PRÉFACE
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INleilM eoDcfaislons que l'on dédait d*an principe qoi n*fl8t point évident ne peuvent pas être MieDtes, quand bien même elles en seroient déiiites évidemment; d*où il suit que tous les rai- MioeineDts qu'ils ont appuyés sur de tels prindpeso'oDtpu leur donnerla oonnoissance certaine itncaoe chose, ni par conséquent les faire avanm d'un pas en la recherche de la sagesse. Et s*ils nt trooYéqudque chose de vrai, ce n'a été que jtf qwlqnes-una des quatre moyens ci-dessus didiits. Toutefois je ne veux rien diminuer de nioo&ear que chacun d'eux peut prétendre ; je ÙKoleoiMtobligédedire.pour la consolation de «X qui n'ont point étudié, que tout de même 91'eD voyageant, pendant qu'on tourne le dos au tin où ron veut aller, on s'en éloigne d'autant Fb qu'on marche plus longtemps et plus vite, en wteqoe, bien qu'on soit mis par après dans le «iroitdi^in, on ne peut pas y arriver sitét que HQDB'aroit poiQt mardié auparavant; ainsi, kmjo'oo a de mauvais principes, d'autant qu'on la coitire davantage et qu'on s'applique avec plus (kwin i en tirer diverses conséquences, pensant ^ ce soit bien philosopher, d'autant s'éloigne* HiB darantage de la oonnoissance de la vérilé âde la sagesse ; d'où H faut conclure que ceux fB ont le moins appris de tout ce qui a été Moé josques ici philosophie sont les plus capft- ^d'appraidre la vraie.
A{iri8 avoir bien fidt entendre ces dioses, j'auns Toula mettre ici les raisons qui servent à Wfet que les vrais principes par lesquels on m parvenir à œ |>la8 haut d^ré de sagesse, ^pA consiste te souverain bien de la vie hu- ■^6) sont ceux que j'ai mis en ce livre ; et deux *o)ei sont suffisantes i cela, dont la première otqoUs sont très clairs ; et la seconde, qu'on en N didoire toutes les autres choses ; car il n'y a 9itOBsdeax conditions qui soient requises en eux. ^je prouve aisément qu'ils sont très clairs ; pre - "t^raoent, par la façon dont je les ai trouvés, i ■Toiren rejetant toutes les choses auxquelles je Nrois rencontrer la moindre occasion de douter: V ii est certain que cdles qui n'ont pu en cette ^ être rejetées lorsqu'on s'est appliqué à les Pondérer sont les plus évidentes et les plus ^ que l'esprit humain puisse connoitre.
Ainsi, en considérant que celui qui veut douter ^ toot ne peut toutefois douter qu'il ne soit pen- ^t qa'ii doute, et que ce qui raisonne ainsi, a ne pouvant douter de soi-même et doutant *f*&0M>in8 de tout le reste, n'est pas ce que nous '^ ttre notre corps, mais ce que nous appeta» notre âme ou notre pensée, j'ai pris l'être ^l'existence de cette pensée pour le premier )^^, duquel j'ai déduit très clairement les
suivants, à savoir qu'il y a un Dieu qui est auteur de tout ce qui est au monde, et qui, étant la source de toute vérité, n'a point créé notre entendement de telle nature qu'il se puisse tromper au juge^ ment qu'il fait des choses dont il a une perception fort claire et fort distincte. Ce sont là tous les principes dont je me sers touchant les choses Immatérielles ou métaphysiques, desquels je déduis très clairement ceux des choses corporelles ou physiques , à savoir qu'il y a des corps étendus en longueur, largeur et profondeur, qui ont diverses figures et se meuvent en diverses façons. Voilà en peu de mots tous les principes dont je déduis la vérité des autres choses. L'autre raison qui prouve la clarté de ces principes, est qu'ils ont été connus de tout temps, et même reçus pour vrais et indubitables par tous les hommes, excepté seulement l'existence de Dieu, qui a été mise en doute par queiques-uns, à cause qu'ils ont trop attribué aux perceptions des sens, et que Dieu ne peut être vu ni touché.
