LIVRE I, CHAPITRE 1. ag
qui ne sont point innées , ne trouvent pas créance dans notre esprit , dès que nous les entendons proposer, ce qui les distingue de ces premiers principes que nous venons de voir , et de toutes les autres vérités innées. J'aurai bientôt occasion de parler d'une manière plus précise du consentement qu'on donne à certaines propositions dès qu'on les entend prononcer. le me contenterai de reconnaître ici fi[:anchement , que les maximes qu'on nomme innées, et les démonstrations mathématiques, diffèrent en ce que celles-ci ont besoin du secours de la raison, qui les jende sensibles et nous les fasse recevoir par. le moyen de certaines preuves; au lieu que les maximes qu'on veut faire passer pour principes innés , sont reconnues pour véritables dès qu'on vient à les comprendre, sans qu'on ait besoin pour cela du moindre raisonnement. Mais qu'il me soit permis en même temps de remarquer que cela même fait voir clairement le peu de solidité qu'il y a à dire , comme font les partisans des idées innées, que l'usage de la raison est nécessaire pour découvrir ces vérités générales : puisqu'on doit avouer de bonne foi qu'il n'est besoin d'aucun raisonnement pour en reconnaître la cer- . titude. Et en effet, je ne pense pas que ceux qui ont recours à cette réponse , osent soutenir , par exemple , que la connaissance de cette maxime :
30 DE l'eîTTENDEMEWT HtfMAlir.
// est impossible qu'une chose soîi et ne soit pas en même temps y soit ronrfée sur -une conséqttétttte tirée par le secout»s de Abtre raison. Car ce seï*ait détruire la boiité qu'ils prétendent qué^Dieu a eue pout* les hoittnies, en gravant dàtisleurs aittes ces sortes de iHa^imes*; ce serait, dïs^ je, ahéatitir tout -à-fait cette graCe dont ils paraissetlt si jâloUx, que dte feire dépendre, la connaissance de ces^ premiers principes , d'une suite de peîlséeis déduites avec peine les unes des autres. Comme tout raisonnement suppose qUélijué recherche, il demande du soin et de* l'application , cela* est incohtéstahle. D'ailleurs , eti' qUel sens , tant' sôit peu raisonnable , peut*oh soutenir, qu'afiU de découvrir Ce qui a été imprimé dans liofre ame par lia nature , pour qu'il serve dé guide et dfe fondement à nôtre r^son, iffiàlle foire usage de cette même rai^n?