VI. payées
laison def bêtes diff&re da o^k de l'hi^ma, c^ p'est que par le plus et le moins, qui ne cb«i|a point la nature d^^ choses-
^ l» q4atrièine icnipole m tpupMf te iPianea d'un athée , laquelle il soutient êtF# très pertaine, et même aelon votre r^le très évidente, lorsqu'il assure que si de choses égales pn Ate choses égales, les restes seront égaux ; ou bien qme les trois angles d'un triangle reaillgiie sont égaux à deux droits , et autres choses sembla)>les, puisqu'il ne peut penser i ces choses sans croire qu'elles sont tréç certaines. Ce qu'il maintient être « yéritable qu'enoore bien qu'il n'y eût point de Bioii , ou même qu'il fftt impossibl^ qu'il y en eflt , comme (1 s'imagine, il ne se tient pas moins assuré de ces vérités que si en eifet il y en avoit un qni existât ; et de fait , il nie qu'on lui puisse jamais rien objecter làrdessus qui lui cauae le moindre doute; car que lui objecterez-vous? que s'il y a un Bien il le peut décevoir? Mais il vous soutiendra qu'il n'est pas possible qu'il puisse jamais être en cela déçu, quand même Dieu y emploieroit toute sa puissance.
' De ce scrupule en naît un dnqniëme, qui prend sa ftNroe de cette déception que vous voules dénier entièrement à Dieu ; car si plusieurs théor logieas sont dans ce sentiment , que les damnés, tant les anges que les hommes, sont continuellement déçus par l'idée que Dieu leur a imprimée d'un feu dévorant, en sorlequ'iberoientfermement et s'imaginent voir et ressentir eifectivement qu'ils sont tourmentés par un feu qui les consume, quoiqu'on effet il n'y en ait point, Dieu ne peutil pas nous décevoir par de semblables espèces, et nous imposer continuellement , imprimant sans cesse dans nos âmes de ces iausses et trompeuses idées ; en sorte que nous pensions voir très clairement et toucher de chacun de nos sens des choses qui toutefois ne sont rien hors de nous, étant véritable qu'il n'y a point de ciel , point d'astres, point de terre, et que nous n'avons point de bras, point de pieds, point d'yeux, etc. ? Et certes, quand il en useroit de ia sorte, il ne pourroit être Ûâmé d'injustice, et nous n'aurions aucun sujet de nous plaindre de lui , puisque, étant le souverain Sei* gneur de toutes choses, il peut disposer de tout comme il lui pMt ; vu principalement qu'il semble avoir droit de le faire pour abaisser l'arrogance des hommes, châtier leurs crimes ou punir le péché de leur premier père, ou pour d'autres raisons qui nous sont inconnues. Et de vrai , il semble que cela se confirme par ces lieux de l'E* criture qui prouvent que l'homme ne peut rien
(f ) Voyez MédiUtioD y, pa^ SS.
(1) Voyez MédluUoD ui et vr, pas» 71 et m
SIXIEMES OBJECTIONS
savoir, oomme ii parolt par ce texte de l'ApAtre en la première aux Corinthiens, chap. vin, vers. 2 : «Quiconque estime savoir quelque chose, ne connoît pas encore oe qu'il doit savoir, ni comment il doit savoir ; » et par celui de TEcclésiaste, chap. T1II, vers. 17 : « J*ai reconnu que de tous ies ouvrages de Dieu qui se font sous le soleil , Thomme n*en peut rendre aucune raison, et que plus il s'efforcera d'en trouver, d'autant moins il en trouvera ; même s'il dit en savoir quelqu'une, II ne la pourra trouver. » Or, que le sage ait dit cela pour des raisons mûrement considérées, et non point à la bâte et sans y avoir bien pensé , cela se voit par le contenu de tout le livre, et principalement où il traite la question de l'âme, que vous soutenez être immortelle; car, au cbap. iii , vers. 19 , il dit que « l'homme et la jument passeut de même façon ; » et afin que vous ne disiez pas que cela se doit entendre seulement du corps, il ajoute un peu après que « l'homme n'a rien de plus que la jument ; •> et , venant à parler de l'esprit même de l'homme, ii dit « qu'il n'y a persoune qui sache s'il monte en haut, t» c'est-à-dire s'il est immortel, «ou si, avec ceux des autres animaux , il descend en bas, it c'est-à-dire s'il se corrompt. Et ne dites point qu'il parle en ce lieu-là en la personne des impies, autrement il auroit dû en avertir, et réfuter ce qu'il avoit auparavant allégué. Ne pensez pas aussi vous excuser en renvoyant aux thédlogiens d'interpréter l'Ecriture; car, étant chrétien comme vous ôtes, vous devez être prit de répondre et de satisfaire à tous ceux qui vous objectent quelque chose contre la foi , principalement quand ce qu'on vous objecte choque les principes que vous voulez établir.
