TROISIÈME PARTIE
DES PASSIONS PatTICULIÈRBS»
AinCIB CZL1X de resdmeei da mépris.
Après avoir expliqué les rix passions primitlrm, qui sont comme les genres dont toutes les totres sont des espèces, je remarquerai ici suctioctement ce qu'il y a de particulier en chacune de ces autres, et je tiendrai le même ordre suivant lequel je les ai ci-dessus dénombrées. Les deux premières sont l'estime et le mépris ; car bien que ces noms ne signifient ordinairement que les opinions qu'on a sans passion de la valeur de diaqoe chose, toutefois, à cause que de ces opi- BioDs 11 naît souvent des passions auxquelles on ii*a point donné de noms particuliers, il me semble que ceux-ci leur peuvent être attribués. Et l^eatime, en tant qu'elle est une passion, est une ndînation qu'a l'âme à se représenter la valeur de la diose estimée, laquelle inclination est cau- A par un mouvement particulier des esprits tenement conduits dans le cerveau qu'ils fortlkot les Impressions qui servent à ce sujet ; comme, ui contraire, la passion du mépris est une inclioation qu'a l'âme à considérer la bassesse ou petitesie de ce qu'elle méprise, causée par le mouvement des esorits oui fortifient l'idée de cette PHitesse.
êxnajL cft»
Que oei deux ptssions ne sont que des eapèeei d'admIraUoo.
Ainsi ces deux passions ne sont que des espèces d'admiration; car lorsque nous n'admirons point la grandeur ni la petitesse d'un objet, nous n'en foisons ni plus ni moins d'état que la raison nous dicte que nous en devons faire, de foçon que nous l'estimons ou le méprisons alors sans passion : et bien que souvent l'estime soit excitée en nous par l'amour et le mépris par la haine, cela n'est pas universel, et ne vient que de ce qu'on est plus oa moins enclin à considérer la grandeur ou la pe« titesse d'un objet, à raison de ce qo*on a plus ou moins d'affection pour lui.
ASTicLE eu.
Or ces deux passions se peuvent généralement rapporter à toutes sortes d'objets ; mats elles sont principalement remarquables quand nous les rap • portons à nous-même, c'est-à-dire quand c'est notre propre mérite que nous estimons ou méprisons; et le mouvement des esprits qui les cause est alors si manifeste qu'il change même la mine, les gestes, la démarche, et généralement toutes les actions de ceux qui conçoivent une meilleurs
LES jPà^IpN» p]$ I/AME.
Mw IMrili Mme êû sML i*tiHiPiir
|t pourçe quiD Tune des prtDcipaljes parties de )g Sj3ijsess9 Qst de savoir en quelle façon et pour quelie cause chacui) se doit estimer ou mépriser, je tâcherai ici d*en dire mon opinion. Je ne re« jB^arque en nous qu'une seuijs chose qui nous puisse dffnj9«r J^?^ raison de nous estimer, à satoir l'u- 0afe de notfe iibre arbitre ^t l'empire que nous avons sur nos volontés ; car il n^ h quç les seules actloiis qui dépendent de ce libre arbitre pour leçqiiell^ nous puissipps avec raison é(re loués OQ blâmés; et 11 nous reqd en quelque l^çon sembla*^ blés à Bleu, en pous faisant mattre^ de nous*> même^, pourvu que nous ne perdions point par lâcheté les droits qu'il nous donne.
ARnCLB CLIII.
En qaoi consiste la g^nérOflit^r
Ainsi je crois que la vraie générosité qui fait qu'un homme s'estime au plus haut point qu'il se peut légitimement estimer conalit» iettlMneat^ i partie en ce qu'il connoit qu'il n'y a rien qui véritablement lui appartienne que cette libre disposition de ses voloalés di paorquoi il dbive être loué pu blâmé, sinon pource qu'il en use l>ien ou mal; et partie en ce qu'il sent en soi-même une ferme et constante résolution d'en bien naer, c^ett-^lHilr» de ue manquer jamais da volonté pour antreprandra et exéeutar toatal iee dioset qu'il jugera étra iaa meiliaurea $ «a qid aat anivra parfatteasant la vartu.
