‹ Œuvres philosophiques de Leibniz (volume 3)Chapitre 48 sur 67 · DE LA RÉFORME DE LÀ PHILOSOPHIE PREMIÈRE, ETC · texte numérisé non relu

DE LA RÉFORME DE LÀ PHILOSOPHIE PREMIÈRE, ETC

que le corps, s'il consiste dans retendue, doit être indifférent au mouvement ; mais qu'effectivement n'y étant pas indifférent, puisqu'il résiste à ce qui lui en doit donner, il faut, outre la notion de l'étendue, employer celle de la force. Ainsi cette réponse m'accorde justement ce que je veux. Et en effet ceux qui sont pour le système des causes occasionnelles, se sont déjà fort bien aperçus que la force et les lois du mouvement qui en dépendent, ne peuvent être tirées de la seule étendue, et comme ils ont pris pour accordé qu'il n'y a que de l'étendue, ils ont été obligés de lui refuser la force et l'action, et d'avoir recours à la cause générale, qui est la pure volonté et action de Dieu. En quoi l'on peut dire qu'ils ont très-bien raisonné ex hypotkesi. Mais l'hypothèse n'a pas encore été démontrée ; et comme la conclusion paraît peu convenable en physique, il y a plus d'apparence de dire qu'il y a du défaut dans l'hypothèse (qui d'ailleurs souffre bien d'autres difficultés), et qu'on doit reconnaître dans la matière quelque chose de plus que ce qui consiste dans le seul rapport à l'étendue ; laquelle, tout comme l'espace, est incapable d'action et de résistance, qui n'appartient qu'aux substances. Ceux qui veulent que l'étendue môme soit une substance, renversent l'ordre des paroles aussi bien que des pensées. Outre l'étendue il faut avoir un sujet qui soit étendu, c'est-à-dire, une substance à laquelle il appartienne d'être répétée ou continuée. Car l'étendue ne signifie qu'une répétition ou multiplicité continuée de ce qui est répandu; une pluralité, continuité, et coexistence des parties; et par conséquent elle ne suffit point pour expliquer la nature même de la substance répandue ou répétée, dont la notion est antérieure à celle delà répétition.

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