‹ Œuvres philosophiques de Locke (volume 3)Chapitre 94 sur 141 · LIVRE II, CHAPITRE VII. â · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII. â

Là pmsâaiïce, autre idée simple, qui nous vient par sensation et par réflexion.

La puissance est encore une de ces idées simples que nous recevons par sensation et par réflexion. Cai* , venant à observer en xious«^ mêmes que nous pensons et que nous pouvons penser , que nous pouvons ( quand nous voulons ) mettre en: mouvement certaines parties de notre coi^ qui sont en repos ^ et d'ailleurs les e£fete que les corps naturds sont capables de produire ies uns sur les aotres se 'présentant à tout momeiit à nos seifS , nous acqoârons poor ces deux voies l'idée de la puiMonoe.

L'idée de la succession, comment introduit dans Vesprit.

Outre ices îdé^^ il y en a une autre qni, bien qu'elle nous soit proprement commiunquée par ies sens, xioi» est néatimoîias -ofieirte plus >con<^ dtamcnent ptr ce qui se passé dansi notne^ ie&^ prie ; et 'cette idée est icelle de la succession. Car, si oous nous considérons immédiatencuont nGUS<- «Béiws, «t que nous réfléciûssions sur œ qoi

■ III ■■ wt^^^^m^n^mmmmmm^mKmt^mm^mi

a56 DE l'entendement humain.

peut y être observé, nous trouverons toujours que , tandis que nous sommes éveillés , ou que nous pensons actuellement, nos idées passent, pour ainsi dire , à la file , l'une allant et l'autre venant, sans aucune intermîssion.

§ lo.

Lès Idées sïmpies sont les matériaux de toutes

nos Connaissances.

Voilà, à ce que je crois, les plus considérables pour ne pas dire les seules idées^ simples que nous ayons , desquelles notre' esprit tîre^ toutes ses autres connaissances, et qu'il ne reçoit que par les deux voies de sensation et de réflexion dont nous, avons déjà parlé.

Et qu'on n'aille pas se figurer que ce sont là des bornes trop étroites pour fournir à la vaste capacité de l'entendement humain, qui s'élève au-dessus des étoiles, et qui, ne pouvant être renfermé dans les limites du monde, se transporte quelquefois bien au -^ delà de l'étendue matérielle , et fait des excursions jusque dans ces espaces incompréhensibles qui ne contiennent aucunt corps. Telle est l'étendue et la capacité de l'ame, j'en tombe d'accord: mais, avec tout cela, je voudrais bien que quelqu'un jH*ît la peine de marquer une seule idée simple qu'il n'ait pas

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reçue par l'une des voies que je viens d'indiquer, ou quelque idée complexe qui ne soit pas composée de quelqu'une de ces idées simples. Du reste, nqus ne serons pas si fort surpris q^e ce petit nombre d'idées simples suffise à exercer l'esprit le plus vif et de la plus vaste capacité , et à fournir les matériaux de toutes les diverses connaissances , des opinions et des imaginations les plus particulières de tout le genre humain, si nous considérons quel ^nombre prodigieux de mots on peut faire par le différent assemblage des vingt-quatre lettres de l'alphabet, et si, avançant plus loin d'un degré, nous fai*sons réflexion sur la variété des combinaisons qu'on peut faire par le moyen d'une seule de ces idées simples que nous venons d'indiquer, je veux dire, le nombre ^ combinaisons dont le fonds est inépuisable et véritablement infini. Que dirons-nous de V étendue? Quel largç et vaste champ ne fournit-elle pas aux mathématiciens!

â58 DE t!£irTliri>£ltEirT RUBfAIN.

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