‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 89 sur 141 · LIVRE II, CHAPITIIE.IV. .. a · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITIIE.IV. .. a

parties de nos .mams qui, les .priesç^iit. Qr, ce qui empêche ainsi l'approche d^ «d/eux corps , lorsqu'ils se, m^euvenl: , i'un vers Fwti^e, c'est ce que j'appelle; .fo/û/ité. Je n'examine point si le mot de soUd^i employé dans ce sens ^ ^pp]:'Ochç plus de sa signîfiqation originale ^ qiie dans If sens auquel s'en servent les mathématiciens : il suffit que'^ la notion ordinaire de la solidité doive , je ne dis pas justifier, mais autoriser l'usage de ce mot, au sens que je viens de marquer; ce que je ne crois pas que personne veuille nier. Mais si quelqi^'un trouve plus à propos d'appeler impénétrabiiité , ce qae je viei^s 4^^ nommer solidité , l'y» consens volontiers. P.our jnoi,.j'ai cru le terme de solidit4\ beaucoup , plus,. prc^re, fi exprimer, cette idée y non - seulement à, cause qu'on l'emploie^ çoromunéoient en ce sens- là, mais aussi parce qu'il emporte quelque chpse.dç plus positif que celui ^impénétrabU^é^ qui est purement nég^i£,,et qni peut-èti:e est plutôt un effet de la solidfté;,: que la solidité ellet-méme. Du reste, lasQli<ïité est de toutes les, idées, celle qui paraît la plus essentielle et la.pljis étroitement unie au corps, en sorte qu'on ne peut la trouver ou l'imaginer ailleurs que dans la matière : et' qtioiqiié' twA sens* ii^^^la' te^arquent que dans des amas de miatiVé 'd*une grosseur capable de produire en nous qu^elqiiif. sensation»

e^petidaiit Famé layâtit 'Uhe ftH^ rèçft c^e nàdt^ pftr leraoyeti âfe d^^Dcw^pfefigres^^^Sj^à^pk^tfei^ <îért5 plus loin , fe '(ïottsiâéiiarit (^us»î-bfefe qofe k %i«pe)%<^s toftes^p^te >pat»tie dë^tiiMtère^ui |i^»^ ^kut^y et Ist^l^a^^^tvàme ^Éé^m^

toit /^ét- '#è ')^[tf^àe ittariièi*e ^^1l Wit «il9«*

<filîë'(4^). ' ^■' • ': • - -■ .-

O*»^ •pat' 'dettfe 4dëe «qtri 'âfppartîettt ^ tôt^v htms cdtitfeVdtis qi^e te cdips 'remplît îtripaife^ atîtrte idéfe , 'qtii eïnpcrfte que ''pîstWtcfut où iî^ou^ imagiïiôtos iqttblqufe 'espace bcdttpé pâfr iîhe'Sub^ tsriàtice ^oliffe, tiôus 'cbncevàWs (jtie cfetftei^ift^ i^ânce occupe de Wlte Srt-lfè eet ^pafce, qtf ëllfe tÉto ^exiflùt tdtite mitte ^ubStâWcfe sdE^fe j ^ét' qu'ente éfhpèdhCTa \ ^jaitaalts deui^lïtriîisrfcôt^, qttt'^fe IfniôtlVeïft éïi Kgtté flrbitte î%n vét^ ri«itt*e,-aè Vettît- Il Ise 'tbtiiîhet, ^i {éHehte ^^bigne d^dnftfte t?U5c par tmie 'liante qui tfe s(ô*t -pôirlt pâfdllëte à cëlltestît ïaqtieile îlssë^ïïieùvièht a(dtti^tetta«rtf-

-f , . I . * i JJ*. , , ,. I >i '

I ■ g ■■ ' ■ Il ■ . !■

«notion distîncle, se Gçnçoit par la pure raison, rquoique «les seits fournissent aii rarsonnemérit de quoi ' prôuWr

litre; II , xHiâiPiTiiv iw.. aSB

C'ait là une idée i;ui iiotis bs^ mfbs J m mmMl fournie par les corps IpJDe mvoB frtunîxMs «wdî-^ nai^eioent.

La SoUdîté est àifferente de t^spàce.

