SELON VAN HELMONT
La philosophie de Van Helmont explique mieux que la philosophie cartésienne comment il nous est devenu si difficile d'épurer ou d'intellectualiser nos conceptions et de faire que la lumière luise dans nos ténèbres, ce que nous obtenons bien mieux par des actes méritoires et le secours de la grâce que par des spéculations stériles et nos efforts propres.
Le mélange continuel des actes propres de l'esprit avec les opérations ou modes de l'âme sensitive , nous fait comprendre comment l'amour qui devrait toujours suivre la connaissance ou l'appréciation de la beauté prévient cette connaissance ou empêche cette appréciation , en tant qu'il est l'effet d'un pur attrait sympathique ou une tendance organique ou animale, et plus cette tendance de l'âme sensitive domine dans nos affections , plus l'esprit s'enveloppe et s'éloigne de sa haute direction (ij.
(1) Quamdiu in carne degimus : vix substantiali ac pure intellectuait intellect* utimur: sed poilus potestate phaniastic a, qualitatc
342 de l'ami: sensitive
L'âme, plongée dans les ténèbres extérieures, s'est séparée de la lumière incréée et de la vertu de cette image divine égarée en elle. Ainsi elle a perdu sa lumière native en voulant se l'approprier , comme si cette lumière était en elle ou qu'elle en fût la vraie, la digne source. Voilà pourquoi elle n'entend , ne veut et n'aime plus rien qu'elle et pour elle seule. (V. Helmont, ibid. )
L'âme ne peut s'apercevoir elle-même ni par la raison, ni par l'imagination. L'esprit (?nens) n'est pas senti; nous croyons pourtant à sa présence intérieure. La fatigue et les maladies ne peuvent rien sur lui : le sommeil, la fureur, l'ivresse, ne sont pas des symptômes de quelque lésion faite à cette âme immortelle; ce ne sont que les passions d'une vie inférieure ou de l'âme sensitive ( V. Helmont , pag. 708, èdit. apud Elzevir'ium).
Les opérations intérieures et constantes de l'esprit sont insensibles, et ce qui est sensible en soi ne peut être spirituel ni purement abstrait. Dans toutes les opérations de l'entendement et de la volonté, il y a toujours un esprit caché qui opère par son efficace insensible. Les mystiques pensent que cet esprit agit d'autant plus parfaitement qu'il ne se manifeste par aucun discours ni acte propre, et
scilicet ejus vicaria. In extasi enhn sœpe obdormiunt intellectus , voluntas et memoria, solo superstitc amoris actu. (Van Helmont, Imago Dei , pag. 714 , edit. apud Elzevirium. )