‹ Œuvres philosophiques de LeibnizChapitre 17 sur 31 · RÉFLEXIONS SUR L'OUYRAGE DE M. HOBBES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR L'OUYRAGE DE M. HOBBES

ait une autre opinion de Dieu et de sa sagesse, puisqu'il n'admet que des substances matérielles. Si M. Hobbes était en vie, je n'aurais garde de lui attribuer des sentiments qui lui pourraient nuire ; mais il est diffieile de l'en exempter : il peut s'étre ravisé dans la suite, car il est parvenu à un grand âge: ainsi j'espère que ses erreurs n'auront point été pernicicuses pour lui. Mais comme elles le pourraient étre à d'autres, il est utile de donner des avertissements à ceux qui liront un auteur qui, d'ailleurs, a beaucoup de mérite, et dont on peut profiter en bien des manières. Il est vrai que Dieu ne raisonne pas, à proprement parler, employant du temps comme nous, pour passer d'une vérité à l'autre ; mais, comme il comprend tout à la fois toutes les vérités et toutes les liaisons, il connait toutes les conséquences, et il renferme éminemment en lui tous les raisonnements que nous pouvons faire, et c'est pour cela même que sa sagesse est parfaite.

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