. Or^ œtte pé^istanoe :qui «mpéehe kjue d'àutitiç ectqpfs n'oGcupeirt i^espadei Klonfc oh corps^es^mc*tnelkzneaten poi&sessioii;'XS0tte fpèsifttaiïÀe-, dis* je-, 'eflt si ^ade^^ 'qu'il n^ la >pM»t de £gI:*(5I3^ quelque gvaadetBpa''dl«:>9Dii^^qui>piiis9e 4a vsHmst^. Que totos ies eovp^>du tn^nde ''pte«^Dt> de tom o6tésiiHaë.igaidte^d'eait,>ihs ^e p«)uincont(}dtXMai^ sfkrûtouÈtet. ik vésisÊsiiioe iqa'eHe feèrâ,, (^ek{ui^ nio}leiqii^e)lê rs<]|itygu0Q[ti'à ^'fi^pèidijér Itim ^ TmtKi^ si atuparàvacnt èè ipém KÎeiipis miest àkè Àe iMffichemitfii: «iti|Ékiî notre idée dé* <là solidîDé 6ttHl]fi'ëk%iite ide )bdie <^d[^.^«»^'ip^/'^iq«iiJMi^^ càqfndile mi 'de ^ résisDémie- w l'dB vhonvemiàst ) y fk ée i'idée die iâ duiteté^ Ëaf* ûiai I»Nfifi»s ^fnéut coficevcÉr disux: eoups lélingiféd iFufi i^dtài^^, <|a «'âipprbdient ^sftois ^totfçker ^ ^é^cw âu^ «»fifp >dh08ie fsoiictev ^jusqu'à ce ^cps^ kffiit^ imr*' £iict6^vnrE»lheiit à se^g^ttilbimtim'viEt iji^r^^^ h<ms àiwti^ià de qm je^wifts^fiNiii^ idë^^éÏM cted^ paoe^sanb ^olidité/CHr», sânsotieâitoitir ii l^ifmiiU^ 4ati»ii nd'Irdoan >ciÇ)i|)l» pâoiioobÈr^^jt âi9tiàfld^)i9i ihonitae ne peitft ^f^oniX; lâfoô* 4'«dëe >dii »flidt^

^to^Ki^HMM

^36 DE L-£XrT£N]>£MEir{r HUMAIN.

vement d'un seul corps ^ çau» qu'aiiieuii aatire coips succède inmiédîateineat à sa.' place. U est évident , ce me semble , qu il peut fort bien se former cette idée;. parce que l'idée de mouvement, dans up certaia. corps,. ne renferme pas plutôt ridée de mouvement dans un autre corps, que l'idée ; d'une figuré carcée^ dans Un^ corps, renferme l'idée de cette figure duns «ua autre corps. J^ jue demande pas si les; corps ,€xiâteat de telle mamèreque lé niouv^ment d'uia seo| ' corps ne puisée exister réelle'ment sans rie ihou^ vemenjt de quelque autre : déterminer oela'<, de^t soutenir ou - combattre l'existence ;âctneUé. du vid0,.à quoi je ne so^gepas présent^Duent Je demande fieukipent si l'on. ;ne: peut 'point avoir ridée d'un "Corps pairtiçulier î qui soit eiL nsoiiye^ méiit, pendant que les: auJbres. sonl^auilrepos. Je, xie crois pas que personilLble.me. Cela étaiM:, la place que le corps abandonsiei en sé.moùisaiil:^^ noiu» donne l'idée d'un ^p^Ur espace sans solâ-» dite, dans lequel un autre cqrps peut entrer sans qu'aucune chose s'y. , oppcee ; ou l'y; pousse . Lorsqu'on tire le piston d'une. pompe, l'espace qu'il remplit dans le tube est visiblement le même 9 sottqu'uii autre corps! suive le jpistoa à mesure qu'il 'Se meut, ou nbn;i*et lorsqu'un corps vient à: se mouvoir-, îtn'y a. point de cbnr tradiction à supposer jq^'un autre, corps ^ qui kà

LÏVKE n, GHAPTTRE IT. a37

est seulement contigu, ne le suive pas. La né- €:e8sité d'un tel mouvement n'est fondée que sur la supposition que lexnonde est plein, mais nulr lement sur I ridée distincte de l'espace et de la solidité, qui sont deux idées aussi différentes que la résistance et la non -résistance, l'impulsion et la non -impulsion. Les disputes même que les hommes ont sur le vide, iteoutrei^t clairement qu'ils ont des idées d'un espace sans corps, comme je le ferai voir aiilleurs^

En quoi la Solidité diffère de la Dureté.

