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S* il faut apprendre du grec aux enfants, •
Voilà en peu de mots ce que j'ai imaginé sur la manière dont on doit conduire les .études d'un jeune, ^ifant de bonne maison. Maïs on s'étonnera peut-être que j'aie oublié de parler de la langue grecque, puisque c'est parmi lesGrec^ qu'on trouve, pour ainsi dire, la source et le fondement de tout le savdir qui parait dans notre Europe. Nous avons cette obligation à ce peuple, j'en tombe d'accord, et j'ajouterai même qu'un homme qui ignore la langue grecque lie sau^ rait passer pour -savant. Mais je n'examine pas ici la manière d'élever un enfant dont on voudrait ftire uri savant de profession. Je ne parle que de l'éducation d'un jeune gentilhomme, auquel tout le monde convient que le français et le latin sont nécessaires, vu l'état présent des
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choses. Du reste, lorsqu'il sera boQinHi iait, s'tt -a envie de pousser plus loin ses études , et de s'enfoncer dans la littérature grecque, il apprendra facilement le grec de hii^méme; et s'il n'a point d'inclination pour cette langue, ce quHl en «apprendra sons un précepteur ne lui servira de rien. Tout le temps et toute la peine qiAl aura domiée pour cela sera autaat de temps et de peine employés à une étude qu'il i|igligera et abandonnera entièrement dès qu'il sera maître de lui-même; car^ je vous prie, parmi les gens de lettres même , de cent qui apprennent le grec , combien y en a-t-il qui retiennent ce qu'ils en ont appris au collège, ou qui y fassMit d'asses grands progrès pour lire sans peine les «Mtems grecs et les entendre parfaitement ?^
Pour conclure cet article des études d'un}eane gentilhomme , son gouverneur devrait se Ixen ressouvenir que fsoq afibire ne'cotisïste.pas tant à lui enseigner tout ce qu'on peut savoir (i), qu'à lui inspirer de l'amour et de Testime pour la' seieiice) et à lui donner les ouvertures né*-
(i)'« 1\ n'y a rien tel, dit Biontaigne, que ^àXtéàiet Fap- «rpélît «t raffectipi»»^ au^r^^eot oq ^ fai| qu^ f|ts i^»9à> « chargés 4^ livres; on leur donne à coups de fooet eu garde « leur pochette pleine de science, laquelle, pour Lien faire, « il ne faut pas seulement loger chez soi, il la faut espou- M se?.» Eu€U9, 11?. I, ch. XXV.
Qftsaaitea pour aq aocfuénv par kn-«iéiDe, l(»?s-* <p,'U anjra eavie de *> ,ppiiqa«.
M»»)e tte iauraift m'empécker é% transc^i^ encore ici les judieiciism réfleaions qu'dn oélèère écn'«aiii(i) français a faites au svjet de» langues, tt L'oB ne pefut guère, dit-*il, ckargev Fiafence « de k C0iuaaissance de trop de langue», et i) CL me semble que l'on devrait mettre toute son « j^pèkation à l'en instruire. Elles soat utiles à » toutes les ceodîlîous de» hommes-, et elles leur « onvrent également 1 entrée, ou à une profonde , <i on à ime facile et agréable ëvudition. Si> Yoa « remet cette étude si pénible à un âge un peu^ «. plus avancé et qu'on appelle la jeunesse , ou? « l'on n'a pas la force de l'embrasser par choix , « ou l'on n'a pas celle d'y persévérer; et si Ton « j persévère , c'est consumer à la recherche oc des. langues le même temps qui est ccmsacré tf à l'usage que Fon en doit faire ; c'est boraet ce à la science iks mots un ikge quî veut déjà <^ aller plus l(»n, et qui demande des choses; c'est (c aa moins airoir perdu les [U^eimières et lesptus^ « belles années de $a vie. Un si grand fonds ue a se peut bien jEaire que lorsque tout s'imprime (c dans l'ame naturellement et profondément ;qu^ ■ ■' I II ■ I ^. ■ ■ ■ ■■ ■■■ Il , ■ >
(i) La Bniyère, dans ses Caractères , di. XIV, de quelques Usa^gBâ, t. li, p. aaa, édit. d^Anut 1743.
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a la mémoire e^t neuve, prompte et fidèle; que <c l'esprit et le cœur sont encore vides de pastf sions, de^ soins et de désirs, et que l'on est c déterminé à de longs * travaux pBf ceux des* ce queb oh dépend. Je suis persuadé que le petit « nombre d'habiles, ou le gland nombre de gens a superficiels vient de; l'oubli de cette pratique. »
Tout le monde, je pense, tombera d'accord avec ce judicieux jéorivain, que l'étade des lan* gue$ convient proprement à nos. premières années. Mais c'est aux parents et aux gouverneurs à considérer quelles langues il est à prc^pos qu'un en&nl apprenne; car il faut. avouer, que c'est £ûre perdre à un enfant son temps et sa peine, que de l'engager à apprendre des langues dont il n'y a pas apparence qu'il fasse jamais aucim usage dans le genre de vie auquel il est désigné , ou qu'on peut s'assurer, i^.son tempécament, qu'il laissera entièrement échapper de sa mémoire , dès que , d^arrassé d'un gouverneur dans un âge plus avancé , il s'abandonnera à ses propres inchnattons ^ qui, selon toutes les apparences, ne lui permettront pas de donner aucjone partie de son temps à cultiver les Ismgues savantes 1, ou à s'appliquer à ancune autre langue qu'à celles qu'un constant usage ou quelque nécessité particulière le forcera de conserver.
