‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 2 sur 141 · VJ . , AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VJ . , AVERTISSEMENT

glais, j'9i été biçn aise d'en avertir les lecteurs français^ pour ' empêcher , s'il se^peut, qu'on ne bi^bouille inutilement du Q|g[Hiei' en la renouvelant; car apparemment elle serait sifflée ail* leurs, Goin:0)e:dle l'a. été en Angleterre.

.>. Pour. revenir, à ma traduction, je n'ai point songé à disputer le prix de rélo«iti«n à M. Locke, qui j à ce iffion dit, éorit très-bien en anglais. Si l'on doit' tâcher d'enchéri? sur son original, c'est en traduisant des harangues et des pièces d'éloquence, dont la plusi grande beauté consiste ^ans la noblesse ^ et la vivacité des expressions. C'est ainsi que Cicéron en usa en traduisant les harangues qu'£schine et Sémbsthène avaient prononcées l'un^contre l'autre : Je , les ai' tra^ duites en orateur (a) ^^^^ rii , et non en ini^prèle. Dans, ces sortes d'ouvrage j un bon iraduçteur f^fite de tous les avantages qui ^. pré* sentent, eixiployant, dans l'occasion , des images plus fortes, des tours plus vifs^ des expressions

ii^HM^

(«) Nec converti ut interpres, sed ut orator. bc'èptinto "Génère OrtUomm, a. i^ / '. , .

BU TRAD-UCTEUR. vij

plus brillantes, et se donnant la liberté , non^ seulement d'ajouter certaines pensées , mais même d'en retrancher d'autres qu'il ne crokt pas pouvoir me^re^eureusement en œuvre (a) ; qum Desperat tractatànitescer^ passe , relinquiL Maiei qui ne voit qu'une pareilll^ liberté serait fort niaV placée dans «un ouvrage de pur raisonnjemenfc comme celui-ci, où une expression trop Iia3)le ou trop. forte déguise la» vérité, et l'empêche do se montrer- à l'esprit dans sa pureté naturelle? Je me suis donc fait mne affaire de suivre 'ficru-; puLeusement mon a]atem? , sans m'écar ter le moms du monde ; et si j'ai pris quelque liberté (* caroa ne peut s'en passer), c'a toujours été sous .% bonr plaisir de IMLocke , qui entend assez bien^ le français pour juger quand je rendais exacte^ ment sa pensée, quoique je prisse un tofjirud peu différent de <:elxii q^'il airâit pris dans 'sa Isuigufi. Et peut^^e q^^, sans.cette permissioti^ je ntauY'ais osé^ien hiçn <^bi5 «PifroitSr, prendre de& liberté^ qi^'i^; ^tlaôjfTrpvea^e ijgiécessaireiowt

t«) HdRAT. m^Arte poeikd,^ vew. i'4&, i5o.

viij AVERTISSEMElSrT

pour bien feprësèiiter la pensée de routeur»

Sur quoi il me vient dans l'esprit qu'on pourraîc eotnpârsr tm traducteur stvèc un plénîpoteHêaire ; la comparaison est maguifi^i^i; cfl je crains bien ^u'ou me reproche de Êiire un peu trop Valoir un métier qui if est pas en grand crédit dans le monde. Quoi qu'il ed soit, il me semble que te traducteur et le plénipotentiaire nie sau* raient bien profiter ^e tous lexsrs avantages , si leurs pouvoirs sont trop limités. Je n'ai point à me plaindre de* ùe c6té-là<

lia seijle liberté que je me suis donnée san^ a«rcune réserve , c'est de m'exprimer le plus nettement qu'il m'a été possible, fài mis tout en usage potir cdft. Tai évité ave^in lé i^le figuré ^ dès qtf il po1itvai^ jeter quelque c^oisfusibti dans Fi»s{ltk. Sans me mettre eu peiité de la mesure et de l'harmôûie dfes péti<lâe9, j^fti répété le même mot toutes tes t&ièi qiiW tettie Répétition poiiv^l sauver la nklindre' appareitice d'équivoque; je toe suis g«rti^ àulàiifr qû^ fjpti- |M m'en ressouvenir, de tou«^ les expédi^ts^qne nés grain^ mairiens ont inveutés |kmix: ^IdMe» fasoc i«p-

DU TRADTJCTBUlt. ix

ports. Toutes les fois que je n'ai pais bien coin-pris une pensée en anglais, parce quelle rënfieN mait quelque rap^rt éoutëuiL ( car les Atigltfis ne sont pas si scrupuleux que tiou^ 6ur cet article)^ j'ai tâché, après l'avoir comprise, de l'exprimer si clairement en français, qu'on ne put ëiriter de l'entendre. Ces* principalement ^ l£l netteté que la langue française empotiie le {Mis sur tontes ks smllm bnglies, sans en étcèiiîtèf les faingoes savantes^ afutatit que j't^n puil» juger. Ëlc'estpoDrcelà,dit le RLami(f),^tt'3^//<9^ pUas propre iqu'auseane autre ptntp ttaiPer ieâ scéimcés, parce qu'eUe le fait apec tipm tidrnîtaUÉ clarté. Je îi'ai gardé de me figuti^ que «flà tttt^ dnctiôo en smt tine pretitt^; mais je fmiâ dâ« que fe n'ai rien iépargné pour tue feîre biiteil^ dre, et que mes scrupules oM obligé it^ Iib'c^è k exprimer en anglais quantité d'^ndlrcitsé.d'cUli? manière çhis précise et ^\k diàitiCte'^'il n'avait &k daiÉS les tt^ois («etidiières édftfon!^ de )^ Kvire. , ^ ; '

d'Amsterdam, ^699.

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