BE LA PERCEPTION
La perception est la première idée simple produite par la réflexion,
XJk perception étant la première faculté de Yamé qjav est occupée de nos idées , est aussi la première et la plus simple idée que nous recevions par le moyen de la réflexion. Quelques-uns la désignent par le nom général dépensée. Mais comme ce dernier mot signifie proprement une opération de l'esprit siir ses idées, dans laquelle' il est actif et considère une chose avec un certain degré d'attention volontaire , il vaut mieux employer ici le terme de perception, qui fait mieux comprendre la nature de cette faculté. Car dans ce qu'on nomme simplement percep^ tion, l'esprit est |M:)ur l'ordinaire, purement passif,
JLIVRE II, CHiuPITBE IX. 289
ne pouvant éviter de percevoir ce qu'il perçoit actuellement »(53).
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// VLjf a de la Perception que lorsque l'impres*-
sion agit sur V esprit.
Chacun peut mieux connaître ce que c'est que perception , en réfléchissant sur ce qu'il fait lui-même, lorsqu'il voit, qu'il entend, qu'il sent, etc. ,. ou qu'il pense , que par tout ce que je lui pourrais dire sur ce sujet. Quiconque réfléchit sur ce qui se passe dans son 'esprit, ne peut éviter d'en être instruit ; et s'il n'y fait aucune réflexion, tous les discours du monde ne sauraient lui en donner aucune idée.
Ce qu'il y a de certain, c'est que, quelques altérations, quelques impressions qui se fassent dans notre corps ou sur ses parties extérieures,
(53) « On pourrait peut-être ajouter que les .bëtes ont « de la perception ^ et qu'il n'est point nécessaire qu'elles (c aient de la pensée , c'est-à-dire qu'elles aient de la ré- « flexion^ ou ce qui en peut être l'objet; aussi avons-nous «( de petites perceptions nous-mêmes , dont nous ne noufi « apercevons point dans notre état présent. »
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il n'y a point de perception , si Tesprit n'est pas actuellement frappé de ces altérations, si ces impressions ne parviennent point jusque dans l'intérieur de notre anie. Le feu, par exemple, peut l»iiler notre corps, s«m produire d'autre effet sur nous , que sur une pièce de bois qu'il consume, à moins que le mouvement causé dans notre corps» par le feu, ne toit continué jusqu'au cerveau, et qu'il ne s'excite dans notre esprit un sentiment dé chaleur^ ou une idée de douleur, en quoi consiste la perception actuelle.
Chacun a pu observer souvent en soi-même que , lorsque son esprit est fortement appliqué à contempler certains objets, à réfléchir sur les idées qu'ils excitent en lui, il ne s'aperçoit en aucune manière de l'impression que certains corps font sur l'organe de l'ouïe, quoiqu'ils y causent les mêmes changements qui se font ordinairement pour la production de Vidée du son. L'impressioA qui se fait alors sur l'organe peut être assez forte ; mais l'ame n'en prenant aucune connaissance, il n'en provient aucune perception (54) ; et «quoique le mouvement qui
(54) « J'aimerais mieux distinguer entre perception et *^ «'^apercevoir : la perception de la lumière ou de la couleur, '( par exemple , dont nous nous apercevons , est composée
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