CLXXXIV
%^ Arithmétique.
Lorsqu'un enfant a bien imprimé dans sa mémoire les parties qui se i*emarqiiibt naturellement sur le globe, on peut alors commencer à lui enseigner \ arithmétique. Par les parties qui se remarquent naturellement sur leghbey j'entends les diverses situations des parties de la terre et de la mer, considérées par rapport aux différents noms «t auK distinctions des pays; car ce
n'est pas encore le temps de parler à un enfant de ces lignes artificielles et imaginaires, qu'on a inventées, et auxquelles on a recours, seulement pour rendre cette science plus parfaite.
§ CtXXXV.
De tous les raisonnements abstraits , ceux qui se font par le moyen de l'arithmétique sont les plus faciles , et par conséquent les premiers dont Fesprit est ordinairement capable , ou auxquels il s'accoutume plus aisément. D'ailleurs l'arithmétique est d'un usage si général dans toutes les affaires de la vie , qu'il n'y a presque rien qu'on puisse faire sans son secours; aussi estil certain qu'un homme ne saurait s'enfoncer trop avant dans ce^e science , ni en avoir une connaissance trop parfaite : c'est pourquoi un enfant doit commencer à s'y exercer aussi-tôt qu'il en est capable , s'y perfectionner autant qu'il pourra , et s'y appliquer régulièrement tous les jours, jusqu'à ce qu'il soit maître dans cet art.
Dès qu'il saura V addition et la soustraction y on pourra commencer à le potisser plus avant dans la connaissance de la géographie; et quand il connaîtra les pôles , les zones, les cercles parallèles et les méridiens, il faudra lui enseigner ce que c'est que longitude et latitude, et l'usage des cartes, et lui apprendre par le moyen de$
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nombres placés à côté, quelle est la situation respective des pays, et comment on peut les trouver sur le globe terrestre ; el lorsqu'il sera stylé à tout celsf, on pourra lui montrer le globe céleste; et en lui faisant repasser tous les cercles, mais d'une manière plus particulière celui qu'on nomme écliptique ou zodiaque y les lui imprimer tous dans l'esprit clairement et distincte-, ment, avec la figure et la situation de chaque constellation, qu'on pourra lui faire voir premièrement sur le globe , et ensuite dans les cieux.
V Astronomie.
Cela fait, lorsqu'il connaîtra asseî bien les constellations de notre hémisphère, il sera tertps de commencer à lui donner quelque idée du monde des plaiiètes; et pour cet effet on ne fera pas mal de lui tracet* une figure du système de Copernic^ pour lui expliquer la situation des planètes, et leur éloigneraent respectif du soleil, qui est le centre de leurs révolutions; cela le préparera à comprendre le mouvement et la théorie des planètes, de Ist manière la plus aisée et la plus naturelle ; car puisque les astronomes ne^ doutent pas du mouvement des planètes autour du soleil , il est bon qu'il suive cette hypothèse qui est non - seulement la plus simple et la moins embarrassée , mais aussi la plus ap
paremment véritable en elle - même. Mais en ce point, comme en tout autre qui regarde l'instruction des enfants , il faut bien prendre garde de commencer par ce qui est le plus simple et le plus • aisé , de ne leur enseigner à-la-fois que le moins qu'on peiit d'une science , et de le leur bien imprimer dans l'esprit , avant que de pasr ser à ce qui suit , ou à quelque chose de nouveau. Ne leur proposez d'abord qu'une seule idée très-simple, et ayez soin de voir qu'ils la comprennent bien , avant que de leur proposer autre chose; ajouter aprè. cela quelque auti^ idée simple qui porte itnmédiatement au but que ▼ous avez dans l'esprit. Avançant de cette sorte insensiblement et par degré», vous verrez que, sans être surpris irri confondus, leur esprit s'ouvrira tous les jours, et qu'ils pousseront leurs pensées beaucoup plus loin qu'on n'aurait pu croire. Au reste , lorsqu'un enfant a appris quelque cho^ de lui-même , il n'y a point de meilleur inoyen , pour la lui bien imprimer dans la mémoire , et pour l'encourager à faire de n<^ veaux progrès, que de l'engager à l'enseigner à d'autres.
4ll4 ^^ L'iDUCATIOir