^ Le sixième scrupule vient de l'indifférence du jugement ou de la liberté, laquelle tant s'en faut que, selon votre doctrine, elle rende le franc arbitre plus noble et plus parfait, qu'au contraire c*est dans l'indifférence que vous mettez son imperfection ; en sorte que tout autant de fois que l'entendement connoit clairement et distinctement les choses qu'il faut croire , qu'il faut faire ou qu'il faut omettre, la volonté pour lors n'est jamais indinérente. Car ne voyez - vous pas que par ces principes vous détruisez entièrement la liberté de Dieu, de laquelle vous Atez l'indifTérence lorsqu'il crée ce monde-ci plutôt qu'un autre, ou lorsqu'il n'en crée aucun, étant néanmoins de la foi de croire qpe Dieu a été de toute éternité indifférent à créer un monde ou plusieurs, ou môme à n'en créer pas un. Et qui peut douter ^lue Dieu n'ait toujours vu très clairement toutes
(i) Voyo MédiiaUdO iv. page 8<.
les choses qui étoient à faire on à lalner? Si bieo que l'on ne peut pas dire que la oonnoissanee trèg daire des choses et leur distincte percepUon {le l'indifférence du libre arbitre , laquelle ne coaviendroit jamais avec la liberté de Diea , si elk ne pouvoit convenir avec la liberté humaine, étant vrai que les essences des choaes, aussi \m \ que celles des nombres , sont indivisibles et immuables ; et partant l'indifiérenoe n'est pas moiBs comprise dans la liberté du franc arbitre de Diea que dans la liberté du franc arbitre des hommes, i
Le septième scrupule sera de la superficie, en i laquelle ou par le moyen de laquelle tous dites i que se font tous les sentiments. Car nous ne i voyons pas comment il se peut faire qu'elle ne \ soit point partie des corps qui sont aperçus, ni i de l'air, ou des vapeurs, ni môme l'eitrémité i d'aucune de ces dioses ; et nous n'entendons pas bien encore comment vous pouvez dire qu'il n'y j a point d'accidents réels, de quelque corps ou , substance que ce soit , qui puissent par la toute- | puissance de Dieu être séparés de leur sujet et exister sans lui , et qui véritablement existent ainsi aq Saint-Sacrement de l'autel. Toutefois nos docteurs n'ont pas occasion de s'émouvoir beau- , coup, jusqu'à ce qu'ils aient vu si, dans cette physique que vous nous promettez , vous aurei suffisamment démontré toutes ces choses; ii est vrai qu'ils ont de la peine à croire qu'elle nous les puisse si clairement proposer que nous les devions embrasser, au préjudice de ce que Tanti' quité nous en a appris.