Mais encore que toutes les vérités que je mets entre mes principes aientétéconnuesde tout temps de tout le monde, il n'y a toutefbis eu personne jusques à présent, que je sache, qui les ait reconnues pour les principes de la philosophie, c'està-dire pour telles qu'on en peut déduire la amnoissance de toutes les autres choses qui sont au monde; c'est pourquoi il me reste UA à prouver qu'elles sont telles; et il me semble ne le pouvoir mieux prouver qu'en lefalsant voir par expérience, c'est-à-dire en conviant les lecteurs à lire ce livre. Car encore que je n'aie pas traité de toutes choses, et que cela soit impossible, je pense avoir tellement expliqué toutes celles dont j'ai eu occasion de traiter, que ceux qui les liront avec atten* tion auront sujet de se persuader qu'il n'est pas besoin de chercher d'autres principes que cent que j'ai établis pour parvenir à toutes les plus hautes connoissances dont l'esprit humain soit capable ; principalement si, après avoir lu mes écrits, ite prennent la peine de considérer com^bien de diverses questions y sont expliquées, et que , parcourant aussi ceux des autres, ils voient combien peu de raisons vraisemblables on a po donner pour expliquer les mêmes questions par des principes différents des miens. Et afin qu'ils entreprennent cela plus aisément, j'aurois pti leur dire que ceux qui sont imbus de mes opinions ont beaucoup moins de peine à entendre les écrite des autres et à en connottre la juste valeur que ceux qui n'en sont point imbus; tout au contraire de ce que j'ai tantêt dit de ceux qui ont commencé par l'ancienne philosophie, qued'autantplusqu'ils ont étudié, d'autant ont-ils coutume d'être moins propres à bieù apprendre la vraie.
LES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE
J'aurais aussi ajouté uu mot d*ayis touchant la façoo de lire ce li^re, qui est que je voudrois qu*oo le parcourût d*abord tout entier ainsi qu*un roman, sans forcer beaucoup son attention ni B*arrêter aux difficultés qu'on y peut rencontrert afin seulement de savoir en gros quelles sont les matières dont j*ai traité ; et qu'après cela, si on trouTO qu'elles méritent d*étre examinées et qu'on ait la curiosité d*en connoître les causes, on le peut lire une seconde fois pour remarquer la suite de mes raisons; mais qu'il ne se faut pas derechef rebuter si on ne la peut assez connoître par* touti ou qu'on ne les entende pas toutes ; il faut seulement marquer d'un trait de plume les lieux où l'on trouvera de la difficulté et continuer de lire sans interruption jusqu'à la fin ; puis, si on reprend le livre pour la troisième fois, j'ose croire qu'on y trouvera la solution de la plupart des difficultés qu'on aura marquées auparavant, et que, s'il en reste encore quelques-unes, on en trouvera enfin la solution en relisant.
J'ai pris garde, en examinant le naturel de plusieurs esprits, qu'il n'y en a presque point de si grossiers ni de si tardifs qu'ils ne fuissent capables d'entrer dans les bons sentiments et même d'acquérir toutes les plus hautes sciences, s'ils étoient conduits comme il faut. Et cela peut aussi être prouvé par raison ; car, puisque les principes sont clairs et qu'on n'en doit rien déduire que par des raisonnements très évidents, on a toujours assez d'esprit pour entendre les choses qui en dépendent. Mais, outre l'empêchement des préjugés, dont aucun n'est entièrement exempt, bien que ce sont ceux qui ont le plus étudié les mauvaises sciences auxquels ils nuisent le plus, il arrive presque toujours que ceux qui ont l'esprit modéré négligent d'étudier, parce qu'ils n'en pensent pas être capables, et que les autres, qui sont plus ardents, se hâtent trop, d'où vient qu'ils reçoivent souvent des principes qui ne sont pas évidents, et qu'ils en tirent des conséquences incertaines. C'est pourquoi je voudrois assurer ceux qui se défient trop de leurs forces qu'il n'y a aucune chose en mes écrits qu'ils ne puissent entièrement entendre s'ils prennent la peine de les examiner ; et néanmoins aussi avertir les autres que même les plus excellents esprits auront besoin de beaucoup de temps et d'attention pour remarquer toutes les ehoses que j'ai eu dessein d'y comprendre.
