LIX
Second moyen.
En second lieu, pour faire que ces idées d'honneur et de honte s'impriment plus profondément dans l'esprit des enfants, et qu'elles soient d'un plus grand poids, il faudrait joindre constamment aux louanges qi^'on leur donne ou au blâme dont on. Ie3 charge , <^ertaines choses agréables ou désagi;éables , non comoùe des récompenses ou des peines de telle ou telle action en particulier^ mais comme des choses destinées par un ordre nécessaire et constant 4 . tous ceux qui, par leur. conduit^, se. sont rendus dignes de^ blâme ou 4e;louaqge. En trs^itant aipsi les enfant^ , on leur fait sentir aussi fortement qu'il e$t possible qqe ceux qui se rendent rqcommandables par leur application à bien faire, SOQ^ nécessairement aim<és et chérii$v,'d^. tout le monde , et obtiennent tous les aut)^es .avantages en c(Hiséquence de cette même appliçaliQn; mais qiie, d'un autrç cQ.té,.si un enfant se. rend, mé-
DES ENFANTS. gi
prîsable par sa mauvaise conduite , et n'a pas soin de se maintenir en réputation , il sera infailliblement regardé de tout le monde avec indifférence et avec mépris , et que dans cet état il manquera , par une suite nécessaire , de tout ce qui pourrait le satisfaire, ou lui donner du plaisir. Par ce moyen , les objets de leurs désirs leur serviront comme de motif pour les porter à la vertu , une expérience continuelle leur faisant sentir dès le commencement que les choses qu'ils aiment n'appartiennent et ne sont données effectivement qu'à ceux qui se rendent estimables par leur bonne conduite. Si par-là voyiis pouvez une fois leur inspirer de la honte pour leurs fautes, (car je serais fort d'avis qu'on n'eût pas recours à d'autres punitions), et les rendre sensibles au plaisir d'être estimés , vous tournerez leur esprit comme vous voudrez ; et dès-lors ils se plairont à tout ce qui pourra contribuer à les rendre vertueux.