* La réponse que vous avez faite aux cinquièmes objections a donné lieu au huitième scrupule. Et de vrai comment se peut -il faire que les vérités géométriques ou métaphysiques , telles que sont celles dont vous avez fait mention en ce lieu-là, soient immuables et éternelles, et que néanmoins elles ne soient pas indépendantes de Dieu? Car en quel genre de cause dépendent -elles de lui? A-t-il donc bien pu faire que la nature du triangle ne fût point? Et comment , je vous prie, au* roit-il pu faire qu'il n'eût pas été vrai de toute éternité que deux fois quatre fussent huit , ou qu'un triangle n'eût pas trois angles? Et partant, ou ces vérités ne dépendent que du seul entendement , lorsqu'il pense , ou elles dépendent d« l'existence des choses môme , ou bien elles sont indépendantes ; vu qu'il ne semble pas possible que Dieu ait pu faire qu'aucune de ces essences ou vérités ne fût pas de toute éternité.
^ Enfin, le neuvième scrupule nous semble fort pressant, lorsque vous dites qu'il faut se défier
(1) voyez RépoDses au Cloquiëiiies ObjecUons, pig« ao& (S) Voyez HédiuUoDB.i et ¥m»age»$5 et 86.
FAITES PAR BIVEBS THEOLOGIENS, etc.
des sens, et que la certitude derentendement est beaucoup plus grande que la leur ; car comment cela pourroit-ilêtre, si l'entendement même n'a point d'autre certitude que celle qu'il emprunte des sens bien disposés? Et de fait ne voit-on pas qu'il ne peut corriger l'erreur d'aucun de nos sens, si premièrement un autre ne l'a tiré de l'erreur où il étoit lui-même? Par exemple, un bâton paroît rompu dans l'eau à cause de la réfraciioo:qui corrigera cette erreur? Sera-ce l'enteodèment ? point du tout, mais lesens du toucber. Il en est de même de tous les autres. Et partant a une fois vous pouvez avoir tous vos sens bien disposés, et qui vous rapportent toujours la même chose, tenez pour certain que vous acquerrez par leur moyen la plus grande certitude dont un homme soit naturellement capaùle ; que si vous vous fies par trop aux raisonnements de votre esprit, assurez-vous d'être souvent trompé; car il arrive assez ordinairement que notre entendement nous trompe en des choses qu'il avoit te- Daes pour indubitables.
* Voilà en quoi consistent nos principales dificnltés : à quoi vous igouterez aussi quelque régie certaine, et des marques infaillibles suivant lesquelles nous puissions connoîtreavec certitude, quanif nous concevons une chose si parfoitement ans Taotre, qu'il soit vrai que Tune soit tellenent distincte de l'autre qu'au moins, par la toate-poissance de Dieu , elles puissent subsister séparément ; c'est-à-dire, en un mot, que vous DODS enseigniez comment nous pouvons daire- Bent, disitinctement et certainement connoître qœoelte distinction que notreentendement forme le prend point son fondement dans notre esprit, sais dans les choses mêmes. Car lorsque nous cootemplons l'immensité de Bien sans penser à sa jQstice, ou que nous faisons réflexion sur son existence sans penser au Fils ou au Saint-Esprit, se concevons-nous pas parfaitement cette existence, ou Dieu même existant, sans ces deux autns personnes, qu'un infidèle peut avec autant de raison nier de la divinité, que vous en avez de dénier au corps l'esprit ou la pensée. Tout ûDsi donc que celui-là conduroit mal qui diroit qae le Fils et que le Saint-Esprit sont essentiellenent distingués du Père, ou qu'ils peuvent être téfarés de lui , de même on ne vous concédera ittiats qne la pensée, ou plutAt que l'esprit humm soit réellemeat distingué du corps, quoique vsai conceviez clairement l'un sans l'autre, et qae vous puissiez nier l'un de l'autre, et même qw TOUS reoonnoissiez que cela ne se fait point par aucune abstraction de votre esprit. Mais cer-
' 1 v«|ciifàliutioD Ti,piise se.
tes si vous satisfaites pleinement à toutes ces difficultés, vous devez être assuré qu'il n*y aura plus rien qui puisse faire ombraiçe à nos lliéolo-
giens.