ARTICLE CXLI
Ptt déBir, (fa la Joie ei de la triMesse*
Pour le désir, il est évident que lorsqu'il procède d^une vraie connoissance il |ie peut être mauvais, pourvu qu'il ne soit point exl^f et que
gGCONCB PART».
le rkt}$i S 691 <lvidMit iwri fi0 kl joie 1» peot v«D4Mf 4*ttr« bonne ai \ê Hiiteise ttAr^ nauviiao «u regard de )*(«!«» pwto» «uft. p'Ml 00 la 4«rQiir# ^a aaoiiste mu riBMnuaadlié v» i'im re«aM du mal i a( e^ la fnmkn qn^ eonaîate toute la jouinaooia do blaa qà lui appartiant ; da fagon qaa si ooQs n'aYions paiot de oarpa, i*oaarola dira qua noua ne pour* fioDs Irap naua abandonner à Tanjonr ei i la joie^ ai trop éfilar la baina al la triateiaat niaia iaa noateaienla ixirporals qui lai acoompapient pali-* val tona étra naitiblafl i la santé lorsqu'ils sont iorlTiolenla» et an contraire lai être utiles lora* fi'iis ne sent qua modéréai
ABTICLB CXI4I*
seliliiB el de hUiMf, comt>âiM i^ là MteÉse et là
An reste, puisqua la balne et la tristesse doU Teot être rejeta par Vime, lors même qu'elles procèdent d'une Traie connoissanoe, elles doiren) l'être à plus forte raison lorsqu'elles viennent de quelque fausse opinion. Mais on peut douter si lameur et la joie sont boi^nes ou non lorsqu'elles not ainsi mal fondées \ et il semble que si on ne les considère pr^iaément que oe qu'elles sont en el* les-méfflest au regard de Tame, on peut dire que bien que la joie soit moins solide et l'amour moU» ivantageuse que lorsqu'elles ont un meilleur foo^ douent, elles ne laissent pas d'être préférables à latristesseetàlahaiBaaussI mal fondées ; en sorte que, dans les rencontres de la vie où nous ne pouvons éviter le baéard d'être trompés, nous bimos teujounbeaueoup mieux de peoober Vers les passions qui tondent au bien que vers celles (pi regardent le malf encore que ce ne s0il que pour réviters et même souvent une fausse jote nui mieux qu'une tristesse dont la came est vraie, Mais je n'ose pas dire de même de l'amour» au regard de la baine; car lorsque la baine est juste^ ^le ne noua éloigne que du siyet qui eontient te mat dont H eat bon d'être séparé, Itu lieu que l'a* Boar qui eat iojust^ nous joint i des ohosea qui peuvent nuire, ou du moins qui ne méritent pas d'être tent eonsidérées par nous Qu'elles aont, ôe «olaeus avilit et nous abaisse.
ABTICtE cxtiii.
in «itfns ^aàSléos, SB tSDl qa*éRte Si MppsHeM sa éMr.
Et il faut exaetemeot remarquer que ce que je Tiens de dire de ces quatre passions n'a lieu que lonqu'ellea feont considérées précisément en etks-mêmee et qu'elles ne nous portent à aucune «cUan; car m tent qu'alla» éditant #q nous te.
déair I par l'antreuriia diiqM aHaa rifelent lea mmura. il est Mrtain qua toutes eelles dont te causa est fausge peuvent nuira, et qu'au oontraira toutes Qsllas dent la eauiè est juste peuvent sar* yir« ai «sème qne^ lorsqu'elles sont également mal iondéesi la joteeai ordinairement plus nui* sible que la tristesse, pourœ que celle^i, donnant de bi retenue et de la crainte, dispose en quel^ que fiiçon à la prudence, au lieu que l'autre rend ineonaidéréi èl téavérairea ûeui oUi a'abandonneni & elle«
ABTICLÈ CXLIT,
Bas dedts dent rStéiNMiBeM ae dépetié que de ooas.
