‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 18 sur 141 · LIVRE I, CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I. a

fiieurs véritéB. C'est «cette capacité , dit-on , qui est Jinnée ; .e( c'est la, coniiaissance de telle ou telle v^té qu'on dpd: appeler acquise (a). Mais, si .c'est là tout çp qu'on préteiifd , à quoi Jbon s'édiavdSkr ^ soi^emir qu'il y a certaines nsaxiEiQos inaé/es? JËt s'il y a des vérités qui puissent être imprimées dans l'ent^nidein.ent , saiis qu'il les apeicçoive , }e ne v.ois pas commeii^; elles peuveiait différeir^ par rapport à leur origine, de toute autre vâ*ité q^^ie l'e&prit est capable de oQnnaitre. Il £siut, iw qu^ toutes soient iiuxéeis, ou qu'elles viennent }»utes d'ailleurs dans l'ame. C'est en vain qu'on pinét^nd ks distinguer à aet égacd. Et par conséquent , quiconque parle »de dootioifes innées dans l'entendement ( s'il .entend par là certaines vérités particulières) ne saurait imaff^er que ces notions soient da»^ rwti5i*decnefit de telle manière que l'entendement ne les ait jamais aperçues , et qu'il ii'en ait effectivement aucune connaissay^ce.Car si c/bs mots, éire dffJis Vwtimdement , >empop:tdJ9>t quelque ciMse de positif, ils signifieiït , être aperçu et compris par l'entendement. De sorte <j[ue sou-

(a) « Les idées et les vérités nous sont innées , comme des « inclinations y des dispositions, des habitudes ou des vir- « tualités naturelles, et non pas comme des actions, quoi- « que ces virtualités soient toujours accompagnées de quelle ques actions insensibles q[ui y répondent. »

a4 I>E îJETfTtTXDEîiiEl^T HtfMAiN

tenir qu'une chose est dafas l'entendement, et qu'elle n'est pas conçue par Fetitendement , qu^elle^est dans Fesjîrit sans que l'esprit l'aperçoive , c'est autant que si l'on disait qu'une chose est et n'est pas dans l'esprit ou dans l'entendement (3). Si ..donc ces deux propositions, Ce qui est, est; et, // estUrhpoÉsible qu'une cJiose soit et ne soit pas en même temps, étaient gravées dans l'ame ^es hommes par la nature , les enfanta ne pourraient pas les ignorer : les petits enfants, dis-je, et tous ceux qui ont une ame, devraient les avoir nécessairement dans l'esprit , en reccmnaître la vérité , ^ y donner leur consentement.

(3) « Nous avons une infinité de connaissances dont nous « ne nous apercevons pas toujours, pas même lorstpie nous n en avons besoin; c'est à la mémdire de les garder, et /< à la rémimscenoe de nous les représenter, comme elle « fait souvent au besoin, mais non pas toujours. Cela s'ap- « pelle fort bien souvenir (suhvenire), car la réminiscence « demande ' quelque aide, et il faut bien que, dans cette « multitude de nog^ connaissances, nous soyons déterminés « par quelle cbose à renouveler Tune plutôt que Tautre, n puisqu'il est impossible de penser distinctement à la fois - à tout ce que nous savons. »

Livai I, CHAPITRE f. a5

Réfutation d'une seconde raison , dont on se ^rt pour prouver quil y a des vérités innées : qui est , que les hommes connaissent ces vérités dès qu'ils ont V usage de leur raison.

Pour éviter cette difficulté , les défenseurs des idées innées ont accoutumé de répondre ; Que les hommes connaissent ces vérités et y doni],ent leur consentement y dès quHls viennent à avoir t usage de leur raison , ce qui suffît , selon eux , pour faire voir que ces vérités sont innées.

Je réponds, à cela , que des expressions ambiguës qui ne signifient presque rien, passent pour des raisons évidentes dans l'esprit de ceux qui, pleins de quelque préjugé , ne prennent pas la peine d'examiner avec assez d'applicaltion ce qu'ils disent pour défendre leur propre sentiment. C'est ce qui paraît évidemment dans cette occasion. Car pour donner à la réponse que je viens de proposer, ui\sens tant soit peu raisonnable, par rapport à la question qui nous occupe, 'on ne peut lui faire signifier que l'une Ofu l'autWî de ces deux choses; savoir, qu'aussitôt que lès hommes viennent à faire usage de

.a8 DE l'eittendejuent humain.

l'usage de la raison que rentendement peut voir ce qui est originairement imprimé dans l'entendement lui-même , et qui ne saurait y être avaht qu'il l'aperçoive. De sorte que , doipoet à la maison la charge de découvrir des vérités qui sont imprimées dans l'esprit de cette manière, c'est dire que l'usage de la raison fait voii: à ITiomme ce qu'il savait déjà : et par conséquent l'opinion de ceux qui osent avancer que ces vérités sont innées dans l'esprit des hommes , qu'elles y sont originairement empreintes avant l'usage de la raison, quoique l'homme les ignore constamment , ju^rfà ce qu'il vienne à faire usage de sa raison, cette opinion, dis -je, çeyient proprement à ceci : que l'homme connaît et ne connaît pas en même temps ces sortes de vérités (4).

S lO.

On répliquera, peut-être, que les démonstrations mathématiques et plusieurs autres vérités

(4) « Pourquoi faudrait-il' qu'on ne pût rien posséder <K dans l'ame dont on ne se * fut .déjji .servi ? avoir une « chose, sans s'en servir, est-ce la même chose que d'avoir « seulement la faculté de l'acquérir? si cela était, nous « ne posséderions jamais qUe les choses dont nous jouissons, « au lieu qu'on sait qu'outre t'a facuUéi et lk>b}et, il faut « souvent quelque disposition^ dans la faqulté, et dans l'ob- « jet , et dans l'un et l'autre , pour que la faculté s'exerce « sur 1 objet. »

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