé, au moyen de quoi elles se joignent et ainsi se convertissent en larmes.
aanciiB cxm.
comment oo pleure de tristsMe.
L'autre cause est la tristesse, lûivle d*amoiir ou de joie, ou généralement de quelque cause qui fait que le cœur pousse beaucoup de sang par les artères. La tristesse y est requise, à cause qoe, refroidissant tout le sang, elle étrécit les pores des yeux ; mais pource qu'a mesure qu'elle les étrécit elle diminue aussi la quantité des vapeors auxquelles ils doivent donner passage, cela oe suffit pas pour produire des larmes, si la quantité de ces vapeurs n'est à même temps augmentée par quelque autre cause ; et 11 n'y a rien qui augmente davantage que le sang qui est envoyé vers le cœor en la passion de l'amour; aussi voyons-noos qoe ceux qui sont tristes ne jettent pas continuellement des larmes, mais seulement par intenalles, lorsqu'ils font quelque nouvelle réflexion sur ki objets qu'ils affectionnent.
ABTIGLB CXIXII.
Des gémiBsemeou qui accompagnent les larmes.
Et alors les poumons sont aussi quelquefob enflés tout à coup par l'abondance du sang qui entre dedans et qui en chasse l'air qu'ils contenoleot, lequel sortant par le sifflet engendre les gémissements et les cris qui ont coutume d'accompagner les larmes; et ces cris sont ordinairement plus aigus que ceux qui accompagnent le ris, bien qu'ils soient produits quasi en même façon; dont la raison est que les nerfs qui servent à élargir oo étrécir les organes de la voix, pour la rendre plos grosse ou plus aiguë, étant joints avec ceux qoi ouvrent les orifices du cœur pendant la joie et les étrécissent pendant la tristesse, ils font que ces organes s'élargissent ou s'étrécissent au même temps.