Aancui CUV.
Qu*elle empécbe qu'oo ne méprise les ajitres.
Ceux qui ont cette oonnoissanae at saotimant d'eui-mémes se persuadent facilement qua dia^ cun des aatree hommi^ les peut aussi avoir de m, pource qu'il n'y a rien en oela qui dépende d'à»trui. C'est pourquoi ils ne méprisent jamais personne ; et bien quMIs volent souvent que les autres coounetfiçnt 4ajB buU^ qui fpnt paroitre leur foibIe3Sj&9 ils m^t iput^fo^ plua podins à les excuser qu'à les bUm^r ^^ ^ eroire que c'est j^uiùi par manqua de coopoj^saj^ce qi^ par manque de bonne volonté qu'ila las oomm^ttent; iet comipe ils UB pensent point être de beaucoup inférieurs i ceux qui ont plus de biens ou d'booneurs, ou luénjuB qm ont plus d'esprit^ pim de savoir, plus à» bwtfé, w gépéraleoi^ q^ lasaurpamnt ep
qaelqiMs m\t^ perfeçao^i^i Wn9f >^« P'^fiPfflli)s point )»paiiciaup au-d^p de om ^i^^ps sur-
Cassant, i canae que toutea pas chûs^ Wr m- Ipnt être fort p^û copsidérableç k cofimtàm de I4 bûn9a volonf4 pour Uqq^Ue 8ei|l$ il; g'estinoept, et laquelle il0 aupposent aiissi Mre, od do mpina pouvoir â^re, po diacua desAut^fi^l)#iQm«
ABTIÇLE ÇVff
fii qaoi aoariMa niÉoaiia ^M|fiaM||à
Ajn9i les plus jiénépeax ont poutiwe 4%«li9 plui ftuwl^las ; ^t i'buwiUi4 y^tueosa «e «jp^j^t» qu'en ce que la reflet |qp qi^p upn^ tà\§fi]^ m Hl' flrmité de notre nature et sur les fautes qoeDOOs pouvons autrefois a^oif cpmmis^ ou sommes opables de commettre, qui ne sont pas moindres que celles qui peuvent être oommiaes par d'astni, est cause que nous ne nous préférons à personne, etquQnpH9 ppn^opa que les autre^,4]rim(l#arlibra arbitre aussi bien que nous, ils en peuvent anai bien user.
4BTICLE CLYI.
Qiielles sont les propriétés de la générosité^ et comment eOe sert de remède contre tous les dérèglemeoU des passioos.
Ceux qui sont généreux en cette façon sont naturellement portés à faire de grandes choses, d toutefois à ne ri^ ^^tr^praiMji'o ^^^^ ^^^ ^ ^ sentent capables ; et pource qo^lls n'estiment rien de plus grand qua de finira du èien aux aatres bpmmes et de mépriser sçn propre intérêt, pour ce sujet ils sont toujours pàrftùtement eourtois. affable^ et officieux envers un chacun. Et avec cela il9 sont entièrement maîtres de leurs passioes, parllcQlièrement des désirs, de la jalousie et d« I'envte« à cause qu'il n'y a aucune ehosedoot Tacquisition ne dépende pas d'eux qu'ils pensent valoir assez pour mériter d'être beaucoup souhaitée; ^l de )a haine envers les hommes, à cause qu'ils les estiment tons ; et de la peur, à cause que la confiance qu'ils ont en leur vertu les assure; et enfin de la colère, à cause que, n'estimant que lort peq toutes les choses qui dépendent d'autrui, jamais Ils ne donnent tant d'avantage à leurs eanemls que de reconnottrç qu'ils en aontaffensés.
AattcM ctvtt.
