‹ Œuvres philosophiques de Descartes publibées da̕près les textes originauxChapitre 43 sur 306 · DES CHOSES · texte numérisé non relu

DES CHOSES

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Il paroh assez, par ce qui a été dit dans cette Méditation, qu'il n'y a point de marque certaine et évidente par laquelle nous puissions reconnoitre et distinguer nos songes d'avec la veille et d'avec une vraie perception des sens; et partant que ces images ou ces fantdmes que nous sentons étant éveillés, ne plus ne moins que ceux que nous apercevons étant endormis, ne sont point des accidents attachés à des objets eitérieurs, et ne sont point des preuves suffisantes pour montrer que ces objets extérieurs existent véritablement. C'est pourquoi d, sans nous aider d'aucun autre raisonnement, nous suivons seulement le témoignage de nos sens, nous aurons juste sujet de douter si quelque chose existe ou non. Nous reconnoissons donc la vérité de cette méditation. Mais d'autant que Platon a parlé de cette incertitude des choses sensibles , et plusieurs autres anciens philosophes avant et après lui, et qu'il est aisé de remarquer la difficulté qu'il y a de discerner la veille du sommeil, j'eusse voulu que cet excellent auteur de nouvelles spéculations se fut abstenu de publier des choses si vieilles.

RÉPONSE

Les raisons de douter qui sont ici reçues pour vraies par ce philosophe n'ont été proposées par moi que comme vraisemblables, et je m'«n suis servi, non pour les débiter comme nouvelles, mais en partie pour préparer les esprits des lecleurs i considérer les choses intellectuelles et les

distinguer des corporelles, i quoi elles m*onC toujours semblé tris nécessaires; en partie pour y répondre dans les Méditations suivantes , et en partie aussi pour faire voir combien les vérités que je propose ensuite sont fermes et assurées, puisqu'elles ne peuvent être ébranlées par des doutes si généraux et si extraordinaires. Et es n'a point été pour acquérir de la gloire que je les ai rapportées; mais je pense n'avoir pas été moins obligé de les expliquer, qu'un méftocin de décrire la maladie dont il a entrepris d'enseigner la cure.

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