Enauite de quoi, pour faire bien concevoir quel dessein j'ai eu en les publiant, je voudrois Ici expliquer l'ordre qu'il me semble qu'on doit tenir pour s'instruire. Premièrement, un homme qui n'a encore que la connolssanoe vulgaire et Imparfaite que Ton peut acquérir par les quatre moyens ci-dessus expliqués doit, avant toutes choses, ta-
cher de se former une morale qui puisse svMre pour régler les actions de sa vie, à cause que cela ne souffre point de délai, et que nous devons surtout tâcher de bien vivre. Après cela, il doit aussi étudier la logique, non pas celle de l'école, car elle n'est, à proprement parler, qu'une dlalecti^ que qui enseigne les moyens de faire entendre k autrui les choses qu'on sait, ou même aussi de dire sans jugement plusieurs paroles touchant celles qu'on ne sait pas, et ainsi elle OMTompt le bon sens plutêt qu'elle ne l'augmente; mais cellô qui apprend à bien conduire sa raison pour découvrir les vérités qu'on ignore; et parce qu'elle dépend beaucoup de Tusage, il est bon qu'il s'exerce longtemps à en pratiquer lee règles toa* chant des questions faciles et simples, oomme sont celles des mathématiques. Puis, lorsqu'il s'est acquis quelque habitude à trouver la vérité en oee questions, il doit commencer tout de bon à s'appliquer à la vraie philosophie, dont la première partie est la métaphysique, qui contient les principes de la connoissance, entre lesquels est l'explication des principaux attributs de Dieu, de l'Immatérialité de nos ftmes, et de tontes lee notions claires et simples qui sont en nous. La seconde est la physique, en laquelle, après avoir trouvé les vrais principes des choses matérielles, . on examine en général comment tout l'univers est i composé ; puis en particulier quelle est la nature , de cette terre et de tous les corps qui se trouvent i le plus commuuémrat autour d'elle, comme do l'air, de l'eau, du feu, de l'aimant et des autres minéraux. Ensuite de quoi il est besoin aussi i d'examiner en particulier la nature des plantes, celle des animaux, et surtout celle de l'homme, , afin qu'on soit capable par après de trouver les . autres sciences qui lui sont utiles. Ainsi toute la , philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique, et , les branches qui sortent de ce trono sont toutes les autres sciences, qui se réduisent i trois prin* cipaies, à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j'entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connoissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.
Or, comme ce n'est pas des racines ni du tronc des arbres qu'on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la princi^ pale utilité de la philosophie dépend de oelles de ses parties qu'on ne peut apprendre que les der * nières. Maiss bien que je les ignore presque toutes» le zèle que j'ai toujours eu pour tâcher de rendre service au public est cause que je fis Imprimer, Il y a dix ou douze ans, quelques essais des choses qu'il me sembloit avoir apprises. La première
PBÏFAGË.
firtfide M eMii Ail im dlnoon toacbant la
Méthode pour bien conduire sa raifon el cheidier
k féritt dans \m acienoea, on je mia sommairaf
BOit les prindpalea règles de la logiqoe et d'one
Bonle Inparliite, qu'on peut suine par provl-*
{joo pendant qu'on n'en sait point encore de aoeil-
lem. Les autres parties furent trois traita, l*an
de II Dioptrique, l'antre des Météores» et le der«
oierdeia Géométrie. Par laDioptrique, j'eus des-»
aio de Aire voir qu'on pouYOit aller asses avant
•It philoBopUe pour arriyer par aon moyen jus-»
fMii ta oonnoissanoe dea arta qui sont utiles à
liTie, i osuse que l'inTention das lunettes d'ap^
fmbe, qaa j'y expUqnois, est l'une des plus dif*
Idleiqai aient judaia été cberchéea. Par les M^
lim, je désirai qu'on reconnût la diffiSrance qui
otcstre ia lAilosophie que jecuitiye et celle qu'oD
9uà^ dans lea écolea où l'on a coutume de
tnlter de la mime matière. Bnfln, par la 6éo«-
Btei^ jeprétendote démontrer que j'avols trouvé
FUnui choses qui ont été ci«-deif aat ignorées,
H aiosi donner oooaaien de croire qu'on en peut
dicDSTrir encore plualeura aotres, afin d'indter
ittree moyen tons lea bommea à la rediercbe de
iiTJrité. Depuia ce tempa-là, prévoyant la diiB-
olté que plusieurs auroient à conceTOir les fou-
tenu de la méUphysique, j'ai tâché d'en ax-
piiqaer les principaux pointa dans un llTre de
lUititions qui n'est paa bien grand, mais dont
k lehuDe a été groasi et la matière beaucoup
Uaireiepar les objections que plusieurs person^
les très doctes m'ont envoyées à leur sujet, et
