‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 70 sur 141 · LIVRE. II,' GHAPITRS I · texte numérisé non relu

LIVRE. II,' GHAPITRS I

Cela posé, la première chose qiii se présente à examiner, c'est comment Vhomm^ vient à iwoir toutes ces idées? Je sais que c^est un senti-ment généralement établi, que tous les hommes ont dçs idées innées , et certains caractères originaux qui ont été grayés dans leur ame dès le premier moment de leur existence. J'ai déjà examiné au long ce sentiment; et je m'imagine que ce que j'ai dit, dans le Livre précédent, pour le réfuter, sera reçu avec beaucoup plus de facilité, lorsque j'aurai fait voir d'où l'entendement peut tirer toutes les idées qu'il a , et par quels moyens et par quels degrés elles peuvent venir dans l'esprit; sur quoi j'en appellerai à ce que chaiixin peut observer et éprouver en soi-même.

Sa.

Toutes les idées viennent par sensation ou par

réflexion.

Supposons donc qu'au commencement Tame est ce qu'on appelle une table rase ( tabula rasa) (27)*, vide de tous caractères, sans aucune

(37) «Cette table rdse, dont on p^le tant, n'est, à mon « avis, qu'une fiction que la. nature ne soufFre pokil;, et qui *i

«n'est fondée qua dans les notions incomplètes des phiioa s^bes, qorome le-vide, lesatcibeis, ou comme la màtii^re « première, ^qu'/cysL cpn^ili sans aucunes fonnesi^L^ choses

l'j6 DE L^EîTTElfDEMEIfT HUMAIN.

idée quelle qu'elle soit : comment vi^nt - elle à recevoir dès idées ? Par quel moyen en acquiertelle cette prodigieuse quantité que rimàgination de l!homme, toujours agissante et sans bornes', lui présente avec une variété presque infinie? D'où puise-t-elle tous ces matériaux, qui sont comme le fonds de tous ses raisonnements' et de toutes ses connaissances? Â cela je réponds en

« uniformes et qui 119 renferment aucune variété , ne sont «jamais que des abstractions , comme le temps, l'espace, pt « les autres êtres des mathématiques pures... On me répondra « peut - être que cette table rase des philosophes veut dire « que Tame n'a naturellement et originairement que des fa- « cultes nues. Mais les facultés sans quelque acte , en un « mot les puissances de l'école , ne sont aussi que deb fie- « tions.... Il y a toujours une disposition particulière à Tac- «tion, et à une action plutôt qu'à l'autre; et, outre la « disposition , il y a une tendance à l'action , et même il y « en a toujours une infinité à-la-fois dans chaque sujet, et <t ces tendances ne sont jamais sans quelque effet. L*expé- « rience est nécessaire , je l'avoue, afin que l'ame soit déter- «c minée à telles ou telles pensées, et afin qu'elle prenne garde « aux idées q«i sont en nous; mais le moyen que l'expé- « rience et les sens puissent nous donner des idées? L'aine « a-t-elle des fenêtres , ressemble-t-elle à des tablettes, estce elle comme de la cire ^ Il est visible que tous ceux qui « pensent ainsi de Tame , la rendent corporelle au fond. On < m'objectera cet axiome reçu parmi les philosophes :'iV£^i7 ,^ « est in iiàeUectu, quod nonfuerit in sefnsu; [ mais il y fâiit

JK. « ajouter: ] nisiipse ihtellectus,,, cela s'accorde assez avec

\\ « l'auteur de VJEssai, qui cherche une bonne partie des idées

« dans la réflexion de Fesprit sur ^ prdpce uaHiire. »

un vaet y àe feapérièttce yde$ltik Jk foiàûwf^^ de toutes jpos: ||DD]^ssatic)es ; et e'^ftt 46 lil qu'elles tirent kur |»(ei»îère* »i^ne. Lê^ oèsennations qtm' ^ki^ /aimris stif' tesi < «c^bjiets > et^ rieurs et sensibles , ou sur les opérations inté*rieures de notre amejque nous aperceç^ons, et sur lesquelles nous réfléchissons nous-mêmes y flHârmssentà\nQtF» esprit les matérinùx de toutes ses pensées. Ce sont I». ies deux sources d'où découlent toiftefi les idées ^e nous avons, ou que nous fKmvôns a^^RGirî'nâturdleHiefit.

objets de ta Sensation. ^ première source de .nos^

Idées,

Et preimèvement «nds s^iis, éiaat irappëfi^ |ysir certains objets ^<éi«eui*$,fbntentF^iâansnètré ame plusieurs pcsroeptions di^ncteà'deft ebôi^§ , selon les dÎTerses manières dont ces objets agissent sur i:¥>s senaJ '€Wt ainsi que- nous àocjué-^ rons les idées <^ tious avons 4^ blanc ^ du jafme, du chaud, àvL froid^ du dur, àâmoiiy da doux, dp yàmer, et de touib -te'' que fious appelons ^fUiditésseMlkhs. Kod^ sens', di^j^V ùmt entrer toutes ces id^es^ns nôtre aôfjév por où f entends qu'ib font passeï* àe$ objets extérieurs daii& Tapae; ce qui j pr©dytt fee^'àéiftés^te

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perception. 'M^comme<;çXtegc^âe source de la plupart dés idée^ que nous. âMpns.. dépend entièrement de nos scnsr, .et se communique à l'entendemeat , par îeur^ moyen , je l'appelle sensa-

tion^. ••-.••-...' • f •: •. \ •

■Les opératians dg^ notre esprit, autre source

d'Idées. :

L'autre source ^ < d\)ù l'entendement vient à recevoir des idées , c'est la perception des opérations de notre aipe appliquée aux idées qu'elle a reçues par les sens : opérations qui , devenant l'objet des réflexions de l'ame, produisent dans l'entendement une autre espèce d'idées , que les ohjets^ extérieurs n'auraieflt pu lui fournir : telles scvRLtirlefiî; idées de ce qu'on appelle percevoir^ penser, douter , croire, raisonner, connaître, vouloir, et jtoutes les difiEirentes actions de notre am^y;:de ^'existence desquelles étant pleinement convaincus * parce qUe nous les trouvons çn n,9USTmémes^ nous recevons par leur moyçn des idé^ aussi distinctes que^celles quelles corps produisent en noiiis lorsqu'ils vi/ennei^ à frapper nos se^s., C'est là uo/e source d'idées que chaque homme, a toujqurs en lui-même; ef, quoique cette facqité Tie soit pas un sens, parce, qu'elle'

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