Oeuvres philosophiques de Samuel Clarke
L'ANGLETERRE est, dans les temps modernes , la vraie patrie de cette philosophie qu’on appelle l'empürisme. Il y est né au commencement du dix-septième siècle ; il y a porté, en s’y développant régulièrement, toutes les conséquences dont il est gros; il v vit encore à présent, comme l'expression la plus exacte du génie britannique. En effet, cette persistance opiniâtre dans les: mêmes voies, cette fidélité d’une philosophie nationale à son caractère et à ses origines, prouve, entre beaucoup d’ autres faits de
Ja même espèce, une vérité générale, d’ailleurs abondamment démontrée, savoir, que chaque peuple a son
génie propre, fortifié sans doute par l'habitude, maintenu par l'éducation et la tradition, mais avant tout qui lui est départi par la nature et qui se peint visiblement
dans sa philosophie, commie dans ses mœurs et ses lois,
comme dans sa littér ature et ses arts. Que le principe soit vrai ou faux, le fait que nous signalons i ici, est incontestable. À quoi se réduit toute la philosophie de Bacon? à la mé- . thode dont ila tracé les règles. Et quelle est cette mé-
-thode? la méthode empirique, avec ses mérites et ses
excès, dans tout ce qu’elle a de fécond, et aussi, dans tout ce qu’elle comporte d’exclusif. Ce que Bacon avait exprimé sous forme de préceptes, Locke le propose sous forme de vérités psychologiques, remontant ainsi plus Paut que le maître, pour trouver au fond de l’entendement humain , étudié dans la nature et l’origine de toutes ses idées, @