Il s'ensuit encore de là que. la solidité diffère 4e la âuretéy en' ce. que la solidité d'un corps n'emporte autre chose, si ce n'est que ce corps remplit l'espace qu'il occupe, de telle, sortp qu'il en exclut absolument tout autre corps : au. lieu que la dureté consiste dans une forte union de certaines parties de matière, qui composent des amas, d'une grojsseur sensible, de sorte que toute la masse ne change pas aisément de figure. En effet, le dur et le mou sont des noms que nous dçnnons aux choses , seulement par rapport à la constitution particulière de nos corps. Ainsi ; nous donnons \t nom de dw à tout ce que nous ne pouvons .$»ns peine Êiire çhapger

kL

4» figure' «Il le pressant ^^o^ qiis\qp& partie cfo motee ^ o^pe ; et au. eontraire^ aouisi appelons izu?» ee cfoi chapge k^ siluatmi «le ses. parties , lfQifS£[ue aous venons à le tûudber sans feûre aueun eSovt considérable el) péniJble.

Matô ]^ âMSeulté qu'il f a à Êdse changer dge situation. afi|x diffiéreiilies parties sensibles dfua cwps, owà cka^ger ia figure de touA lie oorpsi, cette diifij^ulté, dis^je, ne donne pai| phis d% solidité aux parties les plus dures de la matière qu'aux plus molles; et un diamant n'est point plus solide que l'eau. Cap, quoique deux plaques de marbra soient plua ai$én\ei^t jointe^ T^ne à l'autre , lorsqu'il n'y a que de l'eau ou de l'air entre deux, que s^l y âTait un diamant, ce i^'est pas à cause que les partie^ du diamant sont plus sofides que celles de Feau, ou qu^'elles désistent davantage s mais parce que lei^ parties de Feau pouvant- être plus aisément séparées ^s unes des autres , elles sont écartées plus facilement p^ un: mouvement obKquè , et laissant aux deux piètes de marbre le moyen de ^'approoh^ Tune de Fautre. Mais si les paçtiee de Teau pouvaient n'être point chassées de leur place par ce mouvement oblique, elles empêcheraient éternéHement l'approche de ces 4cux pièces de marbre , tout aussi bien que le diamant ; el il serait aussi impossible de surmonter leur résistance par

(l^VKt II, CHAPITRE IT. ^Sq

^|[Wtkpi^ farci» que, ce fôt ^ quet de, vaincre la ifé-- «NStanei^ de» pavli^ du diamant. Car, cpifs 1^ parties dç iift%|i^ lesi p^ BRoUes et les plus pliables qu'il y ait au monde , soient entre deux corps quels qu'ils soient, si on ne les chasse point dQ là, et qu'olle^ re^teat; toyiiy'oyr$^ en^tre deiu,. ^^m r^ste;fopft aiu^si i^vi^ibcibleaien't à V^^i^procUe, d^ ^€^ corps , q^e k^ corps le plus àm qu'o# puisse, trouver Q« iniagi^ei*. Q^ ^'^ qu'à bien rempli 4 eau, ou d'air , un cq^s souple et mou y pour sentir l^ientèt de la vé;|îs* lance en le pressant; et quiconque s'iixiagiii]^ qu'il Qt y a que les cc»ps dws qui puii^^eat V&çih pécher d'approcher ses mains l'une de l'autre, peut se convaincre aisément du contraire, par îe moyen (Tun ballon rempli d*air. I^'expérience qqe j'ai otuï dire avoir ^té faite à. Fkirence , ^vçc UB» globe d'or concave^ qu'oa remplit d'eau et qu'on referma exactement, feit voir la sofi^ dite de, Tçaq, toute liquide qu'elle est. Car Çf globe aii«» rempti » étmK m^ sous une préside ipi'on serra à toute iovce , »ut«Rt que tes vt» le purent permettre , Feau se fit chetoin elle-même

à travexs. les poxea de ce métaj ^ cQra,pa<?i;e*

Ck)nMne tes p^rtieul^ i»e trouvaieut point de ptace dans le creux du globe pour se resserrer davantage ,^ elles éçhappèçent aU- dehors^ qÙ elles s'exhalèrent en form« 4» VQ^^ et tp{obè*r

rent ainsi goutte à goutte , avant qu'on pût faire céder les côtés- du globe à l'effort de la machine qui les pressait avec tant de violence.

