‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 2)Chapitre 131 sur 144 · S CXCIX · texte numérisé non relu

S CXCIX

La Physique.

Mais, pour revenir à l'étude de la physique, quoique le monde 3oit plein de systèmes de cette partie de la philosophie, je ne saurais dire que j'en connaisse aucun qui soit propre à être enseigné à un enfant, comme une science où il puisse s'assurer de trouver des connaissances cer^

taines et évidentes, qui est ce que promettent toutes les sciences* Je ne veux pas inférer de là qu'on ne doive lire aucun système de physique. Dans un siècle aussi éclairé que celui-ci, il est nécessaire qu'un gentilhomme en examine quelques-^UBS pour en pouvoir discourir dans les conversations. Mais', .soit qu'on lui mette entre les mains le système de Descartes , comme .celui qui est le plus à la mode, ou qu'on juge à pro* pos de lui donner une légère idée de celui-là et de «plusieurs autres , je crois qu'il faut lire tous lesd^érents systèmes de physique qui ont paru dans cette partie du monde, que nous connaissens plutôt pour savoir les hypothèses et entendre les termes et les façons de parler des di-* verses sectes, que dans l'espérance d'acquérir par 1^ une connaissance certaine et évidente des ouvrages de la nature. Tout ce qu'on peut dire , c'est que les philosophes modernes qui expliquent les effets de la nature , par la seule considération de la figure et du mouvement des différentes parties de la matière, parlent en plusieurs dioses plus intelligiblement que les péripatéticiens qui ont régné dans les écoles immédiatement avant ces premiers. Que si quelqu'un veut pousser plus loin l'étude de la physique , et connaître les différentes opinions des anciens, il

.'râ

a a qu'à lire le systé^^e i^ellecM^ {%) èxi âccteur CudwoFthi, où «e $avwt; hoi9a«i« % rasmm* blé et expliqué avec ïm^ d'exsw^titud^ et. de ju* gement le& sei^tisnep^s des pt^osop^tm graea^ qu on y peut mieuiK \ok 1^9 f«rii^)|)«» cLqiA il9 se soat servi;s» et les pruieip^lesi byp«)*h<èsiEî^. qui les ont paFls^és eu difTéfreates aiectt»^ quie àam aucun autre livre que je coiMor^isse. Mai» jsr oiB voudrais pourtaïkt pa& détowoes:* qui qu« ee soit de Vétude de la nature ^ sousi prétentei que toute la connaissance que nous e^a àvoiais, ou peut-étFe que nous ei» pouvons jamsâa avcôr^ n^ saoiv^i* parvenir à ce poiiit d'évidence et de oevtitude qu eUe devrait avoir pour être uaie vérttaUe science. Il y a quantité de cboses daaft ia «ative qu'il est à propos et nécessaire qu'un geatithomme «ache^ et plusieuira autres qui, p^^ le plaisir et l'avantage qu elles appartent à ceiM qui les recherchent^ les récompensent abondaaamenjl; de leur peine. Maiâ je erois qu'on appireodn plutôt ces sortes de choses àft ceui^ qui joignent

^^^—^■7— '■— ' ■ '■■■ "'■ ■ , I' ■ ■»y»>i't n !■■«» P'HI'H ^iippi^

(i) Il est écrit «n an^aîa; nûa e«iix. qui «'«ttteadeotpn

cette langue peuvent désonnais le conniutre pai; plusieurs beaux extraits que M. Le Clerqen a donnés dans sa Bibliothèque choisie, tome I, page 6^; tome II, pag. li, 7S; tome III, page ix; tome Y, page ^; tiomé Yil, ptf#t^; tome Vllly page 11 , 4^> tome IX^ peg. i^). 1^4.

1«» eikpéwnee^ et les observations auv raisoQpe^ m^nts, que de ceux qui font des $ystém(^fi pur^r na^ot spéculatifs ; au9$i les écrite de cette pF^-^ mière espèce, comme sont plusieurs de ceu:$ qui ont 4té composas par M- Boyle , et pa? d'autre^' qui ont écrit dç l'agriculture, de l'art d'élever le« arbres, du jardinage, et de telles autres cbos^es, soi^t trè$-propres pour un gentilhomme , lorsqu'il a qi^ielque conniii$sance de^ syatéme^ de pbysi* qv^% qui sont W plus à la mode. *

& ce.

Lk Physique.

Quoique.WB systèmes de physique que j'ai.vus jusqu'ici, ne nous donnent pas grande espérance de yoir uu traité appuyé de preuves claires et cwtainjes, qui h'sm un cçrps entier de physique , en commençant par les premiers principes des corps en général , cependant Tincomparable B|. NçwtQp nous a fait voir combien les matbé- Hiatiques, appliquîées à quelques parties de la nature, peuvent servir, par le moyen de certains principes prouvés par des fîiits incoutest?^blw» à nous donner, si j'oae ainsi dire, la con- HaîsSance de qtielques provinces particulières de cet univers , dont notre esprit ne saurait jamais pénétrer tous les admirables ressprljs. Si

456 1>E l'éducatiow

d'autres personnes nous faisaient une description aussi juste et aussi nette de quelques autres parties de la nature , que celle que ce savant homme a faite du monde des planètes et des plus considérables phénomènes qu'on y remarque, dans son excellent ouvrage intitulé , Philosophiœ naturalis principia tnathematica (i), nous pourrions espérer avec le temps d'avoir une connaissance plus certaine et plus évidente de plusieurs parties de cette prodigieuse machine, que nous n'avons pu l'attendre jusqu'ici; et quoiqu'il y ait peu de gens qui soient assez savants dans les mathématiques pour entendre les démonstrations de M. Newton, cepcRdant, comme les plus habjles mathématiciens qui les ont examinées

(i) Principes mathématiques de la philosophie natureHe. Il fant joindre à cet ouvrage- nn aiid*e momimeBt de la p^ nétration et de la sagacité de ce grand génie , je veux dire ton Traité d'Optique, où il a fait yoir, par des expériences incontestables, en quoi consiste la lumière, ce que c'est que le» couleurs qtii en émanent , ce qui constitue chaque couleur partienlière , ce qui les distingue lea unes. 4^ autres,^ etc. Une cbose qui rend encore cet ofLvrage très-précieux, c'est que l'auteur nous découvre ses opinions sur les matières les plus importantes de la physique. La traduction qu'on en a faite en' français, é été publiée à Amsterdam en 1720, et el|^ a été réimprimée à Parts en l'j^^f Cette seconde édition, qui a été revue avec soin et corrigée en. quantité d*endroits , est de beaucoup préférable à l'édition d'Amsterdam.

DES EITFANTS. ' 457

reconnaissent qu^elles sont incontestables , ^on livre mérite d'être lu, et n'apportera pas peu d'utilité et de plaisir à ceux qui , voulant connaître les mouvements, les prppriëtés et les opérations des grandes masses de matière qui sont dans l'orbe solaire, considéreront seulement ay«c soin les conclusions qu'il renferme comme des propositions bien proUvées et déduites de leurs vé-litables iprincipes. .

Page 1