pvlei réponses que je lemr ai fidtes. Puis enfin,
^u'il m'a aonblé que ces traités précédents
iroiaot esses préparé l'esprit des lecteurs à rece-
iQir les principes de la t^hiioaophie, je les ai aussi
PoUiis; et j'en al divisé le livre en quaU*e parties,
^t la première contient les principes de la con*
^'^niDce, qui est ce qu'on peut nommer la pre-
^ philosophie ou bien la métaphysique; c'est
PMirqaoi, afin de la bien entendre, il est à propos
fclire auparavant les Méditations que j'ai écrites
Brie même sujet. Les trois autres parties eon*
titUMot tout ce qu'il y a de plus général en la
iMqoe, i savoir Texplication des premières lois
«ite principes de la nature, et la Ci(on dont les
te, les étoiles fixes, les planètes, les comètes,
Agioéralement tout l'univers est composé ; puis
0 lartlcoUer la nature de cette terre, et de l'air,
^1*«, dn feu, de Faimant, qui aont lea corps
^'oo peut trouver le plus communément partout
*to d'eue, et de toutes les qualités -qu'on re-
^^e en ces corps, comme sont la lumière^ la
^'^t la pesanteur, et semblables ; au moyen de
W je pense avoir conmieneé i expliquer toute
^WseopUa par ordre, sane nv^ «mis aneune
des Adaoa qui doivent précéder ka dendèNs dont J'ai écrit.
Mais afin de conduire ce dessein jusqu'à sa fin, Je devrais d-après expliquer en mtine bçon hi natore de chacun des autres corps plus particn* llers qui sont sur la terre, à savoir des minéraux^ dea liantes, des animaux, et principalement de l'homme ; puis enfin traiter exactement de la mé» decine, de b morale et des méonlques. €*est ce qu'il Ikudrolt que Je fisse pour donner aux liom^ mes un corps de philosophie tout entier. Et Je ne me sens point encore si vieil. Je ne me défie point tant de mes forces. Je ne me trouve pas si Aoigné de la connoissanœ de ce qui reste, que Je n'osasse entreprendre d*adiever ce dessein si J'avois la commodité de bire toutes les expériences dont J'anrois besoin pour appuyer et justifier mee raisonnements. Mais voyant qu'il feudrolt pour cela de grandes dépenses auxquellea un particulier comme moi ne saurait sufilre s'il n*étolt aidé par le public, et ne voyant pu que Je doive attendre cette aide, Je crois devoir dorénavant me contenter d'étudier pour mon Inatruction partlcdlère, et que la postérité m'excusera si Je manque à travailler désormais pour elle.
Cependant, afin qu'on puisse voir en quoi Je pense lui avoir déjà servi, je dirai Ici quels sont les firuits que Je me persuade qu'on peut tirer de mes principes. Le premier est la satisfaction qu'^ aura d'y trouver plusieurs vérités qui ont M d^ devant ignorées; car bien que souvent la vérité ne touche pas tant notre imagini^on que font les faussetés et les feintes, à cause qu'elle pareil moins admirable et plus simple, toutdbis le con« tentement qu'elle donne est toujours plus dura* ble et plus solide. Le second finit est qu'en étudiant ces prindpes on e'aeeoutumera peu à peu à mieux juger do toutes les choses qui se rencontrent, et ainsi à être plus sage : en quoi ilsvauront un effet tout contraire à celui de la philosophie commune ; car on peut aisément remarquer en ceux qu'on appelle pédants qu'elle les rend moins capables de raison qu'ils ne seroient s'ils ne revoient jamais apprise. Le troisième est que les vérités qu'ils contiennent, étant très claires et très œrtaioes, citeront loua sujets de dispute, et ainsi disposeront les esprits à la douceur et à la concorde : tout au contraire des controverses de l'école, qui, rendant insensiblement ceux qui les apprennent plus pointiHeux et plus opiniâtres, sont peut-être la première cause des hérésies et des dissensions qui travaillent maintenant le monde. Le dernier et le principal fruit de ces principes est qu'on pourra, en les cultivant, découvrir plusieurs vérités que je n'ai point expliquées ; et ainsi, passant peu à peu dea unes au aucrea,
LES PR1NCIPE& DE LA. PHILOSOPHIE
acqaérir avec le temiM one parfaite cooDoissaiice de toute la philosophie et monter au plus haut degré de la sagesse. Car, comme on voit en tous les arts que, bien qu'ils soient au commencement rudes et imparfaits, toutefois, à cause qu'ils contiennent quelque chose de vrai et dont Texpérience montre Teffet, ils se perfectionnent peu à peu par l'usage : ainsi, lorsqu'on a de vrais principes en philosophie, on ne peut manquer en les suivant de rencontrer parfois d'autres vérités ; et on ne sauroit mieux prouver la fausseté de ceux d'Aristote qu'en disant qu'on n'a su faire aucun progrès par leur moyen depub plusieurs siècles qu'on les a suivis.