Selon cette idée de la solidité, l'étendue du corps est distincte de l'étendue de l'espace (45). Car retendue du corps n'est autre chose qu'une union ou continuité de parties solides , divisibles , et capables de mouvement : au lieu que Vétendue de Vespace est une continuité de parties non-solides , indivisibles et immobiles. C'est d'ailleurs de la solidité des corps que dépend

(45) « Comme en concevant plusieurs choses à la fois, on « conçoit quelque chose de plus que le nombre, savoir res « numeratasy et que cependant il n'y a point deux multi- <tudes, l'une abstraite , celle des nombres, et l'autre con- « crête , celle des choses nombrées : on peut dire de même (I qu'il ne faut point s'imaginer deux étendues, l'une abs- « traite , de l'espace , l'autre concrète , des corps ; le « ooncret n'étant tel que par l'abstrait. Et comme les corps «passent d'un endroit de l'espace à l'autre, c'est-à-dire « qu'ils changent d'ordre entre eux , les choses aussi passent « d'un endroit de l'ordre, ou d'un nombre, à l'autre, c'est-à- -dire que la première devient la seconde, la seconde de- «vient la troisième, etc. £n eftet le temps et le lieu ne « son^t que des espèces d'ordre, et dans ces ordres la place <i vacante (qui s'appelle vide à l'égard de l'espace), s'il y en. <^ avait, marquerait là possibilité seulement de ce qui manque, ^ avec son rapport à l'aotuel. »>

i.IVR£ II, CHAPITRE IV. !»4'

leur impulsion mutuelle , leur résistance et leur simple impulsion. Cela posé, il y a bien des gens, au nombre desquels je me range, qui croient avoir des idées claires et distinctes du pur espace et de la solidité , et (fai s'imaginent pouvoir penser à l'espace sans y concevoir quoi que ce soit qui résiste ou qui soit capable d'être poussé par aucun corps. C'est là , dis -je , l'idée de l'espace pur, qu'ils croient avoir aussi nettement dans l'esprit, que l'idée qu'on peut se former dé rétendue du corps : car Tidée de la distance qui est entre les parties opposées d'uhe surface concave , est tout aussi claire , selon eux , sans l'idée d'aucune partie solide qui soit entre deux , qu'avec cette idée. D'un autre côté , ils se persuadent qu'outre l'idée de l'espace pur , ils en ont une autre tout-à-fait différente de quelque ohose qui remplit cet espace, et qui peut en être chassé par l'impulsion de quelque autre corps, ou résister à ce mouvement. Que s'il se trouve d'autres gens qui n'aient pas ces deux idées distinctes, mais qui les confondent, et des deux n'en fassent qu'une, je ne vois pas que des personnes qui ont la même idée sous différents noms, ou qui donnent le même nom à dçs idées différentes, puissent s'entretenir ensemble; pas plus qu'un homme qui n'est ni aveugle ni sourd , et qui a des idées distinctes de la couleur noma i6

24» DE t'ENtElSfÔEMÈKV ftt&MAIN.

met écârlàtè et du son de là tirompétté, ne pourrait discourir de l'^cdrlate avô€ TaVêUgle, ddût je parle ailleurs^ qui s'était figuré que Fidée de Féi^âtlatè r<^ssiefflbkit au boû d'une tnHUpette (46). ••

Siy^rèscdà, quelqu'un me demande, ce que o'est que Isl solidkéi je le renverrai à ses sens pour s'en i^^truire* Qu'il ^nette entre ses main& un oaillou Ou un, ballon 4 qu'il tâche de joindre ses mains, et. il Connaîtra Hentèt ce que c'est; que la solidit^^ S'il €|:!oit que ce}^ ne suffît pas pour expliquer e^ que c'est que la solidité^ et en qitQt elle consisté ^ je m'engage de le lui dire , lorsqu'il kn'aura s^ppris Se <|ue c'^l^ ^ue la pensée et eb quoi elle consista ^ ou,. Cje qui e^ peutêtre plus aisé , lorsqu'il lio'^ura e^liqué ce qu« c'«6t que i'étendUe^ ou le inôilyemMti {les idées simples sont telles précisément que l'exjpérience fiôus tes &it connaître. Mài^ si^ naâ contents

(46) « Je distingué rétendue de la matièï^e, contre le sen- « timent des Cartésiens. Cependant je ne i^rois |>a$ tjtfil y ftitît deux éteAdties 5 e€ ^ui^que oetft qui di^UMnt iiir la 4( différettce de rétenduts e| de la âolidîté*^ convieniieitt de a plusieurs vérités sur t^e siy'ety et ont quelques notions dis^ « tinctes , ils y peuvent trouver le moyen de sortir de leur a différend. »

de cela , nous voulons nous en former des idées plus nettes dans l'esprit , nous n'avancerons pas davantage, que si nous entreprenions de dissiper par de simples paroles les ténèbres dont Famé d'un aveuglç est environnée, et d'y produire par le discour3 des idé^s de la lumière et des couleiu*s: j'en donnerai la raison dans un autre endroit.

tt j

- Ki J tl. . J

^44 DE l'ÉNTENDEMEITT HUMAIN.

Page 1