‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 3 sur 141 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Cependant , comme il n'y a point de langue qui, par quelque endroit, ne soit inférieure à quelque autre, j'ai éprouvé .dans cette traduc-* tion , ce que je ne savais autrefois que par ouïdire, que la langue anglaise est beaucoup plus abondante en termes que la langue française^ et qu'elle s'accommode beaucoup mieux des mots tout-à*fait nouveaux. Malgré les règles que nos grammairiens ont prescrites sur ce dernier artide, je crois qu'ils ne trouveront pas mauvais qfie j'aie employé des termes qui ne sont pas fort connus dans le monde", pour pouvoir exprimer des idées, toutes nouvelles. Je n'^i guère pris cette liberté, que je n'en aie Êiit voir la nécessité dans une petite note. Je ne sais si l'on se contentera de mes raisons. Je pourrais m'appuyer.de l'autorité du plus savant des Romains, qui , q]^elque jaloux qu'il fut de la piu*eté de sa langue, coixune il paraît par ses discours ^/el- V Orateur y ne put se dispenser de faire de ndu* veaux mqts dans ses Traités philoiiophiques.

Mais .un tel exemple ne tire point à contéqiience pour moi, fea' toimbe d'accord. Cicéron..

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DU TRADUCTEUR. xj

a^t le secret d'adoucir la rudesse de ces nouveaux sons par le charme de son éloquence y et dédommageait bientôt son lecteur par milie beaux tours d'expression qu'il avait à commandement. Mais, s'il ne m'appartient pas d'autoriser la liberté que j'ai prise, par l'exemple de cet illustre Romain, qu'on me permettf d'imiter en cela nos philosophes modernes , qui ne font aucune difficulté de faire de nouveaux mots, quand ils en ont besoin; comme il me serait aisé de le prouver, si la chose en valait ]a peine. Au reste, quoique M. Locke ait l'honnêteté de témoigner publiquement qu'il approuve ma traduction , je déclare que je ne prétends pas me prévaloir de cette approbation. Elle signifie tout au plus qu'en gros je suis entré dans son sens; ^jnais elle ne garantit point les fautes particulières qui peuvent m'être échappées. Malgré toute l'attention que M. Locke a donnée à la lecture que je lui ai faite de ma traduction , avant que de l'envoyer à l'imprimeur, il peut fort bien avoir laissé passer des expressions -qui ne rendent pas omctement sa pensée. Mais, quoi qu'on pense

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de cette traduction, je m'imagme que j'y trou^ Terai encore •{]dus de défauts que biea . des lec* teurs plus éclairés que moi, parce qu'il ny a pas apparence qu'ils s'avisent de l'examiner àvee autant de soin que j'ai i^^<Ju de lé faire.

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