Cependant, pour l'amour des enfants destinés
aiix lettres ^ j'ajouterai une autre réflexion que le même auteur a jointe au passage que vous venez de voir, pour le fortifier davantage. Elle mé* rite d'être soigneusement considérée par tous ceux qui désirent d'être véritablement savants ; et les msutres ne peuvent mieux faire que de l'inculquer à leurs disciples, et de la leur lais^ ser comme une règle très-propre à les diriger dans les études qu'ils feront d'eux-mêmes dans la suite. « L'étude des textes, ajoute cet auteur (i) , « ne peut jaihais être assez recommandée ; c'est « le chemin le plus court, le plus 3Ûr et le plus « agréable pour tout genre d'érudition. Ayez les « choses de la première main ; puisez à la source ; «. maniez , remaniez le texte; apprenez-le de mé- « moire; citez-le dans les occasions: songez sur- M tout à en pénétrer le sens dans toute son fc étendue et dans toutes ses circonstances. Conte ciliez un auteur original; ajustez ses- principes; c< tirez vous-même les conclusions. Les premiers «c commentateurs se sont trouvés dans le cas où ce je désire que vous soyez ; n'empruntez leurs a lumières, et ne suivez leurs vues qu'où les « vôtres seraient trop courtes ; leurs explications «c ne sont pas à vous , et peuvent aisément vous « échapper : vos observations au contraire pais-
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« sent de votre esfprit, et j deneurent; vsus les a i«trottvee plus ordinairement àaoB ia CMnner«- « wtMMBt , dans la tsonaultation et dans la dispute. « Ayes le plaisir de voir que yous n'éties jan^té « dans la focUftre <|tie par èes difitcakés qui mut « tnvittcij^es, où les coinneotaAeim ^ les schoce lÂastofi iett|c-*ixiéHies demeurent comts^ sî fer^ « tihB d'ailleurs, aï abcmdants et «t ohai^a d'taae a ^aine «t lasItieifeBe lérodition dan^ les endroîls a claÂrs et qui ne font de peine tel à etiK bî « anx «lutrest. Achevez «nsi de voae c<lovaiaore « par Cette niédbode d'étudiwi, qae c'«st ia.pa- « #éase des* boatt»e& qui a emcovra^ le pédati-- « èiame à^ossir pkitot qu'à emchiir les bîbliDcr thèqgffis , À lacre périr le tecl» soiis ie pends «des coQMnenftaiîpes ., et qu'elle « <en cela agi « contre ^soinaiéine «et contre «es plus chems m* c létètiy en nmltipltani k» lèctunesi^ les redftep- « ches et le tratail qu'«Ue ohepchaôft à éviter. » <^^g« tet avis ne semble inléresser 'que les §Uï» de leUstrS;, il est d'une ~si igriuide ânpor'iMice pour imm r^er leur éducation ^ Jeurs étlides, que j''espÀie)qa'oiQ«eaieblàiBet*afMi«nt de it'e^oir «rnséré ici, aur^tout ai Ton coBsidère qyiil peutayosi être d'usai|^.à des gpeniilshoiBmes, si jainaîs ils ont eaiée de pënétrer au-Klelà de la simple svLCÙLce des choses , d'approfondir quelr que science particulière , et de 4fe'en «endre maîtres.
B£S JilCfAirTS. 4^
S CCIL , Im méthode eit VaMe deis éttsd^s.
On dit que ce qui i»e(; 1^ pluB de différence «ntre les hommes, c'est l'ordre et la constance. Je suis du oh^s fort assuré que rien n'aplanit et n'abrège tant le chemin de toute personne qui appretïd q^elque chose ^ et n^ lui fait faire Unt de progrès sans, beaucoup de peine , qu'une bonne méthpde» c'est de quoi un précepteur devrait convaincre son disciple , en. l'accoutumant.à ^ivre une méthode exacte dans toutes M6 étiides^ en lui montrant en quoi elle consiste,, et ^^Is en sont les. avantages, et en lui faisant connaître ses différentes espèces, tant celle où l'on descend du général au particulier , que celle où l'on va des idées particulières à celles qui sont plus générales. Il devrait ausisi l'exercer dans ces àûùx tnéthodes , et lui montrer en quel cas l'une est préférable à l'autre, et à quelles fins l'une ou l'autre, peut le mieux servir.
Dans l'histoire il faut suivre l'ordre des temps, et dans les recherches philosophiques celui de la nature, c'est-à-dire que comme dans toute progi^ession on passe du lieu où l'on est à celui qui suit immédiatement, de même l'esprit doit
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considérai les choses dans leur état le plus simple , en passant de ce qu'il connaît à ce qui vient immédiatement après y et qui est lié à ce qu'il voit déjà, eh avançant toujours vers le but bu il a dessein de parvenir par un examen suivi de toutes les parties les moins composée» dans lesquelles le sujet peut être divisé. Pour cet effet , un précepteur rendra un grand service à son disciple^ s'il Taccoutume à bien distinguer, je veux dire à se former des idées distinctes de toutes les choses où J'esprît peut découvrir quelque différence réelle , et en même temps à éviter avec autant de soi^ des distinctions purement verj^les, par -tout .où 41 n*a point d'idées qui soient clairement et réellement distinétès.
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PISS EOTFAKTS. 4^5