Mais pource que ces passions ne noua peuvent porter à aucune action que par l'eptremiae du désir qu'elles excitent, cW particulièrement ce désir que nous devons avoir soin de régler, et c'est en cela que consiste îa principale utilité de hi rao» rate : or, comme j'ai tantôt ditc|u'll est teqjoura bon lorsqtt*il suit une vraie oonooissanee, ainsi il ne peut manquer d'être mauvais lorsqu'il est fondé sur quelque erreur. Et il me semble que l'erreiir qu'on commet le plus ordinairement tomdianl Isa désirs est qu'on ne distingua pas aasas lea eiMUies qui dépendent entièrement de nous de eeiiaa qqi n'en dépendent point : car pour celles qui ae dî* pendent que de nous, c'est-à^-dire de notre libre arbitre, il suffit de savoir qu'elles sont bonnes our ne les pouvoir désirer avee trop d'ardeur,
cause que c'est suivre la vertu que de labre les cboses i)ODnes qui dépendent de nous, et il est certein qu'on ne saoroit avoir un désir trop ardent pour la vertu, outre que ce que bous désirons en cette façon ne pouvant manquer de nous réussir puisque c'est de noos aeute ^u'il dépend, nous en recevrons toujours toute la satisfaction que nous en avons attendue. Mais la faute qu'on a coutume de eofumaitr^ en ead n'est jamais qu'on désire tropi n'est aaulament qu'on désire trop peu ; el la lOttvemio reinAda oofttra asia est de se délivrer l'esprit autant qu'il ae peut de toutes sortes d'autres déairs moins utiles, puis de tftcber de oonnoltre bien olairément at da uonsidérer avee attention la bonté de ob qui est i désirer.
AUncU OUîT.
be ceux qui ne dépendent que des (luires chotea, et oe que c'est qae la Ibritme.
Pour les choses qui ne dépendent aueuuement de nous, tent bonnea qu'elles puissent être, on ne lea doit jamais désirer avec passion , non-seulement a cauae qu'ailes peuvent n'arriver pas, et par ce MDfWijUHia anigevd'aHtant.plua qua wMIs les
LES PASSIONS DE L*AME
MTODs plus wmhaltJM, mate principalement à cause qu'en occupant notre pensée elles nous détournent de porter notre affection i d'autres choses dont Tacquisition dépend de nous. Et il y a deux remèdes généraux contre ces vains désirs : le premier est la générosité, de laquelle je parlerai ci-après; le second est que nous doTons souvent faire réflexion sur la Providence divine, et nous représenter qu'il est impossible qu'aucune chose arrive d'autre façon qu'elle a été déterminée de toute éternité par cette Providence ; en sorte qu'elle est comme une fatalité ou une nécessité immuable qu'il faut opposer à la fortune, pour la détruire comme une diimère qui ne vient que de Terreur de notre entendement. Car nous ne pouvons désirer que ce que nous estimons en quelque façon être possible, et nous ne pouvons estimer possibles les choses qui ne dépendent point de nous qu'en tant que nous pensons qu'elles dépendent de la fortune, c'est-à-dire que nous jugeons qu'elles peuvent arriver, et qu'il en est arrivé autrefois de semblables. Or cette opinion n'est fondée que sur ce que nous ne connolssons pas toutes les choses qui contribuent à chaque effet ; car lorsqu'une chose que nous avons estimé dépendre do la fortune n'arrive pas, cela témoigne que quelqu'une des causes qui étoient nécessaires pour la produire a manqué, et par conséquent qu'elle étoit absolument impossible, et qu'il n'en est jamais arrivé de semblable, c'est-àdire à la production de laquelle une pareille cause ait aussi manqué, en sorte que si nous n'eussions point ignoré cela auparavant, nous ne l'eussions jamate estimée possible, ni par conséquent ne reussions désirée.
AincU GZLTI.
De ceux qd dépendeot de nous et d'anbnd.