Tous ceai qui ponçpivept bonne oplniop d^euzmémes pour quelque autre cause, telle qu'elle puisse être, n'pnt pa§ une vraie générosité, majs seulement on orjsueil qui est toujours fort vicieux, encore qu'il le soit d'autant plus que la c}use pour
TROISIÉIIB PMTIÇ,
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laquelle on s'estime est plup injuste; et la fioa iDjuBte de tontes est lorsqu'on es) prguefllpux sans iDcun sujet, c'est-i-dire sans qu'on pense pour eela qa*il y ait en soi aucun mérite pour lequel OD dolTe Âlre prisé, mais seulement pource qu*on ne fait point d'état da mérite, et que, s'iipaginatit que )a gloire n'est autre chose qu'une usurpation, Too croit que ceux qui s'en attribuent le plus en ODt le plus. Ce yice est si déraisonnable et si absurde que j'aurots de la peine à croire qu'il y eût des hommes qui s'y iaissasseot aller si jamais personne n'étoit loué injustement ; mais la flatterie est il commune partout qu'il n'y a point d'homme si défectueux qu'il ne se rôle souvent estimer pour <lei choses qui ne méritent aucune louante, pu même qui ttiéri teùt an bitme, ce qui donne occalioB aux plus ignorants et aux plus stupides de tomber en cette espèce d'orgueil.
Aitiuui chmu
Mais quMe que puisse jStre la cause pour laquelle « s'estime, «i elle est autre que ta vobnté qia^ofl •snt ea soi-même d'user toujourj bbn de son librp •rWirs, de laquelle j'ai dit que vient la générosité, élte produit toujours un orgueil très blâmar MS) et qui est M dlIBrent de cette vral^ générosité qû*H à des effets entièrement coniraifeè; car tous les outres biens, comme J'esprît, la beauté, iarlcfcewes, les honneurs, etc., ayaûl coutume Wtrt d'autant plus estimés qu'ils se trouvent en ïwin» de personnes, et mâme étant pour la pluptrt de telle nature qu'ils ne peuvent être communiqués à plusieurs, cela ftlt que les orgueilleux AAent d'abaisser tons les autres hommes, et qu'étant esclaves de leurs désirs Ils ont l'âme incesnmment agitée de haine, ë'envie, de jalousie ou de colère.
AATICU 6U|U
De rhammté vldeuse.
^MT la basMsse ou husaitté videuse, elle ooB«- Vie priadj^ment es œ qu'os «e sent foible m N résolu, let q^ê^ oomnae si es a%voU pas l'usage eB&rdaeoiiUJif«#rtMré,M«ew pcuteiapé^ ^r défaire des choses dont on sait qu'on se repentira par après ; p^is ajwsai en i^ qu'on croit ne pouvoir subsister par soi-même ni se passer de plusieurs choMfl dent raoquIMtfon dépend d'autnii. Ainsi elle est directement opposée à la géné- 'Wlté ; et fl arrive souvent que ceux qui ont l'esprit fe piw bas sont les plus arrogants et superbes, tt nette b^jfm que les plus généreux sont les plus ■^^^ 1 ^ lee plus humbles. jUais au lien que
ceux qui ont l'^rit tfwtvigfinitGai mOmm^
point d'humeur pour les prospérités pu adv^rfltés qui leur arrivaut, ceux qui l'ont (bible et »)»• ject ne sont conduits que par la fortune, fm )â prospérité ne ]es çpQe pas mfÀQs q^e Vf4ymiti le$ rend buD9})lê9. l^èmo »n voit souvent 4«'i)s s'abaissent bopt^usemeot auprès de ceux dpf|t i|s attendent quelque profit où craigop^t q^nH^^ mai, et qu'au iQ^me tqmps ils s'éUven^ lDK>Mn* ip^nt au-dessus de ceu^ ipeqmh ils Q'p rà 4e craigpept aui^gne cbioao,