Je sais bien qu'il y a des esprits qui se hâtent tant et qui usent de si peu de circonspection en ce qu'ils font que , même ayant des fondements bien solides, ils ne sauroient rien bâtir d'assuré : et parce que ce sont d'ordinaire ceux-li qui sont les plus prompts à faire des livres, ils pourroient enpeu de temps gâter tout ce que j'ai fait, et introduire l'incertitude et le doute en ma façon de philosopher, d'où j'ai soigneusement tâché de les bannir, si on recevoit leurs écrits comme miens * ou comme remplis de mes opinions. J'en ai vu depuis peu l'expérience en l'un de ceux qu'on a le plus cru me vouloir suivre >, et même duquel j'avois écrit en quelque endroit que je m'assurois tant sur son esprit que je ne croyois pas qu'il eût aucune opinion que je ne voulusse bien avouer pour mienne , car il publia l'année passée un livre intitulé JFundamenta fkyricœ^ où, encore qu'il semble n'avoir rien mis touchant la physique et la médecine qu'il n'ait tiré de mes écrits, tant de ceux que j'ai publiés que d'un autre encore imparfait touchant la nature des animaux, qui lui est tombé entre les mains , toutefois, à cause qu'il a mal transcrit et changé l'ordre, et
nié quelques vérités de métaphysique snr qui toute la physique doit être appuyée, je suis obligé de le désavouer entièrement et de prier ici les lecteurs qu'ils ne m'attribuent jamais aucune opinion s'ils ne la trouvent expressément en mes écrits, et qu'ils n'en reçoivent aucune pour vraie, ni dans mes écrits ni ailleurs, s'ils ne la voient très, clairement être déduite des vrais principes.
Je sais bien aussi qu'il pourra se passer plusieurs sièdes avant qu'on ait ainsi déduit de ces principes toutes les vérités qu'on en peut déduire, tant parce que la plupart de celles qui restent i trouver dépendent de quelques expériences particulières qui ne se rencontreront jamais par hasard, mais qui doivent être cherchées avec soin et dépense par des hommes fort intelligents, que parce qu'il arrivera difficilement que les mêmes qui auront l'adresse de s'en bi^ servir aient le pouvoir de les faire, et parce aussi que la plupart des meilleurs esprits ont conçu une si mauvaise opinion de toute la philosopûe, à cause des défauts qu'ils ont remarqués en celle qui a été jusques à présent en usage, qu'ils ne pourront jamais se résoudre à s'appliquer à en diercber une meilleure.
Mais enfin, si la différence qu'ils verront entre ces principes et tous ceux des autres, et la grande suite des vérités qu'on en peut déduire, leur fait connoître combien il est important de continuer en la recherche de ces vérités, et jusques i quel degré de sagesse, à quelle perfection de vie et à quelle félicité elles peuvent conduire, j'ose croire qu'il n'y en aura pas un qui ne tâche de s'employer à une étude si profitable, ou du ntblns qui ne &vorise et ne veuille aider de tout son pouvoir ceux qui s'y emploieront avec fruit. Je souhaite que nos neveux en voient le succès, etc.
TABLE DES PRINCIPES DE LA PHILOSOPHIE