Il faut donc entièrement rejeter l'opinion vulgaire qu'il y a hors de nous une fortune qui fait que les choses arrivent ou n'arrivent pas selon son plaisir, et savoir que tout est conduit par la Providence divine, dont le décret étemel est tellement infaillible et immuable qu'excepté les choses que ce même décret a voulu dépendre de notre libre arbitre, nous devons penser qu'à notre égard il n'arrive rien qui ne soit nécessaire et comme fatal, en sorte que nous ne pouvons sans erreur désirer qu'il arrive d'autre façon. Mais pource que la plupart de nos désirs s'étendent à des choses qui ne dépendent pas toutes de nous ni toutesd'autrui, nous devons exactement distinguer en elles ce qui ne dépend que de nous, afin de n'étendre notre désir qu'à cela seul; et pour k surplus, encore que nous en devions eetimer te
succès entièrement fatal et Immuabte, «Sd qo» notre désir ne s'y occupe point, nous ne deToni pas laisser de considérer les raisons qui le font plus ou moins espérer, afin qu'elles servent à ri< gler nos actions : car, par exempte, si nousaîoni affiiire en quelque lieu où nous puissions aller par deux divers chemins, l'un desquels ait cootnme d'être beaucoup plus sûr que l'autre, bien qoe peut-être le décret de la Providence soit tel que si nous allons par le chemin qu'on estime le pla sûr nous ne manquerons pas d'y être volés, et qu'au contraire nous pourrons passer par l'autre sans aucun danger, nous ne devons pas pour cela être indifférents à choisir l'un ou l'autre ni nous reposer sur la fatalité immuable de ce décret; mate la raison veut que nous choisissions le chemin qui a coutume d'être le plus sûr, et notre désir doit être accompli touchant cela lorsque nous l'avons suivi, quelque mal qui nous en soit arrivé, à cause que ce md ayant été à notre égard inévitable , nous n'avons eu aucun sujet de souhaiter d'en être exempts, mais seulement de faire tout le mieux que notre entendement a pu coanoître, ainsi que je suppose que nous avons fait. Et il est certain que, lorsqu'on s'exerce à distinguer ainsi la fatalité de la fortune, on s'accoutume aisément à régler ses désirs en telle sorte que, d'autant que leur accomplissement ne dépend que de nous, ils peuvent toujours nous donner une entière satisfaction.
ABTICLB CXLTU.
Des émoUoDS intérieures de fAme
J'ajouterai seulement encore ici une considération, qui me semble beaucoup servir pour nous empêcher de recevoir aucune incommodité des passions; c'est que notre bien et notre mal dépend principalement des émotions intérieures qui ne sont excitées en l'âme que par l'âme même, en quoi elles diffèrent de ses passions qui dépendent toujours de quelque mouvement des esprits ; et bien que ces émotions de l'âme soient souvent jointes avec les passions qui leur sont semblables, elles peuvent souvent aussi se rencontrer avec d'autres, et même naître de celles qui leur sont contraires. Par exemple, lorsqu'un mari pleure sa femme morte, laqueUe (ainsi qu'il arrive quelquefois) il seroit fâché de voir ressuscitée, il se peut faire que son cœur est serré par te tristesse que l'appareil des funérailles et l'absence d'une personne à la conversation de laquelle 11 étoit accoutume excitent en lui ; et il se peut ftire que quelques restes d'amour ou de pitié qui se présentent i son Imagination tirent de véritables termes de ses yeux, nonobstant qa*0 sente oepen-
SEœNDE PARTIE.
iuA one joie gecrSte dans le plas Intérieur de lOD ime, rémotion de laquelle a tant de pouvoir qoe la tristesse et les larmes qui raccompagnent ne peuvent rien diminuer de sa force. Et lorsque OOQS lisons des aventures étranges dans un livre, oa qae nous les voyons représenter sur un théâtre, cela excite quelquefois en nous la tristesse, quelquefois la joie, ou Tamour, ou la haine, et géoéralement toutes les passions, selon la diverlité des otjets qui s'offrent à notre imagination ; mais avec cela nous avons du plaisir de les sentir exciter en nous, et ce plaisir est une joie intellectuelle qui peut aussi bien naître de la tristesse que de toutes les autres passions.
ABTICLB GZLTIII.
avraxerdoe de la Terta est an MMnerala remède oontre
Jes passions.
Or, d*antant que ces émotions intérieures nous
touchent de plus près, et ont par conséquent beao* coup plus de pouvoir sur nous que les passions dont elles diffèrent qui se rencontrent avec elles, il est certain que, pourvu que notre âme ait toujours de quoi se contenter en son intérieur, tons les troubles qui viennent d'ailleurs n'ont aucun pouvoir de lui nuire, mais plutOt ils servent à augmenter sa joie, en œ que, voyant qu'elle ne peut être offensée par eux, cela lui fait connoltre sa perfection. Et afin que notre âme ait ainsi de quoi être contente, elle n'a besoin que de suivre exactement la vertu. Car quiconque a vécu en telle sorte que sa consdenoe ne lui peut reprocher qu'il ait jamais manqué à foire toutes les choses qu'il a jugées être les meilleures ( qui est ce que je nomme ici suivre la vertu), il en reçoit une sa* tisfoction qui est si puissante pour le rendre heureux que les plus violents efforts des passions n'ont jamais assez de pouvoir pour troubler la tranquillité de son âme.