LX
Obstacle de la part des domestiques.
Mais ici se présente un grand obstacle de la part des domestiques. Ces sortes de gens sont si fous et si opiniâtres, qu'il est bien difficile de les empêcher de s'opposer en cette occasion au dessein d'un père et d'une mère. Les enfants
g6 DE l'iéducatiow
tie, qu'elles ne sauraient conserver si elles en violent souvent les lois. Quant à la crainte que les enfants ont de déplaire à leurs parents , elle deviendra fort inutile, si les parents sont trop prompts à s'apaiser. C'est pourquoi il faudrait qu'avant toutes choses les pères examinassent avec soin si les fautes de leurs enfants sont assez considérables pour mériter qu'ils leur en témoignent leur mécontentement. Mais lorsque leur déplaisir a une fois éclaté jusqu'à être suivi de quelque punition, il ne faut pas qu'ils quittent d'abord la sévérité de leur air, ils doivent au contraire ne les remettre dans leurs bonnes grâces qu'avec quelque peine, et différer de leur pai'donner jusqu'à ce que leur application à bien faire, plus forte même qu'à l'ordinaire , ait prouvé la sincérité de leur repentir. Si cela n'est pas réglé de cette manière, la punition étant trop familière , deviendra commune et ordinaire. Les enfants se feront à ce manège. Après une faute commise, viendra le châtiment, et aussitôt après le pardon; cela sera aussi naturel et ordinaire qu'il est naturel de voir la nuit fit te jour se succéder l'un à l'autre.